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Chine
La Chine lutte contre les préjugés dont souffrent les malades du sida
1er mars 2006 (Xinhuanet)
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CHENGDU, 1er mars (XINHUANET) — En Chine, le sida a longtemps été considéré comme une maladie honteuse, synonyme de "mauvaise vie", les gens ignorant tout ou presque de son mode de transmission.
Li Bencai a été contaminé par la maladie après avoir vendu son sang illégalement en 1995. Il est retourné à Gongmin, sa ville natale, l’année qui a suivi l’annonce du diagnostic.
Gongmin, dans la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine), est devenue tristement célèbre non pour ses paysages mais pour les 24 personnes qui y sont mortes du sida en 1995.
Yang Xinhua, qui tient un salon de thé dans le centre de Gongmin, se souvient de la panique qui régnait alors dans la ville.
10 ans après sa contamination, Li Bencai est sous traitement anti-viral pour renforcer son immunité et il a déclaré à Xinhua avoir encore plus la rage de vivre qu’avant.
En 2002, le gouvernement chinois a fait de Gongmin une ville- pilote des soins aux malades du sida, une idée qui s’inscrit dans le cadre du Projet Chine-Royaume Uni de soins et de prévention contre le sida.
Le but est de créer un environnement sans discrimination vis-à- vis des sidéens et des porteurs du HIV et de les aider à vivre une vie normale.
Pour Zheng Shifan, en charge du projet au département de Santé publique du Sichuan, cela a permis de développer la prévention non seulement dans les médias mais aussi de la part des officiels et du corps médical. Dans les villages, des officiels et des docteurs mangeaient en public des pains vapeur préparés par des malades, un bon moyen de montrer à la population que des contacts normaux avec des porteurs du virus ne les contamineraient pas.
Une nouvelle loi, Réglementations sur le contrôle et la prévention du sida, est entrée en vigueur mercredi. Zheng est convaincu qu’elle aidera à vaincre les discriminations dont sont victimes les malades du sida en Chine.
Cette loi stipule que toute discrimination à l’égard des malades et de leur famille est interdite, que ce soit au travail ou dans le quotidien et que ces personnes bénéficient d’une protection légale en ce qui concerne le mariage, l’emploi, les soins médicaux et l’éducation scolaire.
"Malgré l’entrée en vigueur de cette loi, il faudra attendre longtemps pour en voir les résultats car les mentalités seront longues à changer", estime Li Yingsheng, sociologue à l’Université du peuple de Chine, située à Beijing.
Mais ce changement se produira.
Sur la carte de visite de Li Bencai figure, à côté de son titre professionnel, sa qualité d’"informateur sur le sida". Il a même autorisé l’agence Xinhua à le citer sous son vrai nom dans cet article comme dans d’autres, une chose inimaginable il y a peu de temps encore.
Selon le ministère de la Santé, il y a environ 650 000 porteurs du VIH en Chine, dont 75 000 malades du sida. Fin