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Haïti | Paul Farmer
Huit ans à soigner des sidéens, Margareth est une "accompagnatrice" modèle en Haïti
14 août 2006 (AFP)
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par Clarens Renois
CANGE (Haïti), 14 août 2006 (AFP) - Debout sur le seuil de sa petite maison, Adelyne, 40 ans et séropositive depuis 1999, attend, comme chaque jour, son médicament, dans le village de Cange, à l’est de Port-au-Prince.
Dans ce village, une ONG américaine, "Partners in Health", offre non seulement des soins gratuits aux séropositifs, mais elle assure aussi une prise en charge sociale des malades.
Depuis qu’elle a été placée sous antirétroviraux (ARV), cette femme, mère de deux enfants, respecte scrupuleusement les recommandations du centre de santé communautaire.
Quand Margareth, son "accompagnatrice" travaillant pour l’ONG, arrive, Adelyne sourit timidement, soulagée.
Une petite causerie comme à l’accoutumée et puis Margareth tire de son sac à mains huit pilules qu’elle remet à sa patiente. C’est la prescription quotidienne ordonnée par l’hôpital de Cange aux personnes atteintes du sida que "l’accompagnatrice" doit visiter.
"A force de se voir, on est devenu des copines. Maintenant, elle est comme une soeur pour moi", dit Margareth.
"Je remercie et prie Dieu pour ces gens qui nous aident. Qu’Il les bénisse !" dit Adelyne.
"Au début, j’étais maigre, j’étais très mal, on croyait que j’allais mourir", confesse-t-elle après avoir pris une première dose de pilules.
Le père de ses fils est mort. "On ne sait de quoi", dit-elle. "Je suis tombée malade quelque temps après", ajoute-t-elle la tête baissée, gênée d’en parler.
Après un long séjour à l’hôpital du village, Adelyne vit seule.
"Je consacre mon temps à mes enfants qui, Dieu merci, sont épargnés par la maladie. L’important, c’est ma santé et leur avenir", dit-elle.
L’avenir paraît quand même sombre pour Adelyne qui, non seulement a la charge de ses deux enfants, mais aussi celle de huit personnes dont son père cloué sur un lit.
L’aide, 30 dollars et une aide alimentaire qu’elle reçoit de l’ONG et de l’Onu, est insuffisante mais Adelyne est pleine de reconnaissance.
"Elles font du bon travail, elles sauvent des vies", dit-elle.
Après avoir soigné Adelyne, Margareth poursuit sa tournée et retrouve Mona, 34 ans, mère de six enfants.
Son histoire n’est pas différente de celle des autres femmes du village.
Mariée une première fois, Mona a trois enfants. Seule pour nourrir sa progéniture après le décès de son mari, elle se met en ménage quand elle découvre sa séropositivité. Elle mettra au monde trois autres enfants.