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Aide médicale d’État (AME) | Sans papiers
Conditions de vie et santé des bénéficiaires de l’AME
9 septembre 2008 (Actualités sociales hebdomadaires)
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Au 31 décembre 2006, quelque 190 000 personnes bénéficiaient de l’AME, qui permet, depuis 2000, aux étrangers en situation irrégulière d’accéder, sous conditions de ressources, au système de soins.
Parmi les bénéficiaires franciliens de l’aide médicale de l’Etat (AME) en contact avec le système de soins, "un patient sur cinq se considère en mauvaise ou très mauvaise santé", selon une enquête réalisée en 2007 par la DREES à Paris, en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne.
Ces trois départements franciliens concentrent en effet 60 % des bénéficiaires métropolitains de l’AME, indique la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, qui a interrogé 1 236 personnes, dont 92 % étaient couvertes par l’AME, pour mieux connaître leurs conditions d’existence, leur état de santé et les modalités de leur recours aux soins.
Soulignant cependant les limites de cette enquête, publiée en juillet 2008, en raison de la méthodologie choisie pour approcher cette population, la DREES précise qu’elle n’est pas "représentative de l’ensemble des bénéficiaires de l’AME, mais de ceux d’Ile-de-France en contact avec une structure de soins ou un généraliste libéral".
Compte tenu du protocole retenu, les femmes sont ainsi surreprésentées dans l’échantillon enquêté (66 % des personnes interrogées contre 50 % des bénéficiaires de l’AME), car "elles consultent majoritairement pour un suivi de grossesse ou un accouchement".
Le groupe présente en revanche les mêmes caractéristiques que la population générale concernée par l’AME en termes d’âge, avec 70 % de jeunes adultes âgés de 20 à 39 ans. Présentant majoritairement un niveau scolaire élevé et résidant en France depuis moins de cinq ans, ils sont aussi généralement bien insérés sur le marché du travail.
Un bénéficiaire sur deux interrogé dans ce cadre est originaire d’Afrique, hors Maghreb, un sur cinq provenant d’Afrique du Nord et 17 % d’un pays d’Asie, des proportions sans doute à lier, là aussi, avec le mode de collecte des données, note la DREES.
Connaissant des conditions de migration différentes, les hommes et les femmes présentent des modes de vie qui s’en ressentent, les premiers étant plus souvent isolés que les secondes, venues en France avec un conjoint ou pour le rejoindre, et ayant également plus souvent des enfants.
L’hébergement chez des amis ou de la famille prédomine dans les deux cas (plus de six personnes sur dix) et "rares sont ceux qui disposent d’un logement personnel", poursuit la DREES. Ce qui n’empêche pas un grand nombre de bénéficiaires franciliens de l’AME d’éprouver un sentiment d’isolement.
Un bénéficiaire sur trois a subi un refus de soins
Interrogées sur leur état de santé, deux personnes sur dix le qualifient de "mauvais ou très mauvais", tandis que quatre sur dix déclarent souffrir d’une ou plusieurs maladies chroniques ou subir une limitation de leurs activités depuis au moins six mois en raison d’un problème médical.
Un bénéficiaire de l’AME sur quatre déclare aussi avoir dû renoncer à des soins au cours des 12 derniers mois, avant tout pour des raisons financières, ou parce que ces personnes avaient d’autres priorités telles que le logement ou l’alimentation. Seuls 4 % indiquent ne pas avoir eu recours aux services d’un médecin par peur des contrôles de police ou par méconnaissance du système (ils ne savaient pas à qui s’adresser).
Plus d’une personne interrogée sur trois a enfin essuyé un refus de la part d’un professionnel de santé, le plus souvent un médecin ou un pharmacien ; à titre de comparaison, c’est le cas de 15 % des bénéficiaires de la couverture maladie universelle (CMU), rappelle la DREES. Mais une fois surmontés les obstacles d’accès aux soins, les personnes entrées dans le dispositif de soins "semblent bénéficier d’une continuité de suivi", conclut cette étude.
Etudes et résultats n° 645, DREES, juillet 2008. Disponible en ligne sur le site de la DREES, www.sante.gouv.fr/drees.