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Chiffres du sida | Politiques de santé
En France, 1 nouveau séropositif sur 3 est d’origine subsaharienne
29 novembre 2005 (Le Monde)
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L’institut de veille sanitaire (InVS) estime à "environ 7 000" le nombre de séropositivités découvertes au cours de l’année 2004. Ce chiffre, publié mardi 29 novembre dans un numéro spécial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire, est extrapolé à partir des notifications effectuées dans le cadre de la déclaration obligatoire du virus du sida (VIH), mise en place en mars 2003.
Une personne ayant découvert sa séropositivité en 2004 sur quatre a été contaminée lors d’un rapport homosexuel. Une nouvelle séropositivité sur trois concerne une personne originaire d’Afrique subsaharienne, et qui, "dans la majorité des cas", est une femme.
"Les personnes migrantes en France, particulièrement celles originaires d’Afrique subsaharienne, représentent une part croissante des personnes vivant avec l’infection et des nouveaux diagnostics", notent Stéphane Le Vu, Florence Lot et Caroline Semaille, tous trois de l’InVS. La part des étrangers parmi les consultants a augmenté de 66 % entre 2000 et 2004. Les immigrés, notamment ceux originaires d’Afrique subsaharienne, "qui représentent environ 1 % des habitants de 18 ans ou plus en France en 2004, sont presque cinq fois plus nombreux parmi les consultants des centres de dépistage anonyme et gratuit", indiquent les chercheurs de l’InVS. Ces consultants sont plutôt plus âgés et en situation plus précaire que les consultants français.
L’analyse des motivations de ces consultations met en évidence chez les personnes originaires d’Afrique subsaharienne une démarche liée le plus souvent à une prise de risque ponctuelle (rapport non protégé), avec une difficulté à évaluer le danger. La prévalence des diagnostics positifs parmi les personnes se faisant dépister dans les centres de dépistage anonyme et gratuit était de 0,51 % pour l’ensemble des consultants. Elle atteignait 2,61 % pour l’ensemble des immigrés et 4,78 % pour ceux originaires d’Afrique subsaharienne. Ces données "confirment l’importance des interventions de prévention et la nécessité du dépistage dans la population immigrée d’Afrique subsaharienne", analysent les auteurs.
Ces chiffres montrent bien l’importance de l’épidémie dans cette partie de la population vivant en France. L’augmentation du nombre de personnes originaires d’Afrique subsaharienne consultant en centre de dépistage anonyme et gratuit reflète sans doute aussi le fait que "ces structures sont mieux connues de cette population, grâce peut-être aux campagnes d’incitation des pouvoirs publics" et à l’action des associations. L’adhésion au dépistage en France passe par la notion que le traitement existe et est accessible en cas de séropositivité. Pour les chercheurs de l’InVS, "la cohérence des actions de prévention repose également sur la politique d’accès aux droits sociaux et aux soins". Une manière de mettre en garde contre la stigmatisation qui pourrait résulter de la publication de ces données.
Paul Benkimoun