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Bruno-Pascal Chevalier | Protection sociale
Des malades arrêtent de se soigner pour dénoncer les franchises
18 janvier 2008 (Le Monde)
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Il a choisi ce mode radical d’action car, "à notre époque, il faut faire des choses un peu provocantes si on veut se faire entendre". Bruno-Pascal Chevalier, 45 ans, travailleur social et malade du sida, a entamé "une grève des soins" pour protester contre l’instauration des franchises médicales et l’augmentation des déremboursements de médicaments.
Affirmant agir au nom de "toutes les personnes exclues du système de santé", M. Chevalier ne prend plus son traitement depuis fin septembre 2007 mais n’a rendu publique son action qu’après l’entrée en vigueur des franchises, le 1er janvier. Jeudi 17 janvier, l’Association française des diabétiques a fait savoir qu’un patient traité à l’insuline avait lui aussi cessé son traitement, mettant dorénavant "sa vie en jeu". Un insuffisant rénal a fait part de la même initiative.
Depuis le début de l’année, les assurés sociaux ne sont plus remboursés de 50 centimes d’euros par boîte de médicament et acte paramédical, et de 2 euros par transport sanitaire, dans la limite d’un plafond de 50 euros par an. Ces franchises, qui s’appliquent notamment aux malades en affection longue durée (ALD), s’ajoutent au forfait d’1euro sur le remboursement des consultations médicales, instauré en 2004, et aux 18 euros sur les interventions hospitalières dépassant 91 euros.
Un "collectif national contre les franchises médicales et pour l’accès aux soins pour tous", a été mis en place à l’automne 2007, réunissant partis de gauche et associations de patients, et soutenant une pétition de plus de 86 000 signatures. C’est "pour aller plus loin" que l’action symbolique du collectif, qui lui a apporté son soutien, que M. Chevalier, responsable du centre communal d’action sociale de Morsang-sur-Orge (Essonne), ancien militant d’Act-Up et d’Aides, a décidé d’entamer sa grève de soins. Affirmant "être fatigué, mais pas à l’article de la mort", il dissuade les personnes qui le contactent sur son blog (www.grevedesoins.fr) de l’imiter.
Le 3 janvier, il écrivait à Nicolas Sarkozy, pour demander "l’abrogation de cette loi injuste". "Avec la franchise médicale, chacun de nous se sent responsable voire coupable d’être malade, et, par cette faute, nous allons devoir payer pour l’accès à ce droit fondamental qu’est celui de la santé", écrivait-il.
Dans sa réponse, datée du 14 janvier, le chef de l’Etat justifie les franchises, en affirmant que, "lorsque la situation de l’assurance-maladie est dégradée, les nouveaux besoins en matière de santé supposent de nouveaux financements". Rappelant que les franchises devraient permettre de mieux prendre en charge les malades d’Alzheimer, du cancer ou en soins palliatifs, il affirme qu’elle ne prive nullement de soins "les plus vulnérables", puisque les bénéficiaires de la couverture maladie universelle, les enfants et les femmes enceintes en sont exonérés, "soit 15 millions de personnes".
M. Sarkozy estime par ailleurs que le plafonnement des franchises, équivalent à 4 euros par mois, "est une somme modique". "Toutes les objections faites à ce dispositif me semblent occulter cette réalité", écrit-il.
Au passage, le président de la République énonce une contre-vérité. Il affirme que "les franchises sont assurables par les organismes complémentaires dans le cadre des contrats responsables, ce qui offre un niveau de protection supplémentaire". Or la loi 2008 de finances de la Sécurité sociale exclut le remboursement des franchises dans le cadre des "contrats responsables", qui représentent la quasi-totalité de l’offre des mutuelles et des complémentaires santé.
Le principe de ces contrats, instaurés en 2004, est de ne pas rembourser les forfaits et franchises, afin de responsabiliser les patients dans leur consommation de soins, tout en n’augmentant pas le coût des cotisations. Selon la Mutualité française, si elles devaient être prises en charge par les complémentaires santé, les franchises impliqueraient une hausse de 15 % à 20 % des contrats.
Cécile Prieur
Chiffres
Remboursements. En 2006, les dépenses d’assurance-maladie du régime général (54 millions de personnes) ont représenté 132,1 milliards d’euros, dont 60 % consacrés aux remboursements des soins des 7,7 millions de patients souffrant d’une affection de longue durée, prise en charge à 100 %.
Coût des traitements. L’assurance-maladie rembourse les soins hospitaliers à 95 %, les médicaments anticancéreux à 100 %, les consultations médicales à 65 %. Le traitement d’un diabétique représente 6 000 euros par an, celui d’un patient sévèrement hypertendu, 5 500 euros. Le traitement d’un cancer varie de 17 800 à 32 500 euros. La prise en charge d’un malade d’Alzheimer est de 8 400 euros par an.
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Des malades arrêtent de se soigner pour dénoncer les franchises
j ai beaucoup de respect pour cet homme. La seule chose que la France aurait pu préserver, cette richesse humaine, c ’est la santé POUR TOUS. Malheureusement, ce sera de pire en pire avec une telle politique. je crois que l’on soit de droite, de gauche on doit se souder et aussi aller contre l’Europe sur ce sujet de la santé. LA SANTE GRATUITE POUR TOUS. LA DIGNITE.
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Des malades arrêtent de se soigner pour dénoncer les franchises
merci avous pour votre soutien et merci de vennir signer la pétition sur mon site www.grevedesoins.fr il y a le moyen aussi de télécharger cette petition pour la faire signer autourde vous et me la renvoyer a mon adresse sur le site rubrique initiative bp chevalier solidairement
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Des malades arrêtent de se soigner pour dénoncer les franchises
je suis tout à fait d’accord. je suis seropositive et que lAAH.Ce gouvernement est proAmericain il y aura que les riches qui pourront se soigner.je suis déjas trop maigre et trop faible pour faire de meme.Si non je fairais de meme. C’est tres courageux.
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Des malades arrêtent de se soigner pour dénoncer les franchises
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Des malades arrêtent de se soigner pour dénoncer les franchises
Je trouve indécent que le gouvernement oblige des malades chroniques à risquer leur vie pour obtenir le droit de se soigner simplement. On ne peut encourager un acte aussi désespéré mais je salue la détermination de ceux qui acceptent de faire le sacrifice leur vie pour que dure la solidarité et la démocratie