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Une piste pour la recherche contre le sida : les interruptions de traitement
17 février 2006 (Le Figaro)
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C’était une bonne cuvée où les recherches françaises ont été particulièrement représentées », se réjouit le professeur Jean-François Delfraissy, le directeur de l’ANRS (Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales), en présentant les grands thèmes abordés à la conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes qui s’est terminée le 8 février à Denver, aux Etats-Unis.
Avec plus de 40 millions de personnes infectées par le virus dans le monde, dont 90% dans les pays du Sud, la quête de nouveaux traitements efficaces (1) mais aussi plus accessibles est plus que jamais d’actualité.
De nombreuses communications ont été consacrées aux essais d’interruption de traitement, une stratégie visant à réduire l’importance des effets secondaires chez des malades obligés de prendre ces médicaments à vie. Une perspective très dure. « Mais il faut bien comprendre que, pour l’instant, de tels essais programmés restent du domaine de la recherche », prévient le professeur Jean-Michel Molina (spécialiste en maladies infectieuses à l’hôpital Saint-Louis, Paris).Plusieurs stratégies d’essais d’interruption ont été présentées.
L’essai Smart, le plus important au monde avec 5 472 patients, a comparé un traitement antirétroviral en continu à une cure en discontinu. Les malades reprenaient leurs médicaments lorsque leurs lymphocytes CD4 (la cible préférentielle du virus) passaient en dessous d’un seuil de 250 par mm3. Mais cet essai a dû être interrompu prématurément du fait d’un trop grand nombre de décès (près de trois fois plus), surtout durant les deux premières années.Constatations assez similaires pour l’essai Trivacan réalisé par l’ANRS en Côte d’Ivoire depuis la fin de 2002.
Les patients, tous sous antirétroviraux depuis au moins six mois, ont été séparés en trois groupes, l’un avec un traitement en continu, le deuxième traité là aussi à la carte (on l’arrête quand les CD4 remontent à 350, on le reprend quand ils passent sous la barre des 250) et un troisième avec des pauses thérapeutiques très codifiées (tous les deux mois) entrecoupées de cures de quatre mois. Mais cet essai a dû lui aussi être arrêté en octobre 2005. Car le nombre de complications graves (surinfections bactériennes invasives) était deux fois et demie plus élevé dans le deuxième groupe. En revanche, les deux autres « bras de l’essai » se poursuivent.