À propos du Comité des familles pour survivre au sida | Hommage aux disparus | Questions aux séropositifs et ceux qui les aiment pour faire entendre notre voix
Débat avec le Comité des familles à la librairie Ishtar le 1er décembre 2007 à 19 heures
1er décembre 2007 (papamamanbebe.net)
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Écouter: Qui sont les oubliés de l’épidémie du sida ? Débat à la librairie Ishtar le 1er décembre 2007 à 19 heures (MP3, 1.2 Mo)
Vivre avec le VIH, 20 ans après l’hécatombe dans les cités
Sur les 35 000 morts du sida en France depuis le début de l’épidémie en 1981, près de la moitié étaient des immigrés ou des enfants d’immigrés.
Pourquoi autant de morts ? Quels sont les responsables de cette hécatombe ?
Au début des années 1980, l’héroïne inonde les cités, suivie par le virus du sida. Le gouvernement socialiste refuse de mettre à disposition des seringues propres. Des milliers de jeunes sont contaminés, alors que cela était évitable.
La génération de cette première épidémie du sida dans les cités, c’est la même que celle que le mitterrandisme a voulu écraser en fabriquant SOS Racisme pour anéantir l’espoir de la Marche pour l’égalité et contre le racisme, des mobilisations contre les crimes racistes et sécuritaires, de l’expression culturelle de la jeunesse ouvrière immigrée… Preuve de ce laissez-faire face à une catastrophe sanitaire évitable, la France a été le dernier pays d’Europe a mettre les seringues en vente libre dans les pharmacies.
Cette histoire bien française fait du sida, en plus d’une terrible maladie, une injustice.
Les rescapés de l’épidémie sont encore là. Certes, les médicaments leur permettent de vivre avec le virus, mais, de droite comme de gauche, les gouvernements successifs démantèlent la protection sociale, au nom des contraintes économiques.
Si les contaminations par partage de seringues ont pratiquement disparues, le virus applique une discrimination positive et frappe surtout les gens pauvres, les hommes et les femmes issus de l’immigration et de la banlieue.
Les laboratoires pharmaceutiques, qui détiennent la propriété intellectuelle sur les médicaments, ont fixé pour ceux-ci des prix exorbitants. De ce fait, des milliers de malades rêvent de venir se faire soigner en France. Mais la plupart meurent à des milliers de kilomètres des frontières de l’Hexagone.
Qui est responsable de ces morts ? Que vaut la vie d’un Arabe ou d’un Africain malade du sida ?
Un massacre n’a pas que des victimes. Il y a aussi les survivants. Il y aussi leurs maris, leurs femmes, ceux qui les aiment. Il y aussi leurs enfants.
Il y a aussi des pères et des mères qui ont, sans aucune aide, appris par eux-mêmes ce qu’il faut savoir pour accompagner son fils ou sa fille face à la maladie.
Qui sont les oubliés de l’épidémie?
Chaque 1er décembre, Journée mondiale contre le sida, on entend tout le monde parler du VIH, sauf les personnes qui vivent avec. Pourtant, ce sont les premières concernées !
Quel est le regard de personnes séropositives et de leurs familles sur les enjeux de l’épidémie ?
Comment vit-on avec le virus en 2007, en France mais aussi dans nos pays d’origine ?
Quelles perspectives d’avenir et de lutte pour les malades et ceux qui les aiment ?
Voici quelques-unes questions qui seront posées à l’occasion d’une table ronde le soir du 1er décembre 2007 à 19h.
Ce débat se fait avec le soutien de l’Espace Ishtar et du Mouvement des Indigènes de la République, parce que les premiers concernés ne sont pas les seuls à avoir envie de lutter pour l’égalité des droits face à la maladie.
Le débat sera animé par Reda Sadki du Comité des familles et Philippe Rivière, de la rédaction du Monde diplomatique.
Samedi 1er décembre à 19h, à l’Espace Ishtar, 5 rue Cardinal Lemoine, métro Jussieu.
C’est quoi, le Comité des familles pour survivre au sida?
Connaissez-vous l’histoire du Comité des familles?
Les objectifs du Comité des familles pour survivre au sida
Naissance le 14 juin 2003 du Comité des familles, première association créée et gérée par des familles vivant avec le VIH
Forces, faiblesses et difficultés : 2006, un tournant pour les familles vivant avec le VIH
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Débat avec le Comité des familles à la librairie Ishtar le 1er décembre 2007 à 19 heures
Chers amis, Je ne manque pas de relever avec intérêt le contenu de l’annonce relative à l’invitation à la table ronde du 1er décembre (à l’espace Isthar).
