Accueil du site > Revue de presse >
Chine
Sida : la situation en Chine s’aggrave
31 janvier 2006 (AFP)
Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
Voir en ligne : Sida : la situation en Chine s’aggrave
PEKIN (AFP) - L’épidémie du sida progresse en Chine, avec 70.000 nouveaux cas recensés en 2005, ont averti mercredi le gouvernement et les organisations internationales, en dépit d’une révision à la baisse du nombre de séropositifs à 650.000.
"Ne commettez pas d’erreur, l’épidémie de sida en Chine s’aggrave", a déclaré le représentant en Chine de l’OMS, Henk Bekedam, à l’occasion d’une conférence de presse conjointe avec le ministère de la Santé et l’Onusida.
"Avec une estimation de 70.000 nouveaux cas, l’épidémie ne montre aucun signe de diminution", a-t-il dit.
Une étude réalisée conjointement par le ministère de la Santé, l’OMS et l’Onusida, la première du genre, a revu à la baisse le chiffre officiel précédent de 840.000 séropositifs, surestimé, à 650.000.
Selon le vice-ministre de la Santé, Wang Longde, la principale raison est que l’étude précédente, datant de 2003, avait surévalué le nombre de personnes contaminées pour avoir vendu leur sang dans les années 1990, un scandale qui a touché en particulier la province du Henan (centre).
"Cela peut conduire certains à croire que la situation s’est améliorée. Ce n’est pas le cas", a précisé M. Bekedam. "Avec une estimation de 70.000 nouveaux cas l’année dernière, nous craignons que le nombre de nouvelles personnes infectées cette année soit encore plus élevé", a-t-il poursuivi.
Des responsables du ministère chinois de la Santé, présents à la conférence de presse, ont indiqué qu’il y avait eu entre 60.000 et 80.000 nouveaux cas l’année dernière, la plupart étant soit des drogués soit des personnes qui ne se protègent pas lors de rapports sexuels.
Le plus préoccupant, ont-ils noté, est que ces derniers dépassent désormais les premiers, ce qui montre que l’épidémie progresse des groupes à risque vers l’ensemble de la population.
Environ 25.000 personnes sont mortes du sida en 2005, dont 10.000 étaient des paysans pauvres contaminés dans les années 1990 après avoir vendu leur sang.
La conscience du danger en Chine est encore "trop faible", a jugé M. Bekedam, ajoutant que certains peuvent même aller jusqu’à dire qu’elle est "dangereusement faible".
"Les campagnes de sensibilisation doivent être renforcées rapidement et de manière significative dans tout le pays pour atteindre non seulement les groupes à risque, mais aussi l’ensemble de la population", a-t-il dit. "Se sentir trop confiant serait une erreur et il n’y a pas de temps à perdre", a-t-il ajouté.
"Chaque jour, la Chine a 200 nouvelles personnes infectées. La situation est encore très grave. Le sida est très proche de chacun d’entre nous", s’est inquiété Wang Longde.
Pour aider à lutter contre l’épidémie, Joel Rehnstrom, coordonnateur du programme Chine de l’Onusida, a appelé Pékin à généraliser le dépistage gratuit, "volontaire et confidentiel". "C’est important pour encourager les gens à passer les tests et à se soigner", a déclaré M. Rehnstrom.
Wang Longde a affirmé que le gouvernement étudiait la mise en place d’une campagne nationale de dépistage gratuit.
Selon les experts internationaux, les efforts des autorités en matière de sensibilisation ne sont pas à la hauteur de la gravité de la situation.
En 2005, le ministère chinois de la Santé a consacré un peu plus de 800 millions de yuans (97 millions de dollars) à la lutte contre le sida, un chiffre en stagnation par rapport à 2004.
En novembre, le ministre chinois de la Santé, Gao Qiang, a assuré vouloir encourager le dépistage du sida et réaffirmé que son pays était capable de contrôler l’épidémie.
"Selon notre plan d’action, le nombre de séropositifs devrait être inférieur à 1,5 million en 2010", avait-il dit.