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Émission du 29 juin 2010 (n° 460) | Ben
Dans le nord, des séropositifs ne savent pas où aller pour se soigner
7 juillet 2010 (survivreausida.net)
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Écouter: Dans le nord, des séropositifs ne savent pas où aller pour se soigner (MP3, 2.8 Mo)
Reda : Vous connaissez notre reporter des cités, c’est Ben de Valenciennes. Il nous envoie pratiquement chaque semaine du frais, du quasi direct enregistré sur un magnétophone qu’il n’arrive toujours pas à ne pas trifouiller pendant l’enregistrement. Donc il y a quelques imperfections techniques mais ce qu’il nous apporte, ne peut s’entendre nulle part ailleurs. Parce qu’il rencontre, et il réussit à instaurer un véritable dialogue avec des acteurs de la lutte contre le VIH. On va cette fois ci faire connaissance avec Paul qui est co-infecté et qui intervient sur la question de l’accès au soin.
Début du son
Ben : On parle de VIH, on parle de l’hépatite C, on parle de la cité. Alors je voudrais juste que tu dises à nos amis de Paris un peu comment toi, dans ta zone du moins en province, ce que tu penses du VIH, ce que tu penses du VHC et de l’accès au soin.
Paul : Je n’aime pas trop l’accès au soin.
Ben : Pourquoi ?
Paul : Parce qu’on en parle jamais.
Ben : De l’accès au soin ? Est-ce que tu crois que c’est la télé qui doit parler de l’accès aux soins ?
Paul : Bien sûr.
Ben : Ce ne sont pas les hôpitaux ?
Paul : Les hôpitaux et la télé.
Ben : Ah bon ? Pourquoi ?
Paul : Parce que pour que les gens soient informés... dans les hôpitaux, il faut faire de la publicité parce qu’il y a des gens qui sont pommés, par exemple qui ont le sida et qui se disent, je ne sais pas où aller. Donc faudrait peut-être des structures par exemple dans chaque région, qu’on centre tous les accès aux soins pour le VIH, pour l’hépatite C. Certes il y a peut-être l’association AIDES mais moi je dirai qu’elle fait que de la prévention. Mais elle doit aller plus loin que la prévention.
Ben : Oui mais derrière ça, ce qui me fait peur dans ton discours c’est... les maisons médicalisés, ça me fait penser à ça quand tu parles du VIH et du VHC et moi ça me fait peur en tant que citoyen.
Paul : Pourquoi ça te fait peur ?
Ben : Parce que je ne voudrais pas rentrer dans un ghetto.
Paul : Donc c’est un ghetto ce que tu parles ?
Ben : La manière dont j’entends ce que tu me dis, oui.
Paul : Ce n’est pas ça que je voulais te dire non.
Ben : C’est quoi que tu veux me dire ?
Paul : Ce que je veux te dire c’est qu’il faut un meilleur accès aux soins et qu’on arrête d’être hypocrite. Et qu’il faut remonter ça au ministère de la santé.
Ben : Chez madame Cachalot ? Madame Bachelot (rires).
Paul : Cachalot, Bacalot, je ne sais pas. On prend comme on veut.
Fin du son.
Reda : Ali ça t’a plu ?
Ali : Entre le chtimi et le portugais... non mais bon, c’est du Ben (rires).
Reda : Nadia, Zina, Tina sur cette échange entre Ben et Paul, co-infecté, et sur la question de l’accès aux soins ?
Nadia : Je crois qu’il y a du boulot. Parce que s’il attend après la télé pour lui donner des informations, à un endroit où il peut se soigner... c’est grave.
Tina : Qu’une personne, je ne sais pas depuis combien de temps Paul est infecté, mais sûrement depuis des années, co-infecté, il a sûrement besoin d’énormément de soins pour qu’il ne flanche pas, qu’il soit dans cette situation, c’est quoi, mais c’est où...
Nadia : Avoir un bon médecin traitant, je pense que c’est son médecin traitant qui peut le diriger.
