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Émission du 2 février 2010 (n° 439) | Maroc | Musique | Saïd Mesnaoui
Saïd Mesnaoui, un gnawa en live pour survivre au sida
5 février 2010 (survivreausida.net)
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Écouter: Saïd Mesnaoui, un gnawa en live pour survivre au sida (MP3, 3.8 Mo)
Reda : Saïd est un papa qui doit aller chercher son fils à l’école.
Saïd Mesnaoui : J’ai eu sa mère au téléphone hier et j’ai dit que j’allais le faire. Il n’y a pas de problème.
Reda : Je propose qu’on passe. Est-ce qu’on passe directement à la musique. Est-ce que tu as quelques questions pour Saïd.
Ousmane : Les trois questions que j’ai. Je pense que tout dépend… Mais autant qu’on passe directement à la musique. Il a déjà répondu à quelques questions.
Reda : ça c’est le plaisir.
Son : Saïd Mesnaoui : en français « Où te situer » en live au Comité des familles en français (Applaudissements)
Ousmane : Avant de laisser Saïd partir, je voulais justement lui demander quel message Saïd, tu as à lancer à toutes ces familles qui nous écoutent.
Saïd Mesnaoui : Garder l’espoir, la force, le moral. Il ne faut pas laisser tomber. Le combat continue jusqu’au bout, nous sommes derrière eux.
Reda : Dans ta chanson, tu parles de quoi ?
Saïd Mesnaoui : Je parle de la paix. Donc, « Salam ». « Où te situer ? », où est ta place dans ce monde ? Parce que tout le monde parle de la paix. Il y a des réunions partout dans le monde pour parler de la paix. La paix pour qui ? ça veut dire que pour moi, elle n’existe pas. C’est pour ça que je pose la question à la « paix ». Est-ce que tu existes ou pas ? Pour moi, je ne pense qu’elle existe encore. Juste chez des gens qui ont la foi. Mais en même temps c’est un message que je dédie à tous les dirigeants de la planète.
Ousmane : Dis-moi ! L’instrument avec lequel tu as joué, il s’appelle comment ?
Saïd Mesnaoui : ça s’appelle un hajhouj ou le guembri. C’est de la musique traditionnelle gnawa.
Ousmane : C’est quoi le « gnawa » ?
Saïd Mesnaoui : Le « gnawa », c’est de la musique, la légende comme le blues, le jazz, le rock. Quand tu dis la musique « gnawa », ce sont les gens qui font la musique « gnawa ». Beaucoup sont originaires de la Guinée.
Ousmane : De la Guinée.
Saïd Mesnaoui : Oui.
Reda : C’est ça, c’est la musique des esclaves affranchis. Est-ce que ça, on peut le dire.
Saïd Mesnaoui : Oui, ça n’a rien à voir avec l’arabe. Ils sont arrivés – c’est comme les esclaves – avant l’Islam. Quand les Arabes ont envahis le Maghreb. Les Noirs comme l’Amérique. Les bluesmen, les jazzmen américains, c’est pareil. Après l’Islam…
Reda : Je voudrais juste dire un truc, puisque Ousmane, tu nous a fait découvrir pleins d’artistes du Burkina et d’ailleurs. Est-ce que tu connaissais le « gnawa » et tout ça, au Maroc.
Ousmane : Non, pas du tout. Je l’ai connu juste le premier jour où j’ai su qui il était. C’est justement ça, en fait. Mais j’avais vu qu’il y avait un rapprochement avec la culture africaine. Donc, du coup…
Saïd Mesnaoui : C’est l’Afrique. Il n’y a rien à voir avec l’arabe.
Ousmane : Oui, je veux dire la culture africaine.
Saïd Mesnaoui : Voilà, exactement.
Ousmane : Du côté mandingue.
Saïd Mesnaoui : Ce n’est pas le folklore. Beaucoup de gens disent que c’est le folklore marocain. Non, ça n’a rien à voir. Ce n’est pas dans le folklore marocain. C’est l’Afrique noire.
Reda : Il y a Nabila qui va nous lire un petit message reçu de Jamal qui a participé au reportage de Ben, qui a pris connaissance de la venue de Saïd Mesnaoui à l’émission « Survivre au sida ».
Nabila : Tout à fait Reda. C’est un message adressé à notre ami Saïd. « Salam Saïd ! Franchement, ça réchauffe le cœur de t’écouter parler de sujet que les faux « Maâlem ». Donc, je suppose que vous savez ce que ça veut dire…
Saïd Mesnaoui : « Maâlem », ça veut « le maître ».
Nabila : De tagnaouit, ont oublié aujourd’hui. Les « gnawa » sont devenus un instrument dans les mains de nos colonisateurs…
Saïd Mesnaoui : Exactement
Nabila : du Maroc et d’Essaouira et son festival qui me sont témoins. J’aimerais bien Saïd, que tu deviennes - inch allah ! -, « l’Abraham Lincoln » de ses gnawis naïfs qu’on a réduit, de nouveau, en esclavage. Merci pour ton soutien aux séropositifs. Bon courage « el Maâlem, le maître ».
Reda : Voilà Saïd. Un grand merci à toi.
Saïd Mesnaoui : ça me fait plaisir. Je suis là pour ça, il n’y a aucun problème.
Reda : On te revois dans moins de deux ans ?
Saïd Mesnaoui : Non, non, ça dépend.
Reda : Parce qu’en fait, on s’était vus en 2006. Il était sur le point de s’exiler au Cananda. Et c’est là où tu as sorti un disque « Trans gnawa ».
Saïd Mesnaoui : Entre la France, Paris et Montréal. Des musiciens moitié français, moitié canadiens.
Reda : « Réveilles-toi ». Ousmane recommande « Réveilles-toi » ?
Ousmane : Vivement. Je pense. Je n’ai pas encore écouté. C’est vrai. Mais je pense que déjà, en live, comme ça, ça donne d’écouter.
Ali : C’est édité chez… ?
Saïd Mesnaoui : C’est moi-même qui fais la production.
Reda : C’est de l’autoproduction.
Saïd Mesnaoui : En même temps, avec l’aide de personnes du Canada.
Ali : Pour l’avoir, le commander, c’est par Internet ?
Saïd Mesnaoui : Moi ! Pas Internet. Je n’ai pas mis… Directement par moi, c’est avec un grand plaisir.
Reda : Voilà, en mains propres.
Saïd Mesnaoui : Je te laisse la carte.
Reda : A l’ancienne. Bah… merci à Saïd et bonjour à ton fils, en espérant que tu ne seras pas en retard.
Transcription : Wilfried Corvo