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Vaccin préventif
Vaccin anti-sida : avancée lausannoise
31 août 2006 (Le Temps)
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RECHERCHE. Une équipe du CHUV, emmenée par le professeur Giuseppe Pantaleo, a obtenu des résultats encourageants en première phase de test : 90% des volontaires ont développé une réponse immunitaire. Interview.
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Olivier Dessibourg
« Ces résultats vont au-delà de nos attentes ! » Giuseppe Pantaleo, professeur d’immunologie, et son collaborateur Pierre-Alexandre Bart, du CHUV de Lausanne, s’avouent satisfait des essais d’un vaccin contre le sida menés à Lausanne et à Londres, depuis février 2005, sous l’égide de la Fondation EuroVacc. Il les présente aujourd’hui à Amsterdam, au congrès mondial AidsVaccine’06.
Le Temps : A quelle méthode avez-vous eu recours pour cet essai ?
Giuseppe Pantaleo : Nous avons utilisé deux types de vaccins « préventifs », avec lesquels l’idée est d’« apprendre » à l’organisme à reconnaître l’intrus que serait le VIH lors d’une infection ultérieure, et donc à se défendre contre lui. Le premier vaccin, nommé ADN-VIH-C, est constitué d’un plasmide - une molécule d’ADN située en dehors des chromosomes - sur lequel sont fixés des fragments synthétiques de gènes du VIH. Le deuxième (NYVAC-VIH-C) est composé d’un vecteur viral : il s’agit de l’enveloppe d’un virus rendu inoffensif, dans ce cas celui de la variole. Y sont insérés les mêmes gènes du VIH. Ces deux techniques servent à délivrer un « simili-VIH » dans l’organisme.
Pourquoi utiliser deux types de vaccins différents ?
Afin d’obtenir une protection maximale, il faut procéder à une première injection, puis à un rappel. Mais si le même produit était utilisé deux fois successivement, l’organisme risquerait de développer une réponse immunitaire contre le vecteur viral du premier vaccin. Les effets visés par le rappel seraient alors annihilés.
Comment avez-vous procédé ?
Nous avions 40 volontaires pour cette étude de phase I, destinée à tester l’innocuité des produits. Une moitié recevait d’abord deux injections du vaccin ADN-VIH-C, à 4 semaines d’intervalle. Puis, 14 mois plus tard, deux nouvelles injections avec l’autre vaccin, le NYVAC. La deuxième moitié des sujets ne recevait que ce dernier. L’objectif était donc de vérifier si l’administration du premier vaccin (à ADN) induisait une plus grande réponse des cellules immunitaires (lymphocytes-T) lors de l’injection du NYVAC.
Résultats ?
90% des personnes ayant reçu les deux vaccins ont développé une réponse immunitaire aux fragments de HIV. Or le seuil de satisfaction pour les scientifiques est de 70%. La réponse est donc largement supérieure. De plus, cette réaction de l’organisme est très puissante. Sans vaccin, on estime au mieux qu’une cellule immunitaire sur 100 000 réagit à l’intrusion d’un virus inconnu, comme le VIH. Mais après l’injection de ces deux vaccins, ce taux était d’une cellule sur 100 ! Dernier point crucial : six mois après la dernière injection, la réponse immunitaire restait presque inchangée. Or c’est ce que l’on souhaite pour un vaccin. Ces résultats sont donc très prometteurs. Ils ont déjà été revus par un comité d’experts, qui ont émis un avis positif, et seront soumis à une revue scientifique.
Ce ne sont « que » des essais de phase I. Qu’en est-il de la suite ?
Nous préparons un essai de phase II avec 200 volontaires. Le but : confirmer ces premières données et étudier la tolérance à ces vaccins. Un tel essai est compliqué à organiser, car nous devons le mener là où la souche du VIH que nous ciblons (le type C) est la plus présente. Or c’est dans les pays d’Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est que cette souche définit environ 55% des infections. Puis, si tout se passe bien, dans deux à trois ans, nous passerons à un essai de phase III, visant à évaluer à grande échelle notre vaccin.
Votre équipe n’est pas seule dans la course. Deux autres candidats vaccins, qui visent aussi à stimuler la réponse immunitaire (lymphocites-T) sont déjà en phase II de test. Quel est, en comparaison, l’avantage de votre méthode ?
