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Aprés avoir été agressée, la journaliste de Liberté envisage de déposer plainte
22 mai 2006 (El Watan)
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La réponse du ministre est pour moi une seconde offense », atteste Mme Djamila Loukil (Farah Boumediene), en parlant de la mise au point faite par Amar Tou et parue dans le journal Liberté au sujet de l’incident dont il s’était rendu responsable jeudi, en marge de sa visite à Oran.
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« C’est comme si, explique-t-elle, il me prend pour une menteuse ainsi que les gens qui ont assisté à la scène. En plus, hormis sa façon avouée de parler avec les mains, il a omis de mentionner les propos tenus à mon égard (mal élevée, âgouna, etc.) que je considère insultants. »
Aussi, pour elle, contrairement à ce qui a été rapporté dans la mise au point, ce sont bien les membres du protocole qui sont venus la voir pour l’inviter à se rapprocher du ministre après l’incident et maintient que celui-ci n’a pas présenté d’excuses, se contentant de dire, rapporte-t-elle : « C’est ma façon de parler. »
Contactée hier, la journaliste, encore sous le choc, dit vouloir prendre quelques jours de congé, une manière pour elle de prendre du recul à cause également de la pression dont elle fait l’objet. Elle n’écarte cependant pas la possibilité de recourir à la justice. « Je le ferai probablement à mon nom personnel et ce sera un dépôt de plainte symbolique pour ma dignité et celle de la profession que j’exerce. »
Elle le fera aussi, dit-elle, en sa « qualité de femme citoyenne », car elle pense que si elle n’était pas une femme, M. Tou n’aurait pas été aussi loin.
Mais le ministre est un représentant de l’autorité de l’Etat et c’est à ce titre que tout écart de langage, aussi minime soit-il, prend une ampleur particulière.
Il y a quelques années, le président de la République a, lors d’une visite effectuée à Oran, malmené un enseignant universitaire qui se trouvait dans un rassemblement de protestation. L’enseignant en question a dit plus tard avoir vécu un véritable traumatisme.
Pourtant Abdelaziz Bouteflika a, dans l’après- midi de la même journée, présenté des excuses publiques à l’ensemble de la corporation lors du regroupement qui eut lieu ce jour-là.
La journaliste de Liberté n’a pas eu droit à des excuses formulées clairement.
Cela aurait peut-être suffi à calmer quelque peu les choses.
Djamel Benachour
Amar Tou est-il à sa première maladresse ?
A bien lire le démenti publié dans certains journaux par Amar Tou, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, on finirait par admettre que l’information rapportée par la presse concernant l’agression de la correspondante de Liberté, n’était qu’un ragot de journalistes !
« Je n’ai fait que toucher du revers de la main la serviette qu’elle tenait contre elle, en accompagnant les explications que je lui fournissais selon ma façon habituelle bien connue des journalistes... », a écrit le ministre de la Santé dans sa mise au point.
Qui dit vrai ? Amar Tou ou les journalistes qui ont assisté à la scène ?
En toute évidence, vingt professionnels de la presse ne pouvaient pas être pris, à la fois, par un délire hallucinatoire. On serait tenté de croire à la « bonne foi » du ministre s’il en était à sa première maladresse. Sauf que, dans le milieu de la presse, on connaît assez bien Amar Tou. On s’est presque familiarisé avec ses outrecuidances et ses impairs.
A-t-il, un jour, pris au sérieux la question d’un journaliste ? Combien de fois a-t-il répondu aux interrogations de la presse par de pathétiques écarts de langage et combien de fois a-t-il tenu des propos intempestifs ? Une conférence de presse et toute autre sortie médiatique sont des choses très sérieuses pour les prendre à la légère. Elles se préparent avec des spécialistes et l’Algérie en a beaucoup. On n’apporte pas des réponses fantasmatiques à des questions délicates. Et surtout nul, fut-il ministre, n’a le droit d’offenser, de vexer ou d’humilier un journaliste ou tout autre citoyen.
Dans le cas de Amar Tou, ce sont, dans une très large mesure, les femmes journalistes qui sont victimes de ses « mauvaises humeurs ». Des collègues parlent même de « passions machistes » de Amar Tou. De tels comportements et de telles tendances de la part d’un haut responsable de l’Etat dégradent l’image que les citoyens se font de la politique et entament la crédibilité des institutions de la République que ses serviteurs sont censés représenter.
Interrogé par une consoeur sur les stocks de Tamiflu, le ministre, avec son habituelle mine dédaigneuse, a eu une réponse qu’on pourrait qualifier de bizarre et de grossière. « De quoi tu te mêles ? », avait-il répliqué. Une autre le questionna sur le risque de pandémie de grippe aviaire en Algérie. Avec ses manières pour le moins pédantesques, il avait estimé que « les oiseaux migrateurs ne traverseront pas le territoire national ».
Les exemples similaires sont légion tant ce ministre est indélicat. Lors d’une conférence de presse sur la tuberculose, tenue au siège ministère, Amar Tou ne s’est aucunement gêné à discréditer, devant un parterre de journalistes, l’un de ses collaborateurs. Ce dernier était en train de lire le bilan du département de la santé concernant la lutte contre cette maladie avant que le ministre ne « l’invite » à se taire.
N’est-ce pas là une drôle de façon de gérer la communication ?
En tout cas, une telle conduite n’est pas uniquement l’apanage de Amar Tou. D’autres ministres et responsables se sont illustrés par des attitudes similaires.
Tout le monde se souvient du congrès de redressement du FLN tenu à l’hôtel Aurassi. Les violences verbales et physiques ont été monnaie courante. Même dans les stades, nous n’avons jamais entendu autant d’insultes. Quelques jours auparavant, une salle de conférence aux Pins maritimes était transformée en champ de bataille par les « redresseurs ».
La presse garde toujours la photo de Amar Tou fuyant les combats en passant par une « fenêtre de secours ».
Bien qu’on se garde d’analyser la structure caractérielle de chacun, on pourrait présumer que cette façon de communiquer est héritée de l’époque sombre du parti unique.
On ne parlait que pour imposer et on ne s’exprimait que pour interdire, limoger, menacer, condamner...
Et quand la violence physique ou verbale fait partie de la culture des dirigeants, sincèrement on n’a rien à attendre d’une telle « élite politique ».
A. Benchabane
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Aprés avoir été agressée, la journaliste de Liberté envisage de déposer plainte
Quand on place des gugus au QI d’un pré-cromanoïde à des postes à responsabilités, il ne faut pas s’attendre à un comportement digne d’un être civilisé.
What a shame !