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Émission du 12 avril 2011 (n° 497) | Cancer et VIH | David Zucman | Hépatite C (VHC)
Faut-il lier les traitements aux cancers et aux hépatites ? (avec David Zucman)
3 juin 2011 (survivreausida.net)
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Écouter: Faut-il lier les traitements aux cancers et aux hépatites ? (avec David Zucman) (MP3, 3.1 Mo)
Sandra : Et à partir de quel âge ? A quel âge est-ce qu’une personne séropositive rencontre des problèmes cardiovasculaires, peut avoir des cancers ?
David Zucman : Ça peut être plus tôt, c’est plus tôt que dans la population générale. Par exemple, c’est vrai que les cancers du poumon on va les voir souvent avec 10 années d’avance dans la population infectée par le VIH comparé à la population qui n’a pas le VIH. Donc il faut certainement faire des dépistages avec comme ça des critères d’âge plus jeune pour dépister plus tôt parce qu’on a des cancers qui arrivent plus tôt dans la population concernée par le VIH.
Bruno : Est-ce que c’est vraiment lié avec l’âge ? Est-ce que ça pourrait être lié avec le changement de traitement ? Tout à l’heure, je vous ai entendu parler du crixivan, du zérit.
David Zucman : Les traitements, on n’a pas pu les associer avec la survenue de cancers. Heureusement. Il faut rester très attentif pour bien déclarer tous les cas de cancers et déclarer voilà, j’observe chez telle personne un cancer, son traitement c’est telle molécule et telle et telle molécule et il faut faire toutes ces déclarations pour qu’ensuite, on puisse éventuellement trouver un lien. Mais pour l’instant, on n’a pas trouvé de lien. En revanche, les cancers qui surviennent plus tôt chez les patients infectés par le VIH sont en général liés presque une fois sur deux, c’est le tabac qui est le principal responsable.
Bruno : J’avais cru comprendre que c’est vrai que, le crixivan, ça provoquait ce que vous avez dit tout à l’heure.
David Zucman : Ça provoque les troubles du tissu graisseux et les troubles métaboliques. Mais il n’y a pas de lien démontré entre le tissu graisseux, les troubles métaboliques et le cancer.
Bruno : En fait ma question c’est, est-ce que les nouvelles trithérapies n’ont pas un lien avec les hépatites ?
David Zucman : Il ne faut pas tout mélanger. C’est vrai qu’il y a des choses qu’il faut surveiller, qu’il faut être extrêmement attentifs dans ce qu’on dit pour pas que les gens perdre confiance dans les traitements. On a parlé des troubles métaboliques, on a parlé de la lipodystrophie. Oui, on peut accuser à 100 % certaines molécules qui heureusement aujourd’hui ne sont plus prescrites. Les molécules d’aujourd’hui, plus modernes, elles ont été mieux testées, elles sont mieux évaluées, on a confiance en elle sur le terme de la toxicité. Bien sûr que, quand on s’intéresse à un problème comme le cancer, un des facteurs essentiels du cancer, vous l’avez dit, c’est le vieillissement. C’est vrai qu’en vieillissant malheureusement, le risque d’apparition d’un cancer augmente. Et donc, il faut surveiller les choses à très long terme pour être sûr qu’on n’aura pas, lié à une molécule ou à une autre, certains cancers qui vont apparaître plus fréquemment. Pour l’instant, on n’a pas de signal d’alarme. Mais il faut rester très vigilant là dessus.
Tina : Il n’y a pas très longtemps de ça, on a reçu un médecin à la Maison des familles pour un atelier pôle qualité de vie, pour parler des cancers. Et d’après lui, un des grands critères en fait, c’est simplement d’une part, des CD4 bas. C’est-à-dire que d’après lui, c’est vraiment important de commencer un traitement tôt. Il pense que, voilà, il y a toujours eu un petit peu ce débat-là, mais même une personne qui est descendue très bas avec les CD4, après les conséquences sont presque irréversibles pour que cette personne, même si les CD4 montent, il y a peut être des traces fragilité qui peuvent favoriser la survenue de cancers. Donc peut-être que ces personnes qui ont été infectées dans les années 80, le fait qu’il n’y avait pas de traitement, le fait d’avoir eu un système immunitaire très faible pendant quelques années, ça a laissé cette trace de fragilité. C’est juste ce que j’ai compris après cet atelier. Un autre critère qui pourrait aussi favoriser la survenue de cancers, c’est le fait que cette personne, sans traitement, si elle a une charge virale très élevée, c’est-à-dire qu’il a expliqué que d’après lui, cette personne séropositive, son système immunitaire se fatigue à lutter contre ce virus très présent, même si le système immunitaire a plus de 500 CD4, le fait d’avoir une charge virale élevée, peut fatiguer le système immunitaire et favoriser des cancers ou d’autres effets secondaires. Lui, il pousse vraiment vers le début de traitement relativement tôt. Je ne sais pas ce que vous en dites.
David Zucman : Eh bien ! Je dis d’accord à 100 % sur le fait qu’effectivement, quand le virus est là et qu’il se multiplie, ça fatigue le système immunitaire, c’est entièrement d’accord. Le système immunitaire il est sollicité en permanence par le virus. Il essaye de lutter contre ce virus qui est toujours en train de muter donc qui s’échappe tout le temps donc, c’est vrai, le fait d’avoir l’infection qui n’est pas traitée et que ce virus se multiplie sans cesse fatigue le système immunitaire, c’est sûr. La deuxième chose qui est sûre aussi, ce que vous avez dit, le système immunitaire ça sert à se défendre contre les infections, qu’on appelle opportunistes. Ça sert aussi à se défendre contre le cancer. Il semblerait qu’un certain nombre de cancers puissent être éliminés grâce à nos défenses immunitaires, quand ces cancers sont petits, le système immunitaire reconnait les cellules cancéreuses et va les éliminer. Donc bien sûr, si on a un système immunitaire qui est très bas..., parce qu’il a été très sollicité par le virus, il peut laisser se développer des cancers. Donc je suis tout à fait d’accord avec ce que vous dites. Alors après, est-ce qu’on va pouvoir montrer qu’il faut commencer le traitement le plus tôt possible pour diminuer la fréquence des cancers, c’est vrai qu’on espère pouvoir montrer ça par une étude médicale. C’est une étude qui est très longue. Il va falloir suivre des gens pendant très longtemps et il y a actuellement une étude qui s’appelle START, qui essaye de voir, est-ce qu’on n’a pas intérêt à traiter les personnes séropositives mêmes au-dessus de 500 T4 pour bloquer le virus et voir si on ne va pas, en bloquant le virus justement, diminuer le risque de complication non sida, donc les cancers non-sida. Cette étude va prendre beaucoup de temps pour nous donner des résultats, mais c’est une vraie question qu’on veut prouver.
Transcription : Sandra Jean-Pierre