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Émission du 26 avril 2011 (n° 499) | Ousmane Zaré | Rap et hip-hop
Quand Ushman passe en concert, ça laisse des traces...
10 juin 2011 (survivreausida.net)
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Écouter: Quand Ushman passe en concert, ça laisse des traces... (MP3, 2.5 Mo)
Sandra : Ousmane, qu’est-ce qu’il s’est passé ce week-end de pâques ? Il me semble que tu étais en concert n’est-ce pas ?
Ousmane : Oui effectivement, j’étais en concert à l’Olympic Café dans le 18e arrondissement. Donc c’était la toute première soirée de la tournée des cafés. Organisée avec le soutien du Comité des familles pour essayer de tous les jours communiquer prévention et fête. C’est un peu ce qu’il s’est passé dans le 18e arrondissement ce samedi passé.
Sandra : Comment s’est passé ce concert pour toi ?
Ousmane : Je pense que pour moi personnellement je l’ai vécu très bien. J’étais super content. Sur scène, j’étais à l’aise parce que le public était réceptif. Et donc là, j’ai passé de super bons moments. Et moi ce qui m’a le plus marqué c’est de voir déjà que, quand même à l’entrée, on avait des préservatifs à distribuer à tout le monde. Masculins et féminins et aussi du lubrifiant. Donc pour moi c’est, de par ma musique beaucoup de gens qui ont peut-être honte d’aller en pharmacie et s’acheter des préservatifs vont pouvoir s’en servir sans pour autant rendre compte à qui que ce soit, et c’est important, que de par ma musique les gens puissent se protéger et en même temps avoir des messages sur le VIH, sur la vie des personnes qui vivent avec le virus et aussi donner un peu le mot d’ordre sur comment se comporter quand un de nos proches, un voisin ou un membre de la famille est touché, savoir comment se comporter exactement avec la personne afin que cette personne-là puisse plus ou moins bien vivre avec le virus
Sandra : On va terminer cette émission avec les réactions du public.
Début du son.
— Je suis administrateur culturel, au Burkina Faso. Très belle prestation. Par rapport aux messages qu’Ousmane a véhiculés ce soir, ça m’a beaucoup touché. Ma meilleure amie est séropositive, mais on est des amis. J’essaye de la remonter et ce n’est pas la fin du monde, tu vois. Du coup, c’est bien vrai que je ne suis plus au Burkina, mais on est connecté sur Facebook, et voilà, j’essaye de la remonter, de lui faire comprendre que ce n’est pas la fin du monde même si aujourd’hui elle est malade. On doit vivre en communauté avec ceux qui sont malades.
— J’ai trouvé que c’était génial. Ça m’a beaucoup plu. Il a bien chauffé la salle.
— Qu’est-ce que tu as retenu de ces textes, de ces messages ?
— Ce qui m’étonne le plus, c’est que quelqu’un qui n’est pas séropositif peut s’engager autant dans notre cause.
— Est-ce que tu connaissais avant le rap burkinabé ?
— Non pas du tout. Pas ce rap-là. C’est tout nouveau pour moi.
— Qu’est-ce que tu en penses alors ?
— C’est génial, j’ai beaucoup aimé.
— J’ai 30 ans, je fais de la radio et de la télé au Burkina.
— Qu’est-ce que tu as pensé du concert d’Ousmane ?
— Ce n’est pas la première fois que je le vois en spectacle. C’est la première fois que je le vois en spectacle ici en France. Et là franchement, il ne fait que progresser. Tous mes voeux pour qu’ils progressent plus. Le concert était génial.
— Qu’est-ce que tu as retenu dans ses chansons ? Est-ce qu’il y a un message dans ses chansons qui t’a marqué ?
— Ce qui m’a marqué, c’est surtout le titre la maladie aux 4 lettres. Moi c’est surtout ça qui m’a beaucoup marqué vu ce qu’il se passe en Afrique concernant cette maladie. C’est un messager. Tous les artistes sont des messagers. Lui il va plus loin. En essayant de dire voilà, ce n’est pas la peine de viser ou de voir les gens séropositifs comme des animaux, comme des personnes qui ne peuvent pas vivre avec leur maladie. C’est surtout ce message-là que j’apprécie beaucoup.
— Je m’appelle Idris, j’ai 21, je suis actuellement étudiant en alternance.
— Est-ce que je peux vous demander un mot sur le concert ? Qu’est-ce que vous en avez pensé ?
— C’était plutôt bien. On a vu qu’il était plutôt énergique. Je pense que tout le monde a apprécié ce soir.
— Est-ce qu’il y a un message qui vous a touché particulièrement ?
— Il a bien parlé du sida. C’est vrai qu’il ne faut pas arrêter d’en parler. Il le fait avec beaucoup de coeur.
— Un mot pour le concert d’Ousmane, qu’est-ce que tu en as pensé ?
— Il a mis le feu. C’est la deuxième fois que je le vois. Au méga couscous il avait fait un concert à Saint-Denis où je n’avais pas pu assister. Je l’ai vu ensuite à la mairie du 18e en extérieur en pleine hiver et dans des conditions vraiment rudes pour un Burkinabé. Il avait mis le feu. Et là, on arrive, on commence à arriver au summum, avant l’Olympia, Bercy, le Zénith. Franchement, j’ai réussi à amener 4 personnes qui ne connaissaient pas l’album et qui sont séduites. C’est un vrai militant. En plus, je ne suis pas un amoureux du hip-hop et ce mélange un peu hipopien et avec une tradition, c’est très beau. Merci Ousmane, merci sa femme qui a tenu le stand, merci tout le monde, te quiero.
— Lolita, j’ai 20 ans et je suis vendeuse.
— Qu’est-ce que vous en avez pensé du concert d’Ousmane ?
— Alors, il fait passer un vrai message c’est plein de mélange, que ce soit d’origine ou pas. C’est un vrai bonheur. Personne ne se connait et pourtant il y a une vraie humanité.
— Quels messages il fait passer ?
— Par rapport au sida surtout parce que c’est quand même l’objectif de l’association, de s’en occuper. Il fait passer le message qu’il ne faut pas avoir peur d’en parler, faut s’en occuper, ça peut toucher vraiment tout le monde.
Transcription : Sandra Jean-Pierre