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Protection sociale | Sans papiers | Violence à l’hôpital
Réponse des syndicats à Guy Vallet, directeur général des Hôpitaux de Marseille
9 novembre 2006 (Syndicats SUD et CGT de l’AP-HM)
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Monsieur le Directeur Général,
Nous vous savions, disons ... espiègle, adaptant les faits à une vision partisane, la votre. Cela a pu nous faire sourire parfois, surtout qu’à votre arrivée nous sortions d’un DG autocrate, mais ce n’est vraiment pas l’effet que nous a produit votre commentaire de notre communiqué. Vous utilisez les procédés les plus bas et les plus éculés pour nous attaquer. Nous ne sommes pas dupes de la manoeuvre, il s’agit pour vous de discréditer les organisations syndicales qui ne sont pas à la botte.
Dérapage dites-vous ? Quel dérapage ? Tout ce que contient notre communiqué peut-être vérifié. Où êtes-vous allé chercher que nous accusions quelqu’un d’avoir dénoncé M. Menouer à la police ?
Ne trouvez-vous pas odieux de mettre en balance le drame de Mama Galledou et la situation de M.Menouer ? (qui a certes été en garde à vue de 24H conformément à la procédure de mise en centre de rétention comme tous les sans papiers). Notons au passage que le jugement sur l’attitude de la police vous appartient. Nous, nous savons les humiliations et mauvais traitements subis par les sans papiers, qui, nous vous le rappelons, ne sont pas des délinquants.
Le but de cet amalgame est limpide et méprisable : pendant que vous, moderne Saint Vincent de Paul, étiez « mobilisé sur le sort » (français approximatif) de cette pauvre victime, nous, agents de la pègre, mettions tout en oeuvre pour voler au secours d’un immigré délinquant comme ceux qui ont incendié le bus. Et au passage, nous en profitions pour dénigrer les agents hospitaliers que vous rassurez par votre paternelle protection. Votre conseiller en communication vient peut-être du torchon « Minute » ? Nous nous permettons de vous rappeler que M. Sarkozy n’est pas votre ministre de tutelle.
Vous ne le savez sans doute pas, nous ne fréquentons pas les mêmes sphères, mais par notre quotidien auprès des malades, dont nous ne nous glorifions pas, c’est notre boulot, nous cotoyons la misère, la souffrance,. les difficultés, les drames sociaux, tout ce qu’une société de plus en plus inhumaine détruit. En nous traitant de la sorte, à travers nous, c’est tous les agents hospitaliers que vous maltraitez.
Par notre qualité de syndicalistes désireux de transformation sociale, nous connaissons le vie des cités. Ce que vous qualifiez de "triste incendie" (là encore français approximatif), est une horreur où une jeune fille voit sa vie brisée et où 4 ou 5 petits cons, abandonnés sans repères et sans avenir vont être emprisonnés pour 30 ans.
Soit dit en passant, M. Menouer sera bien gentil s’il ne vous poursuit pas pour divulgation du secret médical et diffamation.
Petit détail qui vous semblera insignifiant : notre communiqué a été rédigé le 27/10 au matin, le bus a été incendié dans la nuit du 27 au 28/10.
Vous venez de passer sur une chaine locale de télévision où vous vous êtes glorifié d’un prêt de la Banque Européenne d’Investissements pour vos projets tel celui de psychiatrie Baille. A cette occasion vous vous êtes présenté comme le champion de la concertation. Vous n’avez pas précisé que le projet psychiatrie Baille a été maintenu contre l’avis du CTE et des agents qui vous l’ont suffisamment manifesté. Ce ne sont pas les quelques échanges mondains que nous avons pu avoir lors des temps morts pendant les barrages le jour du déménagement qui constituent une concertation. Précisons que les 3 syndicats qui n’ont pas manifesté avec les personnels de psychiatrie sont quasi inexistants dans ce secteur, et, est-il utile de rappeler que le droit de manifester est garanti en France ? Bien entendu vous préférez sans doute les syndicats qui changent leur vote après s’être retiré dans votre bureau lors d’une interruption de séance.
Nous maintenons que la discrimination se met en place dans l’hôpital public. Par manque de moyens d’abord : nous savons par la presse locale qu’à l’AP-HM des malades ont déjà été sortants trop tôt par manque de lits.
La nouvelle gouvernance et la Tarification à l’activité vous obligeront à privilégier la gestion comptable au dépend des besoins des usagers.
Les charges insupportables pour les plus démunis (forfait hospitalier, forfait 18€,...) les priveront de l’accès aux soins.
Les sous-effectifs permanents, le recours abusif aux heures supplémentaires, les bouleversements constants de nos plannings, ... réduisent la qualité des soins. Ceux qui pourront se payer les établissements privés n’auront pas ce souci.
Les agents hospitaliers et les usagers nous connaissent, ils connaissent notre combat pour l’hôpital public dégagé du pouvoir de l’argent. Notre communiqué dit la vérité de bout en bout. Les tenants de la marchandisation du système de santé s’attaquent aujourd’hui aux plus faibles pour demain s’attaquer à tous les salariés.
Nous sommes fiers d’avoir été pour quelque chose dans la libération de M. Menouer.
P/CGT Yves CASTINO
P/SUD Gérard AVENA