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Protection sociale
Maladies de longue durée : une éventuelle réforme divise patients et médecins
13 décembre 2007 (AFP)
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Une éventuelle mise en cause de la prise en charge à 100% des maladies de longue durée comme le diabète, le sida ou l’Alzheimer, divise les associations de patients et les professionnels de santé.
La Haute autorité de santé (HAS) s’est prononcée lundi pour une "réforme d’ensemble" d’ici à deux ans du dispositif de prise en charge des affections de longue durée (ALD). Celui-ci, qui concerne près de 8 millions de personnes et 60% des remboursements de la "Sécu", vise notamment à favoriser la prévention.
La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a aussitôt annoncé que "toute décision en ce domaine doit être réfléchie et concertée" et tenir compte, en cas de réforme, des sommes qu’auraient à payer les patients de leur poche ainsi que des dépassements d’honoraires réclamés par les médecins.
Le président du collectif d’associations d’usagers de la santé (Ciss), Christian Saout a déclaré à l’AFP être partisan d’une réforme, le système actuel risquant "l’explosion en plein vol". "Avec les critères tels qu’ils sont aujourd’hui, on va arriver à 12 millions de personnes en ALD rapidement (...) On n’aura pas les moyens de financer ça. L’assurance maladie a été créée pour les cas aigus (...) L’explosion des maladies chroniques rend nécessaire la recherche de solutions innovantes", selon lui. Cette réforme n’est cependant "pas possible si l’on n’encadre pas les dépassements" d’honoraires exigés par certains médecins ni sans un "bouclier sanitaire" limitant l’ensemble des dépenses de santé payées par les patients, y compris ces dépassements, a encore dit M. Saout.
En revanche, Fabien Giraudeau, d’Act Up (VIH/sida), a défendu la prise en charge à 100% des ALD afin d’éviter des aggravations rapides des maladies qui, en outre, coûteraient plus cher à l’assurance maladie. "C’est important quand on a une affection qui peut devenir grave ou chronique d’être pris en charge à 100% tout de suite car ça vous encourage à vous prendre en charge", a-t-il déclaré à l’AFP, citant l’exemple des séropositifs. "Même si les symptômes ne sont pas encore apparus, au moindre mal de tête, vous irez voir un médecin. Vous allez aussi faire très régulièrement vos analyses, vous allez être plus observant, si vous ne payez rien", a-t-il affirmé.
Au contraire, pour le président du principal syndicat de médecins libéraux, la CSMF, Michel Chassang, "ce lien financier direct entre ALD et prise en charge est quelque chose de dépassé". "On voit bien que le système est à bout de souffle", a-t-il affirmé à l’AFP, qualifiant la proposition de la HAS de "piste très intéressante", à condition qu’elle s’accompagne d’un "bouclier sanitaire proportionnel aux revenus".
Enfin, le médecin généraliste Christian Lehmann, auteur d’ouvrages sur la santé, comme "Patients, si vous saviez...", a défendu le système d’ALD, soulignant qu’"on n’arrête pas de dire, le président de la République en tête, que le système français de santé ne fait pas assez de place à la prévention". Citant l’exemple d’un diabétique devant faire des examens coûtant "plusieurs centaines d’euros" pour prévenir un éventuel infarctus, il a précisé à l’AFP que "s’il n’a pas beaucoup d’argent et n’est pas pris en ALD, c’est tout simplement impossible". "Après l’infarctus, il va coûter 3.000 euros par jour en service de réanimation", a-t-il ajouté.
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Maladies de longue durée : une éventuelle réforme divise patients et médecins
Je suis en "ald" comme on dit. J’ai depuis 3 ans besoin de me sonder de 5 à 6 f/jour ; les sondes "coûtent" la bagatelle de 700€/mois, que dire de mon traitement médical. De plus, après 3 ans d’interruption, j’ai repris mon activité à raison de 10h/semaine. Franchement, niveau financier c’est pas le top et même si mon mari bénéficie d’une mutuelle entreprise, je ne sais pas si ladite mutuelle va continuer sa prise en charge globale ! J’espère que tous nous allons réagir à cette ignominie car aujourd’hui, 17 déc. 08, elle revient au goût du jour : QUELLE HONTE ! Nathalie P (de Rezé)
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Maladies de longue durée : une éventuelle réforme divise patients et médecins
Evidemment, le communiqué de la Haute autorité de santé (HAS) semble aborder le problème des remboursements sous un angle technique. Que les prises en charges d’un certain nombre de maladies à 100% représente déjà 60% de la totalité des remboursements Sécu, cela a de quoi être inquiétant pour le fonctionnement de cette caisse et pour ceux qui contribuent à la remplir, surtout si l’on ajoute que de 8 millions de personnes concernées par le 100%, on passerait rapidement à 12.
« L’explosion des maladies chroniques rendrait donc nécessaire la recherches de solutions innovantes… » Et l’on sait par expérience que les solutions innovantes que les gouvernements de ces dernières années trouvent, puisent toujours à des sources extrêmement anciennes, à savoir, essentiellement, des drastiques économies imposées aux couches sociales les plus vulnérables, parce que, les plus nombreuses.
Ce ne sont donc pas à des solutions innovantes faisant appel à davantage de contribution solidaire qu’il faut s’attendre, mais bien, une fois de plus, à un parcage un peu plus marqué de tous les malades « indésirables ».
Pour ce qui regarde les maladies à risques contaminants, les solutions innovantes pourraient rapidement s’avérer encore plus néfastes pour la société toute entière que celles déjà passablement discriminatoires qui ont cours actuellement. Fabien Gireaudeau d’Act-Up (VIH/Sida) a raison de souligner que la prise en charge à 100% rapide a le mérite d’encourager les malades à être observants et à se prendre en charge médicalement.
Il est donc à craindre que, dans le cas contraire, les séropositifs qui ne pourraient pas se prendre en charge, soient « criminalisés » pour absence de précaution sanitaire et, du même coup « ghettoïsés » plus qu’ils ne le sont déjà, avec les plans de restriction d’aides alloués par des villes comme Paris. De plus, les conséquences, sur le plan de la santé publique pourraient donc être bien plus coûteuses que les économies réalisées en faisant payer de « leur poche » les patients séropositifs.
Espérons donc qu’une très large mobilisation de toutes les associations destinées à défendre « les malades chroniques », personnes handicapées, séropositifs… se fasse pour contrer des solutions innovantes dont nous pouvons déjà avoir une certaine idée quant à leur teneur. L’actuel Président de la république ne cachant pas ses options atlantistes, nous pouvons nous attendre à ce que la prochaine étape amène à l’accroissement de la discrimination des séropositifs qui ne pourront payer… pour leur prise en charge médicale.
Jean-Pierre Quiviger