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Ramadan et VIH : Séropositif, puis-je faire le ramadan ?
17 septembre 2008 (Sida Info Service)
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Le ramadan, commencé le 1er septembre, va durer un mois.
Le ramadan impose aux croyants musulmans de ne pas manger, boire et fumer de l’aube au coucher du soleil. Ce jeûne diurne peut entraîner une fragilisation de l’organisme chez une personne séropositive au VIH avec ou sans traitement.
Si on ne prend pas de traitement
En l’absence de prise de médicaments, la question est de savoir si le jeûne peut ou non affaiblir.
Une personne séropositive sans traitement disposant d’une immunité supérieure à 500 CD4 peut pratiquer le jeûne dans la mesure où elle prend un repas correct et équilibré avant et après le coucher du soleil. Les apports énergétiques journaliers sont ainsi garantis.
Dans les autres situations, cela va dépendre de l’état de santé global. Si l’immunité est altérée (CD4 < 350), le jeûne peut fragiliser. Et c’est normalement une indication à prendre un traitement. Cette situation est à envisager avec le médecin traitant.
Si on a une maladie opportuniste, ou que les CD4 sont en dessous de 200
Le ramadan est déconseillé, car il y a un vrai danger de développer une infection opportuniste, et que l’organisme puise dans ses réserves pour lutter contre la maladie. La question se pose moins si la phase sida est ancienne et que l’immunité est redevenue correcte. L’avis du médecin est nécessaire pour pouvoir prendre la décision la plus adaptée à la situation.
Comment faire en cas de traitement ?
Certains médicaments, et en particulier le Norvir qui est associé à la majorité des anti-protéases, doivent être pris avec des aliments. Les prises sont parfois espacées de 12 h, et, cette année, ce délai est un peu plus difficile à observer, dans la mesure où le ramadan tombe assez tôt dans l’année. Il est possible d’adapter l’heure de la prise en y allant progressivement (comme pour un décalage horaire). Mais la prise de certains médicaments avec les aliments est importante, puisqu’elle permet à ces médicaments d’être efficaces. Enfin, tout dépend de l’immunité.
Et si on ne peut pas faire le jeûne pour raison médicale ?
Le jeûne n’est pas une obligation à partir du moment où il met en jeu le pronostic vital. L’exemption est admise si l’on nourrit un ou plusieurs pauvres ou si l’on pratique l’aumône.
Docteur Michel Ohayon
Coordinateur médical à Sida Info Service