Accueil du site > Revue de presse >
États-Unis d’Amérique
Les jeunes Noirs ont 20 fois plus de risque d’avoir le sida
9 juin 2006 (Nouvel Observateur)
Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
Toutes les versions de cet article : français English
Les Noirs américains âgés de 19 à 24 ans ont 20 fois plus de risque d’avoir le sida que les autres jeunes du même âge. C’est le résultat le plus étonnant d’une étude publiée ce mois-ci dans la revue American Journal of Public Health par une équipe de sociologues de l’Université de Washington, à Seattle aux Etats-Unis.
Voir en ligne : Les jeunes Noirs ont 20 fois plus de risque d’avoir le sida
Menée sur 13000 jeunes représentatifs de la population qui ont acceptés de se faire dépister pour le VIH (virus de l’immunodéficience acquise humaine), cette étude montre qu’aux Etats-Unis, toutes origines ethniques confondues, 1 jeune sur 1000 est infecté par le virus du Sida. Mais derrière ce chiffre se cachent de grandes disparités : chez les jeunes Noirs, le nombre de personnes infectées est de 4,9 pour 1000 alors que dans l’ensemble des autres ethnies il est de 0,22 pour 1000.
La prévalence des infections par le VIH a beau être relativement basse chez les jeunes Américains, « les disparités sont très importantes et émergent très tôt dans la vie. Nous ne nous attendions pas à ce résultat, surtout dans cette catégorie d’âge ! » explique Martina Morris, la responsable de cette étude.
Pourtant de telles disparités existent déjà pour d’autres maladies sexuellement transmissibles. Par exemple, il y a 17 fois plus de gonorrhée et 12 fois plus de syphilis chez les Noirs jeunes que les autres jeunes. « Il semble qu’il existe un réseau de transmission du virus qui est particulier à cette population » poursuit Martina Morris. On sait en effet que les Noirs non hispaniques ont beaucoup plus de partenaires sexuels que les autres. Ces comportements accentuent la dissémination du VIH dans ce groupe.
Conclusion : les chercheurs préconisent aux spécialistes de la prévention de se pencher sérieusement sur le problème des partenaires multiples… et de trouver rapidement des solutions pour y remédier.
Véronique Molénat