Accueil du site > À écouter, à voir >
Émission du 5 février 2008 (n° 336) | Bernard Hirschel | Charge virale indétectable | Contamination et prévention | Tribune libre | Willy Rozenbaum
Sida : L’impossible bénédiction des experts français ?
4 février 2008 (survivreausida.net)
Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
Chat échaudé craint l’eau froide, dit le proverbe. Et pourtant, face aux experts et à l’avancée des connaissances il faudra bien, tôt ou tard, faire le grand plongeon et fermer le parapluie derrière et sous lequel certains s’abritent, traumatisés par l’expérience et l’héritage désagréable et encombrant laissé par des responsables mais non coupables d’un proche passé.
Si ailleurs la science avance, le courage en France recule.
Depuis l’annonce faite par des experts en VIH suisses indiquant que les séropositifs sous certaines conditions ne seraient plus contaminants, c’est à celui qui se mouille le moins, en dit ou en fait le moins possible.Et pourtant, n’y aurait-il pas dans ces déclarations suisses une lueur d’espoir de réduire considérablement le nombre des nouvelles contaminations annuelles en les adaptant à des nouvelles formes de prévention plus responsabilisantes passant par une revalorisation de la personne séropositive trop longtemps considérée et obligée par des répressions judiciaires et sociales à s’octroyer bien malgré elle le statut de danger public ?
Peut-on continuer à leur demander d’être responsables tout en s’exonérant de prendre les siennes ?
D’après ces études suisses [1], le plus grand nombre des contaminations est dû lors de la phase aigüe, à savoir les premiers jours de la contamination. On peut raisonnablement penser qu’un nombre non négligeable est également dû à la montée de la charge virale entre cette phase aigüe et l’hospitalisation où sont découverts près de 50% des cas de sida.
Entre les deux, le déni ou la peur socio-juridique font des ravages.
Qui en a eu cure jusqu’à présent ?
Des nouvelles approches précoces en matière de prévention passant par la restauration de la dignité et la "réhabilitation" publiques du séropositif au vih sont aujourd’hui la condition sine qua non pour réduire au strict minimum le nombre des nouvelles contaminations.
Les experts français feront-ils enfin preuve de courage et oseront-ils franchir ensemble le Rubicon pour atteindre enfin la rive de la raison ?
Notes
[1] Lire La prévention du sida devient plus simple, mais aussi plus complexe ! et Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle.