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Jean-Marie Le Guen, le grain et la paille
8 décembre 2008 (survivreausida.net)
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Jean-Marie Le Guen est de la « bonne graine politique ». Jeune « sabra » socialiste des « années Mitterrand », il fut d’abord un militant carré et rugueux dans un corps plutôt rond.
Le vice-président de l’Assemblée nationale, 25 ans après, à 55 ans, principal spécialiste de la santé au parti socialiste et tout nouveau président du conseil d’administration de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, a changé. Il apparaît désormais plus souple politiquement et parfaitement longiligne physiquement. Proche de Dominique Strauss-Kahn, le député de Paris ne rejette ni le rapport Larcher, ni quelques réformes phares du président Sarkozy. Consensus plus que rupture ?
Mais, ce médecin de formation, marié à une gynécologue parisienne, père de jeunes médecins, a depuis ses années de militantisme mutualiste toujours eu un ¦il sur la santé publique. En présidant le Groupe d’études contre l’obésité [1] à l’Assemblée nationale et la Mission parlementaire sur la grippe aviaire, il a acquis une expertise scientifique reconnue et partagée par un bien petit nombre de ses collègues parlementaires. Si l’intérêt pour le domaine de la santé lui est venu sur les bancs de la fac comme responsable mutualiste étudiant dans les années 1980, le jeune homme fut surtout atteint par le virus de la politique. Militant actif, un temps patron des socialistes parisiens depuis son fief du XIIIe, il fut longtemps considéré comme un redoutable homme d’appareil. Craint de ses adversaires, les médecins l’ont longtemps trouvé sectaire. Mais, le leader politique s’est découvert, le temps et l’expérience venant, un intérêt manifeste pour la médecine et les questions scientifiques. Il y traite de tout : le financement de la Sécu, l’organisation des soins, l’éthique, tant il a découvert une « étroite dialectique » entre médecine et politique. CQFD.
Il lui en aura fallu finalement de la sagesse pour tirer les bonnes leçons de ces années de militantisme étudiant des années 1980. On y a vu se briser les carrières prometteuses de bon nombre de cette génération de militants étudiants « brûlés » par un apprentissage incontrôlé du pouvoir.
L’élève doué qu’il fut d’abord, le syndicaliste étudiant suractif placé sous la tutelle bienveillante de René Teulade, le « copain » de Julien Dray et de Jean-Christophe Cambadélis [2] et de beaucoup d’autres de l’Unef et de la Mnef ensuite, le parlementaire rigoureux depuis 20 ans enfin, fait de Jean Marie Le Guen sans aucun doute un des candidats de la gauche les plus sérieux au ministère de la Santé. L’AP-HP lui donnera l’expertise hospitalière qui lui manquait. Reste à la gauche à regagner le pouvoir. Une paille ?
Pascal Maurel
Notes
[1] Il est l’auteur du livre Obésité, le nouveau mal français avec Marc Horwitz, Armand Colin, 2005.
[2] Respectivement ancien président de la Mutualité française et ministre de la Santé socialiste ; député socialiste et responsable de l’Unef dans les années 1980 et 90.