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Suisse : Sidéens sauvés par l’Etat
11 avril 2006 (Le Matin (Lausanne))
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Trois personnes séropositives n’ont pas pu obtenir des médicaments vitaux car elles n’avaient pas payé leurs primes. L’Etat met en place un dispositif pour sauver leur vie
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par FABIANO CITRONI
GENEVE — Le Groupe sida Genève crie au scandale après avoir appris que des pharmacies genevoises ont refusé de délivrer des médicaments vitaux à trois personnes séropositives qui n’avaient pas payé leurs primes. « Les pharmaciens sont pris en otage par les assureurs maladie, qui sont les principaux responsables de cette situation », estime la porte-parole du Groupe sida, Deborah Glejser. Depuis le 1er janvier et la modification de la loi sur l’assurance maladie (LAMal), les caisses peuvent suspendre la prise en charge des coûts de prestations si l’assuré ne paie pas ses primes ou ses participations aux coûts. »
Avant la modification de la LAMal, l’assurance était obligée de payer, même si l’assuré n’honorait pas ses primes. Une fois que ce dernier était déclaré insolvable, l’Etat prenait le relais et remboursait les assureurs. « Aujourd’hui, il peut s’écouler des mois entre la suspension des paiements par l’assurance et la prise en charge de l’assuré par l’Etat », explique Deborah Glejser. « Comment un patient peut-il payer 2000 fr. par mois pour une trithérapie ? Il est obligé d’arrêter son traitement. »
Or, le conseiller d’Etat genevois François Longchamp le rappelle, « prendre les médicaments est vital. Les premières personnes touchées par la modification de la LAMal sont celles pour qui la prise de médicaments est une question de vie ou de mort. C’est à vomir », confie le patron de la Solidarité. Avec Pierre-François Unger, chef de la Santé, il a créé en quelques heures « un dispositif pour sauver des vies ». Ainsi, dès lundi, toutes les personnes se trouvant en situation de suspension de prestations, recevront des médicaments à l’Hôpital cantonal.
« Les personnes séropositives coûtent plus qu’elles ne rapportent. Raison pour laquelle les assureurs s’en prennent à elles », se fâche François Longchamp. Porte-parole de Santésuisse, qui représente les intérêts des assureurs, Nello Castelli précise que « les caisses ne font qu’appliquer la loi. Mais nous sommes sensibles à ce problème. En Valais, par exemple, nous avons eu plusieurs discussions avec le Département de la santé. A Genève, le gouvernement aurait peut-être dû assurer plus rapidement la prise en charge des personnes séropositives ne payant pas leurs primes. »