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Émission du 15 juin 2010 (n° 458)
L’importance des auxiliaires de vie pour les séropositifs
20 juin 2010 (survivreausida.net)
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Début du son
Ben : Ben le correspondant du nord, il a l’intention de vous parler de la pratique des auxiliaires de vie de la région Nord Pas de Calais qui interviennent auprès des personnes concernées. Elle va expliquer un peu sa pratique.
Edwige : Bonjour. Moi je suis auxiliaire de vie... depuis 1 an. Et j’interviens auprès des personnes âgées depuis 6 ans. Je n’ai pas de différence concernant la pratique entre les deux situations parce que je considère le travail d’auxiliaire de vie auprès... pratiquement identique puisque ce sont pour moi des personnes à part entière. Que ce soit une personne âgée ou une personne atteinte du sida, pour moi je la considère exactement de la même façon. La seule différence serait dans la communication puisque nous sommes obligés d’adapter notre conversation par rapport au vécu de la personne. Et forcément que la différence se situe dans l’âge. Si nous intervenons auprès d’une personne âgée de 80 ans et si nous intervenons auprès d’une personne âgée de 40 ans. Forcément le dialogue ne sera pas le même. La différence que l’on pourrait aussi accorder serait que nous faisons plus de relationnel puisque le PAAD n’a pas été créé pour faire du ménage mais bien pour instaurer une relation de complicité, d’aide, d’échange par rapport à la maladie. Par rapport à la souffrance, par rapport au traitement qui n’est pas toujours évident pour la personne malade. Et c’est là mon rôle. C’est de pouvoir aider psychologiquement, moralement. De pouvoir apporter une aide éventuellement administrative et peut-être aussi pour les courses parce que c’est plus facile de se déplacer parfois avec une aide à domicile. Le ménage reste une nécessité si la personne se trouve vraiment dans une situation où son état ne lui permet plus de faire les tâches ménagères comme il faudrait.
Ben : Souvent tu amènes aussi les gens chez leur médecin traitant, tu discutes du traitement et tout ça. Et comment toi tu vis ça ?
Edwige : Je ne suis pas malade mais j’essaye de faire de l’empathie au mieux, de me mettre à la place de la personne et me dire si c’était moi comment je réagirais ? Est-ce que j’aimerais avoir un soutien psychologique ? Est-ce que j’aimerais être complètement isolée et coupée du monde parce que forcément pour moi je pense que le sida reste un sujet tabou malheureusement. On n’en parle pas assez, même auprès des jeunes, même auprès des familles, je suis bien contente d’être arrivée dans ce cercle. Puisque c’est auprès de ces personnes-là qu’on s’enrichit et qu’on voit vraiment ce que c’est la maladie au coeur même. Puisqu’on est vraiment dans la situation.
Fin du son
Reda : Malgré une situation personnelle très difficile, Ben correspondant à Valenciennes envoie régulièrement des entretiens. Il a rencontré cette dame qui s’occupe de l’aide à domicile. Elle se rend chez les personnes séropositives pour qui cette aide apporte non seulement le ménage ou la vaisselle mais un vrai lien qui correspond à un besoin et c’est un dispositif que l’association AIDES est actuellement en train de fermer. En tout cas c’est ce qui est discuté, ce qui a mis Ben, et pas mal de personnes, et pas seulement à Valenciennes, en colère.
Transcription : Sandra Jean-Pierre