La question des "oubliés de l’épidémie" et la tentative d’identification de ces derniers fait surgir en moi un certain nombre d’autres interrogations.
Les oubliés de l’épidémie font partie d’un ensemble plus vaste qui s’appelle tout simplement "les oubliés". Ceux de l’épidémie ne recouvrent pas entièrement la réalité des "oubliés". Certaines et certains se trouvent en marge par rapport à cet ensemble mais n’en sont pas moins oubliés, car il y a tout intérêt à le faire : ils formeraient une tâche enlaidissante sur le tableau déjà passablement crasseux du "politiquement correct" et du moralement acceptable. De plus en plus rejetés, tant par le pouvoir que par les associations représentatives d’une défense de l’image légèrement "corrigée" de la séropositivité, il est urgent que les témoins un peu gênants disparaissent du cadre, qu’ils se fassent oublier et qu’ils le soient réellement afin d’éloigner plus nettement le spectre traumatisant socialement que continue à représenter la sida dans toutes les couches de la société, afin, aussi, de permettre aux quelques organisations revendicatrices de "justice et de dignité" (légitimes) de ne pas être pénalisées et ralenties dans leur marche, par des casseroles à traîner.
Que vaut la vie d’un Arabe ou d’un Africain atteint du sida ?
Un peu restrictif, non ?
En ces temps qui font renaître un ministère du Drapeau de la chasse à l’immigré, on peut ajouter : que vaut la vie d’un homme étranger non régulier sur le sol français ?
Et puis aussi, faudrait-il ajouter : que vaut la vie d’un homme atteint du sida quand il n’est pas hautement intéressant pour le fonctionnement institutionnel, même quand il est Français ?
Il y a des survivants au massacre. Oui ! J’en témoigne. j’en suis, et ce, depuis 1992. A quel prix !
Justement. A propos de l’histoire combinée des différentes précarités sociales (et de la tentative de responsabilisation individuelle, psychologisante,à laquelle on assiste pour la faire digérer par les victimes elles-mêmes) et des stratégies de survie propres à vouloir y pallier, je témoigne d’une expérience de vingt ans vécue solidairement avec des amis d’origine subsaharienne, surtout.
En l’an 2000, j’avais un ami Sénégalais présent sur le sol français depuis 1972 (employé de chez Renault, au départ) qui, à partir des années 90, en situation de chomâge chronique, s’était détérioré moralement jusqu’à la fréquentation de la drogue. Il avait des papiers (carte de séjour de 10 ans renouvelable). En 1998, il fut arrêté pour une demi-dose de crack. Il fut jugé sévèrement : un an de prison ferme, un retrait des papiers, une interdiction de territoire de 10 ans). On ne fait pas de cadeaux à ceux qui n’on pratiquement aucune défense.
A sa sortie de prison, mon ami est revenu chez moi, en clandestin, cette fois. Un an après, en 99, il fut de nouveau arrêté pour défaut de présentation de papiers (la drogue avait disparu de sa vie), et remis en prison. J’ai alerté le GISTI qui l’a défendu du mieux qu’il a pu. J’ai écrit à Philippe Rivière (qui sera de la table ronde, je m’en réjouis, le 1er décembre) : il a publié dans la rubrique "courriers des lectreurs" du Monde Diplomatique, le témoignage que j’avais écrit au sujet de la scandaleuse double peine qui avait été appliquée sans ménagement pour cet immigré, ouvrier des années 72. Je l’en ai remercié. Néanmoins, l’ami a été mis dans l’avion...
Je n’appartiens pas, quant à moi, au groupe des hommes et des femmes issus de l’immigration et de la banlieue. Je suis Français et je suis instituteur. Au titre de mes engagements intimes, sociaux et politiques, j’ai payé mon tribut de relégation, aussi. Et je me permets de le revendiquer, question de survie forcément, mais de "dignité" aussi (ça me paraît aller de pair, pour nous tous!).
Dans la lancée de cet engagement et des réflexions qui l’ont parcouru, j’ai consigné certaines de mes observations dans un recueil, et je poursuis mon action solidaire au sein du RESF. J’espère, samedi prochain, pouvoir partager avec vous cette table ronde.
