Accueil du site > Revue de presse >
Contamination et prévention | Religions
Le pape et le préservatif : vers la levée de l’interdit ?
16 mai 2006 (Jeune Afrique/L’Intelligent)
6 Messages de forum | Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
L’Être suprême mis à part, le Vatican prend souvent des libertés avec l’absolu. « Tu ne tueras point », mais il y a quand même la guerre. Voilà que derrière ses murs tranquilles se manifeste un affrontement entre deux quasi-certitudes : l’une est la vieille interdiction par l’Église de l’usage du préservatif, l’autre, la recommandation plus récente de sauvegarder la vie humaine, du ventre de la mère jusqu’au dernier soupir.
Voir en ligne : Préservatif : vers la levée de l’interdit ?
par IAN FISHER
Au centre de la querelle, depuis des années, le sida. Le pape Benoît XVI a commandé une étude pour savoir s’il serait acceptable que des catholiques utilisent des préservatifs dans des circonstances très particulières : pour protéger la vie dans un mariage au cas où l’un des conjoints serait séropositif. Quelle que soit la décision finale du Saint-Père, beaucoup de prêtres et de leurs ouailles sont sensibles au fait qu’un problème aussi délicat soit soulevé en haut lieu. Mais ils reconnaissent que c’est à bien des égards normal, et particulièrement significatif de la part de Benoît XVI, qui, lorsqu’il n’était que le cardinal Joseph Ratzinger, a rigoureusement fait appliquer aux côtés du pape Jean-Paul II les préceptes de la foi. Certains remarquent que s’il a pu se permettre une telle audace, c’est parce qu’il ne saurait y avoir de doute sur son orthodoxie.
Le seul changement envisagé, semble-t-il, est pour les couples mariés. Toute autre utilisation de préservatifs resterait interdite, de même que les relations sexuelles hors mariage, avec ou sans préservatif. Mais certains dévots se sont déjà étonnés que le pape Benoît XVI se montre un défenseur de la foi moins ferme que ne l’était le cardinal Ratzinger.
Il est trop tôt pour dire jusqu’où ira Benoît XVI. La seule certitude est qu’il a commandé cette étude. Le cardinal mexicain Javier Lozano Barragan, président du Conseil pontifical pour la pastorale de la santé, a indiqué, dans une interview au quotidien La Repubblica, que Benoît XVI avait donné ces instructions il y a deux mois, dans le cadre d’une recherche plus large sur des problèmes bioéthiques. « Mes services y apportent le plus grand soin, aux côtés de scientifiques et de théologiens chargés d’établir sur le sujet un document qui sera bientôt rendu public », a expliqué le cardinal. Assez jésuitiquement, il a fait machine arrière quelques jours plus tard, déclarant à l’agence de presse Zenit : « Nous en sommes à la première étape. Lorsque nous aurons terminé, y aura-t-il un document ? Peut-être que oui, peut-être que non. »
En fait, le débat se poursuit depuis des années. Certains cardinaux et théologiens plaident en faveur des malheureux ménages, où l’un des conjoints est porteur du VIH, au nom de la protection de la vie. D’autres s’indignent qu’on ait l’air de douter des remèdes recommandés par l’Église pour combattre le fléau : l’abstinence et la fidélité conjugale. D’autres facteurs interviennent dans le débat. L’Église fait le plus grand nombre de convertis en Afrique subsaharienne, où l’épidémie de sida cause le plus de ravages. Une grande partie des soins médicaux y sont prodigués par des organisations caritatives catholiques, dont les membres n’ont pas le droit de proposer des préservatifs et sont déchirés entre la fidélité à la doctrine de l’Église et la volonté de prendre des mesures concrètes pour combattre la maladie. Les adversaires de la politique actuelle du Vatican soulignent qu’il y a une contradiction entre, d’une part, la « défense de la vie », l’opposition à l’avortement, à l’euthanasie et à la peine de mort, et, d’autre part, le rejet du préservatif, qui, selon les médecins, est la meilleure protection contre le VIH-sida.
Mais la résistance au changement est profondément ancrée dans les esprits. On s’oppose à tout ce qui porterait atteinte à l’encyclique Humanae Vitae, publiée en 1968 par Paul VI, qui interdit la contraception, et l’on craint qu’une exception accordée pour le sida ne soit considérée comme un encouragement à un usage généralisé du préservatif. Le cardinal Carlo Maria Martini, ancien archevêque de Milan et porte-parole du courant réformateur, a débattu du problème dans un entretien avec le bioéthicien Ignazio Marino publié le 20 avril par l’hebdomadaire L’Espresso. « Il est certain, disait-il, que l’utilisation du préservatif peut, dans certains cas, constituer un moindre mal, et notamment lorsque l’un des époux est porteur du VIH. » Mais il ajoutait qu’il fallait « veiller à ne pas rejeter au second plan d’autres moyens moralement défendables, tels que l’abstinence ».
