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Les Africains sont plus fidèles au traitement anti-VIH que les Canadiens
9 août 2006 (cyberpresse.ca)
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Les Nord-Américains porteurs du virus du sida ne prennent pas tous leurs médicaments antirétroviraux aussi fidèlement que les Africains séropositifs, révèle une étude dirigée par des chercheurs canadiens. Les auteurs de l’étude en concluent que le fait de retarder l’expansion des traitements contre le VIH à l’Afrique subsaharienne sous prétexte que les patients y seraient moins disciplinés dans la prise des médicaments repose sur une notion erronée.
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Analysant près de soixante études sur l’observance thérapeutique au sein des populations au cours de la dernière décennie, les chercheurs ont constaté qu’à peine 55 pour cent des patients canadiens et américains suivaient leur traitement antirétroviral à la lettre, contre 77 pour cent des Africains du Sud du Sahara.
L’étude, qui paraît dans le numéro de mercredi du Journal de l’American Medical Association, n’examine pas les raisons des différences dans l’adhésion au traitement entre les deux continents, mais il y a un certain nombre d’hypothèses, note l’auteur Ed Mills, du Center for International Health and Human Rights Studies, à Toronto.
Celle qui lui paraît la plus pertinente est que les Nord-Américains prennent ces médicaments depuis déjà longtemps, des médicaments qui entraînent d’importants effets secondaires et que parfois, les patients n’en voient plus les avantages immédiats, a-t-il dit mardi.
En Afrique, par contre, les patients séropositifs n’ont le plus souvent accès aux médicaments antirétroviraux que lorsqu’ils arrivent à un certain stade de la maladie (éclosion du sida proprement dit). Une explication possible est qu’ils en voient les avantages immédiats pour eux-mêmes. « Des gens qui étaient alités peuvent subitement retourner au travail, alors qu’autour d’eux, ils voient que les gens qui n’ont pas accès au traitement continuent d’être malades. »
Selon M. Mills, cette étude vient démentir les croyances qu’entretiennent encore certaines organisations internationales, à l’effet que fournir davantage de médicaments aux Africains aux prises avec la pauvreté et un faible niveau d’instruction pourrait être inefficace parce qu’ils ne prendront pas les médicaments tels que prescrits. À son avis, les preuves actuelles ne permettent pas de confirmer ce point de vue.
Commentant l’article de la revue, une directrice du programme de lutte au VIH/sida chez Care Canada, Michelle Munro, a reconnu qu’un changement de façon de penser s’impose.
En Amérique du Nord, les faibles taux d’adhésion au traitement laissent croire que les intervenants en matière de santé doivent déterminer pourquoi les séropositifs canadiens et américains ne suivent pas leurs traitements - et leur donner de l’aide pour leur faciliter la tâche.