Amitiés.
Jean-Pierre Quiviger
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Débat avec le Comité des familles à la librairie Ishtar le 1er décembre 2007 à 19 heures
a jp quivigier moi aussi je vais témoigné rescapé depuis 1986 attention les oublées ne sont pa tjrs ceu ke lon croi la valeur du hiv existe c compliké mais ..................................
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Débat avec le Comité des familles à la librairie Ishtar le 1er décembre 2007 à 19 heures
Bonsoir,
Excuse-moi, je n’ai pas tout compris de ton court message. Quand tu dis que les oubliées ne sont pas toujours ceux que l’on croit, je partage asse ton avis. Mai ce serait bien que tu développes un peu sur qui sont-ils, ceux-là, à qui tu penses. Car de fait, il y a eu beaucoup d’oubliés même au sein des catégories qui sont censées s’être le mieux défendues pour ne pas être oubliées. Disons que les dominants de ces catégories se sont bien approprié l’instrument médiatique, mais les autres, à l’intérieur même de ces catégories, leur auraient fait de l’ombre s’ils avaient aussi été reconnus.
Il est possible que tu veuilles parler encore d’autres catégories que celles auxquelles je fais allusion. Et personnellement, je serais heureux de lire ce que toi, tu veux en dire. D’autre part, "tu ajoutes que la valeur du VIH existe, que c’est compliqué, mais...". C’est un peu du même ordre, si tu explicitais, j’arriverais peut-être à mieux saisir de quelle valeur tu veux parler. Pour moi, la valeur du VIH, c’est d’abord celle d’un fléau traité de manière très inégalitaire (c’est la manière que nos sociétés capitalistes ont de traiter tous les problèmes et les hommes, selon l’ordre du mépris et du profit).
Mais là encore, mon interprétation des mots que tu as écrits, n’est peut-être pas celle que toi, tu voulais leur donner.
Quant au témoignage, je crois que tous les témoignages sont justement utiles pour mieux cerner la réalité que nous avons vécue et pour éviter que d’autres la vivent. Mais chacun d’entre eux n’ont de valeur que par rapport aux yeux, à ce qui a été vu par ces yeux, et enregistré dans l’esprit. J’ai eu du mal à témoigner même pour moi-même. Mais cela m’a libéré un peu. Et je souhaite évidemment lire d’autres témoignages que le mien, avec des yeux différents, sur un problème qui nous commun. Le tien sera le bienvenu.
Amicalement.
Jean-Pierre
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Débat avec le Comité des familles à la librairie Ishtar le 1er décembre 2007 à 19 heures
Quand l’exploitation des morts du sida dépasse les limites statistiques elle en devient malsaine. Manipuler en instrumentalisant les chiffres des personnes décédées et s’en approprier arbitrairement est un manque de respect qui doit faire se retourner dedans leurs tombes, les milliers de victimes enterrées au sens propre et figuré, qui ne sont ni homosexuelles ni immigrées ou toxicos, reléguées, parquées dans le "no mans’land" de l’oubli et reniées dans le fossé de l’indifférence.
Apparemment il y a une couille dans le potage.
En effet, si les responsables homosexuels "revendiquent" la moitié du nombre des décès depuis le début de l’épidémie et que les associations d’immigrés "s’attribuent" l’autre moitié, doit-on en déduire ou en conclure qu’aucune autre catégorie n’a et n’est toujours pas concernée ?
Quels sont les motifs et les enjeux de cette utilisation macabre ?
Nier cette évidence relève au mieux de l’incompétence et au pire du mépris.
Ignorer, minimiser ou rendre inexistantes les nombreuses victimes n’appartenant pas à l’une de ces 3 catégories, c’est les tuer une seconde fois.
Même s’il est vrai que les homos, les toxicos et le immigrés ont payé aussi leur lourd tribut rien ne les autorise à s’approprier l’exclusive comptable du malheur.
Si votre mémoire des chiffres est faussement sélective, rendez au moins hommage à celle qui leur revient.
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Est-ce si difficile pour un « blanc » de se retrouver en minorité... ?
