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Essais cliniques et recherche fondamentale
25 ans après, la science peine toujours à vaincre le sida
27 février 2006 (Menara)
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Vingt-cinq ans après l’émergence du sida, la communauté scientifique reconnaît l’ampleur considérable du défi pour mettre au point un vaccin capable de contrer un virus évolutif ou des médicaments pouvant guérir l’infection
Le virus HIV responsable du Sida
Créer un vaccin pour empêcher la transmission du virus de l’immunodéficience humaine (HIV) ou tout au moins en limiter le potentiel pathogène (...) représente l’un des plus grands défis de notre époque", a lancé Bette Korber, une chercheuse des Laboratoires Nationaux de Los Alamos (Nouveau-Mexique, sud-ouest) dans son discours d’ouverture devant la 13e conférence annuelle sur les rétrovirus (CROI).
"Le virus est extraordinairement divers dans le monde, évolue rapidement même chez un seul individu infecté et effectue des mutations pour échapper aux défenses immunitaires de l’organisme lors d’une même infection", a-t-elle poursuivi devant les quelque 3.900 chercheurs et médecins mondiaux réunis du 5 au 8 février à Denver (Colorado, ouest) pour la principale conférence scientifique sur le sida.
"Je pense que nous avons besoin de nouvelles idées pour combattre une maladie contre laquelle il n’existe toujours pas de vaccin efficace", a pour sa part observé le Dr. Stephen O’Brien, un chercheur au laboratoire d’étude de la diversité du génome humain à l’Institut National du Cancer, lors d’une conférence de presse en marge de la conférence du CROI.
"Nous ne disposons pas de médicaments pour guérir cette infection et les antirétroviraux que nous avons développés" pour réduire efficacement la charge virale "produisent des effets secondaires" sérieux de toxicité ainsi qu’au niveau cardiaque et du métabolisme, a-t-il poursuivi.
"Et tout cela ne peut être satisfaisant pour les 40 millions de personnes infectées dans le monde" dont 3 millions meurent chaque année, a ajouté ce chercheur en exprimant l’espoir qu’un jour les recherches en cours déboucheront sur des percées majeures permettant de vaincre cette pandémie.
Plus de 90% des cas d’infections interviennent dans les pays en développement dont surtout en Afrique subsaharienne où la pauvreté et le manque d’infrastrutures médicales rendent très difficile l’accès à des trithérapies antivirales permettant de contenir le virus.
La quête acharnée pour trouver un vaccin a donné lieu à une soixantaine d’essais cliniques depuis ces dernières années dans le monde pour tester quelque 30 candidats. En mai 1997, le président Bill Clinton avait fait de la mise au point d’un vaccin dans les dix ans une priorité nationale américaine.
Une des pistes potentiellement prometteuses pour produire un vaccin protégeant contre toutes les variétés du virus consiste à détecter des fragments ou "épitopes" communs au plus grand nombre possible de souches du HIV capables d’activer l’immunité cellulaire contre ce pathogène extrêmement variable.
"Les résultats théoriques laissent penser qu’un petit nombre de protéines pourraient avoir le potentiel de fournir une protection globale contre le HIV", a noté Bette Korber.
Pour sa part l’Institut Pasteur, qui travaille aussi dans cette direction, a lancé un projet financé en partie par l’Institut national américain de la santé visant à élaborer un vaccin anti-sida à partir du vaccin contre la rougeole dont le génome du virus atténué est combiné avec deux ou trois gènes du HIV.
L’avantage de cette approche est le prix modéré de production d’un vaccin, idéal pour les pays en développement les plus touchés par le sida, souligne Pasteur.
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