Les vaccins de Merck et du Vaccine Research Center (VRC) américain utilisent un adénovirus comme vecteur viral pour inoculer les fragments de VIH. Ce sont des virus à ADN responsables d’infections de l’arbre respiratoire (pharyngite par ex.), de l’œil (conjonctivite) ou du tube digestif (gastro-entérite). Or chez les personnes qui auraient déjà « attrapé » un tel virus, et que l’on voudrait vacciner contre le sida, se poserait un problème : leur système immunitaire reconnaîtrait cet adénovirus, base du vaccin, et le détruirait immédiatement, sans laisser à l’organisme le temps de développer une réponse immunitaire contre les bribes de VIH qu’il transporte. Notre méthode n’a pas ce défaut, car le virus utilisé (variole) n’est plus répandu.
Et quels sont ses désavantages ?
Ils sont surtout d’ordre financier : Merck et le VRC ont beaucoup plus de ressources que nous.
Malgré les 15 millions de dollars que vous a alloués la Fondation Gates (lire LT du 20.07.06) ?
Lorsque l’on passe aux essais cliniques, l’augmentation des coûts devient exponentielle. Ainsi, des essais de phase II coûtent au minimum 3 à 4 millions...
Lors de la récente Conférence mondiale sur le sida, les vaccins étaient parfois évoqués avec défaitisme. Qu’en pensez-vous ?
Il y a trois ans, nous ne disposions d’aucun candidat vaccin capable d’induire une immunité. Or aujourd’hui, nous travaillons avec de tels produits. Cela ne veut pas dire qu’ils seront totalement efficaces. Mais ils sont suffisamment intéressants pour qu’on les teste à fond.
Réactions
UWayne Koff, vice-président et chef de la recherche vaccinale à l’International Aids Vaccine Initiative (IAVI)
« Ces résultats sont encourageants. Le taux de réaction de 90% montre que la combinaison des deux approches - vaccin à ADN, puis plasmide (NYVAC) - est fructueuse pour induire une réponse immunitaire efficace. De plus, son maintien après six mois semble aussi dépendre de cette conjugaison de produits, car avec le NYVAC seul, cette réponse ne perdure pas aussi longtemps. Ces propriétés font donc de ce vaccin l’un des candidats les plus sérieux. La prochaine étape est de le tester dans des populations de sujets à hauts risques, afin si possible d’en évaluer les effets cliniques. »
UFrédéric Tangy, directeur de recherches en génomique virale et vaccination au CNRS, Paris
« Ces essais sont intéressants, même si je pense que plusieurs autres études du même genre seront présentées durant ce congrès AidsVaccine’06. 90% de réponse immunitaire : c’est énorme par rapport à ce que l’on a l’habitude d’observer. Ce chiffre inclut peut-être les volontaires qui ont eu une réaction, mais une réaction qui ne s’est pas prolongée. Si tel n’est pas le cas, ces résultats sont importants. Toutefois, six mois de persistence de la réponse immunitaire, ce n’est pas encore suffisant [C’est le temps écoulé à ce jour depuis la fin de l’essai, ndlr.]. D’autre part, il faut se rappeler que les vaccins de ce type n’empêchent pas l’infection par le VIH. Car pour cela, il faudrait qu’ils déclenchent la production d’anticorps neutralisant qui bloqueraient le virus. Ce que parviennent à induire ces vaccins, c’est un contrôle de la charge virale chez les individus infectés. Ce qui, bien sûr, n’est pas négligeable. »
Jean-François Delfraissy, immunologiste et directeur de l’Agence nationale française de recherche contre le sida (ANRS).
« Il faut faire attention dans l’interprétation de ces données : il s’agit dans cet essai de phase I d’une évaluation immunologique de base du vaccin, et non encore d’une vaste étude de vérificiation de son efficacité, qui reste à mener. Mais ces premiers résultats montrent qu’il vaut la peine de mener plus à fond les recherches autour de ce candidat-vaccin. Nous allons d’ailleurs collaborer avec l’équipe du CHUV. »
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Vaccin anti-sida : avancée lausannoise
bonjour je suis seropositif declare avec glanglions sous les esselles fivre pour le momment est ce que votre vaccin serait efficace sur moi je suis daen rance region parisienne...et sinon cmbien de temps reste t’il a vivre au personnes porteuse et inffectees merci pour votre reponse .