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Grand ménage numérique : les radios libres sont en lutte
1er juillet 2008 (Fréquence Paris Plurielle)
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On l’annonçait depuis des années, à grand renfort de réunions, d’expérimentations, de pressions, de rumeurs : la radio numérique terrestre (RNT) arrive, et c’est un bulldozer. La RNT vise à remplacer d’ici quelques années la bande FM, dont les fréquences seront vraisemblablement affectées aux gourmands opérateurs de la téléphonie mobile et de la navigation aérienne. Communiqués radieux de l’État, des industriels, des réseaux et des antennes commerciales. Silence total sur les radios associatives non commerciales. Pour cause : cet appel à candidatures, précipité et lancé sans concertation, non seulement les ignore, mais les met en danger : la « modernité » raboterait bien ce qui s’acharne à rester non lucratif et ouvert à celles et ceux qui n’ont pas la parole ailleurs, aux militants des mouvements sociaux, aux défricheurs sonores, aux minorités, aux associations…
Les radios associatives non commerciales, dites de catégorie A, sont subventionnées principalement par le Fonds de soutien à l’expression radiophonique (FSER). Créé à la suite de la libéralisation de la FM pour garantir l’existence d’un secteur à but non lucratif, le FSER prélève une taxe sur la publicité de l’audiovisuel commercial et public et la reverse aux radios de catégorie A. Or, non seulement aucun financement spécifique n’a été annoncé pour le passage au numérique, mais l’approvisionnement du FSER risque d’être amoindri de 30 % dès 2009 par l’arrêt annoncé de la publicité sur l’audiovisuel public. Les coûts de passage au numérique sont pourtant considérables : formation à la nouvelle technologie, investissement en matériel et, surtout, double diffusion (en analogique et en numérique) pour un nombre d’années indéterminé. Les radios associatives n’ont actuellement aucun moyen de diffuser en numérique, pourtant on les avertit que les places seront rares et qu’elles ne seront prioritaires que sur le premier appel à candidatures.
La norme choisie, le T-DMB, isole la France de ses voisins européens, qui ont opté pour d’autres normes, et n’a pas été construite pour la radio mais pour la télévision : initialement développée pour la TNT sud-coréenne, elle a eu les faveurs des antennes commerciales et des réseaux français, alléchés par les revenus publicitaires, dialogues par webcams et autres produits dérivés qu’une meilleure définition d’image rend possibles. Tant pis pour celles et ceux qui proposaient de privilégier une ou des normes moins gourmandes en espace (permettant donc de diffuser davantage de radios), plus attentives à la qualité du son, aux tarifs moins onéreux, et offrant une meilleure compatibilité avec d’autres standards.
Quant aux auditrices et auditeurs, on ne leur donne guère la parole : on attend d’eux qu’ils remplacent les six postes radios estimés par foyer, par des récepteurs numériques pour l’instant inexistants en France, et bien plus coûteux que les transistors classiques. Ou bien qu’ils n’écoutent plus la radio que dans l’oreillette, sur leur téléphone portable, autoradio ou lecteur MP3. La radio était un média quasiment gratuit, elle deviendrait un outil technologique discriminant.
Cette transition vers le numérique se fait enfin dans un contexte très difficile pour l’ensemble des médias du tiers secteur (ni de service public ni commerciaux) et du milieu associatif (qui voit ses subventions et les aides à l’emploi se raréfier) et alors que les attaques contre le service public se multiplient.
Une coordination s’est donc constituée pour faire entendre la voix des radios libres et les associer aux mouvements sociaux actuels. Nous demandons le maintien de la bande FM sur le long terme. Nous demandons qu’aucune radio associative non commerciale ne disparaisse à cause de la RNT. Nous demandons une priorité sur l’ensemble des appels à candidatures. Nous demandons que des financements soient mis en place et que la diffusion équitable des radios de catégorie A soit organisée et garantie. Nous entendons défendre longtemps encore notre conception des médias et de la société.
Forum de discussion: 2 Messages de forum
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Grand ménage numérique : les radios libres sont en lutte
Comment comprendre ce qui se passe ? Un système radio franco français !!!! Il me faudra ainsi un autre récepteur si je veux écouter les radios allemandes ou autres ......En résumé , il ne faut être ni européen , ni polyglotte ....... il n’y aura vraiment qu’Internet pour nous sauver !!!
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Grand ménage numérique : les radios libres sont en lutte
1) Sachant que le prix de location d’un canal de multiplexe, encodage compris, reviendra au minimum à 13 000.00 € H.T par an et par sîte en Bande III, et au minimum à 18 000.00 € H.T par an et par sîte en Bande L (Tarif le mieux disant), il n’y a pas que les Radios Associatives qui auront du mal à suivre ou qui ne pourront pas suivre financièrement, mais également les petites Radios Locales Commerciales de Catégorie B réunissant moins de 30 000 Auditeurs.
2) La norme retenue par le Gouvernement étant le T-DMB, il faut savoir qu’un site ne diffusera de manière correcte, à l’intérieur des bâtiments compris, que dans un rayon de 5 à 10 Kms au maximum autour du point d’émission.
3) Les Radios diffusant en zone rurale devront en conséquence émettre sur plusieurs sîtes en SFN, système remplaçant le RDS en FM ; soit plusieurs fois 13 000.00 € H.T par an et par sîte.
4)Il faudra compter au moins 5 ans avant que les Auditeurs soient équipés des nouveaux récepteurs, ce qui imposera à toutes les Radios, la double diffusion pendant au moins 5 ans, voire 10 ans.
5) Ce passage à la Radio Numérique va être fatal pour bon nombre de " Petites Radios ", laissant la place à de grands groupes financiers qui auront les moyens de perdre de l’argent pendant plusieurs années, avant de rester seuls en piste.
6)Conclusion : " Radios Associatives " et " Petites Radios Locales Commerciales " = MEME COMBAT