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Émission du 30 septembre 2008 (n° 371) | Accès aux médicaments | Cameroun | Côte d’Ivoire | Hadja | Médicaments génériques
Ruptures d’ARV en Afrique : comment Hadja avait interpellé « le monde entier » en 2005 pour dénoncer les ruptures de médicaments en Côte d’Ivoire
2 octobre 2008 (survivreausida.net)
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Écouter: Ruptures d’ARV en Afrique : comment Hadja avait interpellé « le monde entier » en 2005 pour dénoncer les ruptures de médicaments en Côte d’Ivoire (MP3, 7 Mo)
Le 17 mai 2005, à l’antenne de l’émission, Hadja avait pris la parole depuis Abidjan pour dénoncer les ruptures d’approvisionnement en antirétroviraux dont souffraient les séropositifs depuis au moins trois mois.
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Trois ans plus tard, alors que le gouvernement ivoirien a annoncé la gratuité des antirétroviraux (sans pour autant garantir l’accès à la charge virale, encore moins la prise en charge des maladies opportunistes), les ruptures marquent la vie des séropositifs sur le continent africain, notamment au Cameroun où les associations de malades mènent campagne pour les dénoncer et trouver des solutions permettant d’y mettre fin.
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Hadja, qui vit aujourd’hui à Paris, réécoute sa prise de parole pour la commenter, trois ans après les faits.
Voici l’extrait de l’appel qu’elle avait lancé en mai 2005 :
J’interpelle le monde entier face à la situation chaotique de distribution des antirétroviraux (ARV) en COTE D’IVOIRE. Depuis plus de trois mois, les malades sont confrontés aux ruptures de stocks intempestives. Quant on connaît les risques de mutation et de résistance que peut provoquer l’arrêt d’un traitement antirétroviral et que nous n’avions pas droit aux nouvelles molécules tel que FUZEON, TELZIR etc.
J’ai honte pour mon pays qui se retrouve aujourd’hui face à cette situation. L’industrie pharmaceutique court-circuite ainsi les systèmes publics d’approvisionnement, renforce son pouvoir de contrôle sur quelques responsables politiques et médecins et les possibilités de corruption en mettant en place un système absolument opaque. Certaines même, poussent à la prescription de combinaison thérapeutique incohérente parce que nous sommes africains et pauvres.
Le gouvernement ne peut pas continuer à annoncer chaque année de nouvelles promesses, toutes vides et jamais suivies d’application. Il a donné de faux espoirs aux malades de manière très médiatique (5000 CFA par trimestre pour les ARV), donc les malades affluent vers les centres accrédités pour commencer un traitement et au bout de quelques mois plus d’ARV.
Pendant ce temps nos dirigeants sont en pleine campagne présidentielle, même le ministre de la santé publique est candidat pour les élections d’octobre 2005.
Je pleure, je ne veux pas être une victime mais un acteur car la lutte contre le SIDA est devenu mon combat personnel.
Depuis trois ans, les choses n’ont pas beaucoup bougé, sauf du point de vue des préfectures qui ont tenté d’utiliser l’annonce de l’accès aux traitements (qui reste réservé à une minorité, avec des modalités d’accès très difficiles) pour refuser le droit au séjour des personnes séropositives, pourtant inscrit dans la loi.
Yoyo a eu la « chance » de connaître l’accès aux antirétroviraux en Algérie, où les ruptures se multiplient malgré la rente pétrolière...