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Vacances thérapeutiques
Résultats d’une nouvelle stratégie d’interruption thérapeutique programmée : l’étude STACCATO
28 septembre 2006 (egora.fr)
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Après la publication en juillet des résultats mitigés de l’essai TRIVACAN, qui a montré l’échec d’une stratégie d’interruption programmée de traitement guidée par le taux de lymphocytes CD4+ avec une augmentation d’évènements classant sida en cas d’interruption de traitement, et l’interruption de l’essai SMART pour les mêmes raisons, le Lancet publie cette fois les résultats de l’essai STACCATO, autre stratégie d’interruption programmée de traitement guidée par le taux de CD4+.
Les patients inclus présentaient une charge virale indétectable sous traitement, avec un taux de lymphocytes CD4+ supérieur à 350/mm2 et une absence de mutations de résistance aux antirétroviraux.
Deux bras de stratégie ont été comparés : un bras d’interruption programmée selon le taux de CD4+ (traitement si CD4 inférieurs à 350/mm3, interruption si CD4 supérieurs à 350) avec 284 patients suivis, et un bras de traitement continu, avec 146 patients.
Un troisième bras « une semaine de traitement, une semaine d’interruption » était initialement prévu, mais a été prématurément interrompu à cause d’un nombre important de patients en échec thérapeutique.
Après six mois de traitement selon la stratégie de chaque bras, tous les patients ont été traités en continu pendant 6 ou 12 mois supplémentaires.
En fin d’essai, la proportion de patients avec une charge virale inférieure à 50 copies/mL était identique dans les deux bras (supérieure à 90%).
En revanche, le pourcentage de patients avec un taux de lymphocytes CD4+ supérieur à 350/mm3 était significativement plus bas chez les patients du bras interruption de traitement (60.5% versus 96.2% dans le bras de traitement en continu, p<0.0001).
Enfin, le taux d’épargne de médicaments a atteint 61.5% dans le bras interruption de traitement par rapport au bras de traitement continu après 6 mois d’essai (avant le passage en traitement continu pour tous les patients).
Les effets secondaires de type gastro-intestinal ont été plus nombreux chez les patients traités en continu, tandis que les patients traités séquentiellement ont présenté plus d’épisodes de candidose orale et génitale.
Aucun patient dans les deux groupes n’a développé de pathologie opportuniste et le nombre de patients en échec thérapeutique accompagné de l’émergence de résistances virales est identique dans les deux groupes.
Ces résultats sont donc assez différents de ceux de TRIVACAN et ne corroborent pas ceux ayant conduit à l’arrêt prématuré de SMART.
L’une des explications des auteurs est le choix d’une réinitiation de traitement à partir du seuil de 350 CD4+, et non 250 comme dans les deux autres essais.
Ces résultats amènent donc à relativiser les conclusions de ces deux essais et montrent que sous certaines conditions, il est possible de proposer une stratégie d’interruption de traitement.
Dr Karine Lacombe
Ananworanich J, Gayet-Ageron A, Le Braz M, Prasithsirikul W, Chetchotisakd P, Kiertiburanakul S, Munsakul W, Raksakulkarn P, Tansuphasawasdikul S, Sirivichayakul S, Cavassini M, Karrer U, Genne D, Nuesch R, Vernazza P, Bernasconi E, Leduc D, Satchell C, Yerly S, Perrin L, Hill A, Perneger T, Phanuphak P, Furrer H, Cooper D, Ruxrungtham K, Hirschel B ; Staccato Study Group ; Swiss HIV Cohort Study. Lancet. 2006 Aug 5 ;368(9534):459-65.