Reda : Oui mais vous, vous êtes dans cette réalité parisienne, où il y a l’Assistance Publique, des hôpitaux partout, je choisis mon médecin. Là ce que j’entends et ce que je crois comprendre et ce que Ben essaye de nous expliquer, c’est qu’il y a une autre réalité. Il y a des gens, ce n’est pas de leur tort, ils n’ont pas choisi d’être comme ça mais ils ont été marginalisé, relayé, ignoré, bafoué. Et lui, il fait la démarche d’y aller.
Tina : Je ne pense pas que ce soit lui forcément, il a sans doute un médecin qui ne lui a pas spécialement parlé de toutes les possibilités qu’il a pour bien se faire soigner, de tous les examens qui sont importants de faire. Parce qu’on sait que quand il y a co-infection, il y en a qui vont avoir une surveillance vraiment très pointilleuse, il y en a, c’est une fois qu’ils sont sur le lit de mort qu’on s’aperçoit qu’il y a des...
Reda : Et la question posée précédemment par Ben, c’est est-ce que tous sont égaux devant l’accès aux soins ? Il constate qu’il y a certaines catégories de malades, qui semblent, où le médecin va passer plus de temps, va proposer des traitements qui ne propose pas à d’autres catégories de gens. En tout cas dans le nord.
Tina : Je pense quand même, il ne faut pas dire que c’est que dans le nord, c’est vrai que c’est beaucoup plus, mais j’ai rencontré même dans le 6ème arrondissement de Paris, qui n’ont pas parlé d’infectiologue à une personne qui vient d’apprendre sa séropositivité, donc c’est un peu partout mais beaucoup plus.
Zina : Moi je n’arrive pas à comprendre qu’on se pose la question de, je suis atteint du VIH et où je dois aller pour me soigner.
Nadia : C’est peut-être une personne marginalisée...
Zina : Je n’ai pas tout... je ne sais pas pour moi la réponse elle est évidente, un généraliste ou carrément à l’hôpital. Maintenant je ne sais pas, je ne connais pas cette région, je suppose qu’il y a des hôpitaux quand même dans le secteur avec des services de maladies infectieuses. Non ?
Ali : Là où ça pose question c’est quand il dit qu’il attend de la télévision, on va dire grosso modo des médias, en particulier de la télévision. Dès lors que tu es atteint par une pathologie lourde, VIH, VHC, cancer où je ne sais quelle pathologie lourde, l’information tu vas la glaner là où tu peux. Moi par exemple je ne connais pas l’Internet, c’est tout récent et encore quand je ne connais pas, mais durant 27 ans, je n’ai pas cessé d’essayer de m’informer auprès de personnes, en lisant certaines brochures, pour m’informer sur la pathologie et les traitements qui vont avec.
Transcription : Sandra Jean-Pierre
Forum de discussion: 1 Message
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Dans le nord, des séropositifs ne savent pas où aller pour se soigner
Le vrai problème c’est que la maladie ne rend pas plus égaux. Croyez vous vraiment que la compassion est la règle générale. Il faut arrêter d’être hypocrite, un bi est mieux qu’un homo, un alcoolo mieux qu’un toxico ce sont des réalités du comportement des gens face aux malades, et même des soignants t’es petit, pauvre , pd, t’as le das et l’hépatite en plus tu picoles et tu te shootes c’est même pas la peine de te pointer t’es mort ;-) l’accès à tous est durdur dans le nord ; la culture, le boulot, les soins ect.... l’arrivée de la CMU n’a fait qu’institutionnaliser la médecine à 2 vitesses Essayez de prendre un RDV gastro pour le vhc bonne chance ;-) pour l’aide et les traitements c’est idem les a-priori des soignants sont souvent scandaleux De plus leur réaction sera fonction du fait qu’il croivent ou non que dépenser des efforts et du pognon est profitable à la société. Je parle même pas des trucs du genre score de meld galton applaudirai ;-) allez j’arrete bonne route à tous