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L’exploitation des morts ne devient pas malsaine seulement lorsqu’elle déborde d’une colonne de statistiques. Elle est malsaine point barre. Les morts du sida qu’ils soient, hétéros, homos, toxicos, immigrés ou non, comme le groupe dont tu parles dans ton texte, ne se retournent pas dans leur tombe, car ils ne le peuvent pas. Pourquoi ? parcequ’ils ont été incinérés sur l’autel de la plus value et des lobbies. Et leurs cendres à peine tièdies sont sniffées par tous les "clubers" à paillettes ou non qui dansent sur la vague techno-Sida au rythme de statistiques glacées qu’on peine à lire, eux qui alimentent les batailles de clocher autour de la légitimité d’en parler.
Tandis que tous les laissés pour compte, continuent de crever dans l’indifférence quasi générale, non pas du sida, mais de ses pires effets secondaires ; indifférence, pauvreté et mépris. Alors, cessons de catégoriser, de compartimenter, étiqueter, groupusculiser, communautariser, séparer, diviser une lutte qui se devrait collégiale et fédératrice d’énergies positives. Ce n’est pas le bon débat qu’il faut avoir. Et quoiqu’on en dise, l’immigration a payé un lourd tribut au sida, même si de l’Afrique du nord au sud, de l’ouest à l’est, elle n’a pas le monopole du malheur et de l’oubli.
Il y a tant de journées pour la lutte de ceci ou celà, pour la lutte contre le sida, le droit des femmes, la journée des femmes, les droits des enfants, contre la misère, l’exclusion, les violences etc, qu’une journée bisextile peine à les contenir toutes. Pendant ce temps où toutes ces journées déroulent leurs 24 heures du leurre, s’envolent les derniers "privilèges", auxquels nous pouvions prétendre il a peu encore. Retrait de la pension d’invalidité par exemple...
L’année dernière j’ai été sollicitée par le Journal "Paris Match" dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre le sida. J’ai donc passé plusieurs jours à faire des photos, dont une série à l’hôpital avec ma toubib et une dernière dans le bois de Vincennes, durant laquelle j’ai failli crever de froid. Je tenais une grande banderole sur laquelle, le logo au ruban rouge et les 25 ans du sida étaient imprimés sur fond blanc. J’étais censée franchir en courant, une ligne d’arrivée imaginaire. Et bien, ça n’est pas passé, après analyse j’étais trop en forme après 25 ans de sérologie Vih (j’ai une fille née séropositive en 1981) pour parler du sida. Pas rentable si on n’a plus peur ou si un horizon hors molécules s’installe devant les yeux des concernés. Le sida doit continuer à faire peur.
Alors moi, pour le premier décembre, je suis allée slamer à l’espace Kiron et j’ai présenté un texte parmi d’autres qui s’appelle "Sarkosy Air lines" c’est ma façon de combattre. Dans ce texte je parle d’expulsions, parce que l’immigration, en plus du sida et son cohorte de casseroles qu’il se traîne, comme une grande chaîne, entraine tous ses maillons dans le mur.
"Dans des charters post colonisation ils crèvent d’un cancer du colon. Mais toi t’es qui et surtout tu fais quoi ? T’es déjà cuit lorsque tu restes coit Tandis que tous les p’tits sherifs A Dakar, Saint D’nis ou Sétif ont empoigné un cruciforme pour dévisser en somme la case de l’oncle Tom"... Catherine
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Débat avec le Comité des familles à la librairie Ishtar le 1er décembre 2007 à 19 heures
etre oublié est ce une question de couleur, religion ?
parce que la douleur pour la victime n’est elle pas la meme ? si on t’oublie dans un coin et on te ferme la bouche avec plein de silence ou bien si on te menace de fermer la bouche en te disant "du contraire tu subiras les consequences" resultat dans le fond de la cruaute de certaines personnes qui se cachent derriere un "grand pouvoir" mais ou est ce pouvoir ? dans l’argent ? dans le mensonge ? ou bien, est ce que ces gens avec ce type de "pouvoir" pensent que les oubliés sont des idiots, qui ont peur de leur faire face, parce qu’ils sont dans des conditions economiques pas superables en comparaison avec la leur..... la difference c’est que c’est vrai que la plupart des victimes sont des personnes sans recours economiques, mais avec un grand avantage : le nombre ils sont beaucoup plus nombreux et il y a un proverbe qui dit : "si on ne t’ecoute pas fait davantage de bruit" comme cela on saura ce que tu penses et peut etre alors on t’ecoutera
a plus rosalinda