Le débat se situe à deux niveaux : l’un, théologique et moral, met en cause la doctrine de l’Église ; l’autre, politique, se place sur le plan des relations publiques. Les arguments moraux remontent à deux millénaires, à l’idée que l’Église a la responsabilité, dans des cas difficiles, de recommander le choix du « moindre mal ». S’agissant des préservatifs, il faut admettre que lorsqu’un des époux est porteur du VIH, le moindre mal peut être d’en conseiller l’utilisation pour éviter une autre infection mortelle, si le couple a décidé de ne pas pratiquer l’abstinence. On ne juge pas, alors, qu’il est moralement bien ou mal de l’utiliser, on dit seulement à l’utilisateur que c’est un moindre mal, mais que cela reste mal. Autre argument : « l’autodéfense ». Le conjoint sain peut exiger l’utilisation du préservatif comme un moyen légitime de se protéger contre l’infection. Ou bien le préservatif peut être considéré plus comme une intervention médicale que comme un moyen contraceptif. Certains soulignent aussi que mettre un préservatif est un choix et qu’il faut donc prendre en compte l’intention.
Au-delà de toutes ces subtilités théologiques, des catholiques plus réalistes rappellent que Richard Nixon a envoyé Henry Kissinger chez Mao Zedong sans consulter personne et s’en est bien trouvé : Benoît XVI peut donc faire accepter un certain usage du préservatif sans être excommunié.
Forum de discussion: 6 Messages de forum
-
Le pape et le préservatif : vers la levée de l’interdit ?
IL EST GRAND TEMPS que l’église romaine actualise ses idées. Je ne lui demande pas de prôner des principes de "lubricité" (lol) contraire à ses valeurs mais seulement de participer à LA VIE DES HOMMES de manière positive.
-
Le pape et le préservatif : vers la levée de l’interdit ?
IL EST GRAND TEMPS que l’église romaine actualise ses idées. Je ne lui demande pas de prôner des principes de "lubricité" (lol) contraire à ses valeurs mais seulement de participer à LA VIE DES HOMMES de manière positive. http://www.santeducation.com/
-
Le pape et le préservatif : vers la levée de l’interdit ?
mon cher ami
dans aucuns articles le pape n’a jamais dit qu’il était contre le préservatif. il met simplement en garde contre le fait que ce n’est pas forcément évident que ce soit le moyen le plus efficace et que de toute facon il ne faut pas occulter les autres moyens. Le préservatif n’est qu’un moyen de lutte mais ne s’attache pas à lutter contre les bases du problème et ca on ne veut pas en parler. Sur le reste je sui sd’accord avec toi ol
-
Le pape et le préservatif : vers la levée de l’interdit ?
Salut a tous quand je lis ça je ne comprends pas, pourquoi les associations caritative catholiques n’ont pas le droit de prescrire de préservatifs ? Sinon ça fait combien de temps qu’on utilise des preservatifs ? Le sida en est a combien de victimes ? Il y aura encore combien de millier de morts pour que le pape se bouge un peu plus pour sauver des vies ?
-
Le pape et le préservatif : vers la levée de l’interdit ?
Le Pape, que dis je, les Papes ont toujours pronés que l’eglise ne reconnait pas la copote. Pour eux il s’agit de ne pas forniquer avant le mariage. Seul le mariage autorise des relations sexuelles et cela dans le but d’enfanter. D’ailleurs l’eglise dit aux postulants au mariage qu’ils ne devraient pas utiliser des moyens artificiels pour empecher la grossesse. Soyons serieux, c’est quelle facon de reflechir et/ou raisonner a nos jours. L’evolution du monde ne se conformera pas a une religion, c’est plutot les religions qui sont arrivees a un moment donné de l’histoire de l’humanité, qui se mettront au pas de la science, de l’evolution. Sinon, les religions vont disparaitre. Ouvront les yeux et regardons honnetement ou l’on va avec ces methodes archaiques de penser.
-
Le pape et le préservatif : vers la levée de l’interdit ?
-
Le pape et le préservatif : vers la levée de l’interdit ?
-
Le pape et le préservatif : vers la levée de l’interdit ?
Le sexe du pape.
Pourquoi ce fait de société sanitaire et tragique intéresse-t-il tant la religion ?
Valeurs morales et schizophrénie : Document source : La schizophrénie, la comprendre pour mieux la vivre ; par le Dr Antoine Lesur aux Ed Prélapse (Laboratoire pharma Lundbeck). « La désorganisation que cause la maladie s’accompagne d’interrogations incessantes sur sa propre identité, sur les valeurs morales (le Bien, le Mal, Dieu et le Diable), sur la sexualité etc... Perdus sans repères, les schizophrènes peuvent être attirés par l’ésotérisme, la magie, voire les sectes à la recherche d’un absolu en fait inaccessible. »
Etre en schizophrénie, c’est vivre en totale irréalité. Les considérations sur les faits de société -les plus tragiques soient-ils- sont exclues du champ de compréhension du monde schizophrène : les délires de pureté, de chasteté, de refaire le monde à son image... .
Schizo/religion, même maladie, même combat de santé publique. Il est temps de faire de la prévention : Qui répondra enfin à cette question : Quelles différences faites-vous entre les relations dites « mystiques » venant de l’au-delà : contacts prophétiques, apparitions, voix intérieures d’avec les manifestations hallucinatoires psychotiques, quelles soient visuelles, auditives, de sensations intérieures... ?
L’omerta sur la schizophrénie : en Europe cette maladie psychique fait plus de dégâts que le sida. N’attendez pas le désastre, il est déjà là...
Malades schizophrènes et parents assujettis : nous ne sommes plus les dégâts collatéraux des croyances et religions, ni ses béquilles. Que chacun en prenne conscience.
La schizophrénie : http://champion20.monsite.orange.fr