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Algérie
Le virus du sida continue à faire des victimes en Algérie
22 novembre 2005 (La Tribune (Alger))
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Par Karima Mokrani
Le virus du sida continue à faire des victimes en Algérie. Le manque de structures spécialisées dans la prise en charge des personnes vivant avec le virus, ajouté au problème récurrent de l’ignorance par certaines victimes de leur sérologie, n’augurent pas une évolution positive dans les programmes et campagnes de prévention. Les professionnels de la santé appellent les pouvoirs politiques et l’ensemble des représentants de la société civile à prendre plus au sérieux le problème. En effet, indiquent les derniers chiffres annoncés par le Pr Dif de l’hôpital El Kettar à Alger, président du Comité national de lutte contre cette maladie infectieuse, 34 nouveaux cas de sida et 147 séropositifs sont enregistrés en Algérie depuis le début de l’année en cours. Ce qui porte le nombre total des victimes à 676 cas de sida et 1 868 séropositifs depuis l’apparition de cette maladie en Algérie. Des chiffres très inquiétants qui, de surcroît, ne reflètent pas toute la réalité puisque, comme il est mentionné plus haut, certains séropositifs ignorent qu’ils sont porteurs du virus. Le dépistage n’est pas obligatoire. C’est là tout le problème. La directrice de la prévention du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière estime d’ailleurs le nombre réel des victimes à près de 800 cas de sida et 2 000 cas de séropositifs. Pour sa part, le Pr Dif estime l’incidence moyenne à 0,07%. Par ailleurs, l’Algérie ne dispose que de sept centres spécialisés dans le traitement de cette maladie (Alger, Oran, Sétif, Constantine, Annaba et Tamanrasset, ainsi que l’hôpital militaire). Un nombre très insuffisant par rapport aux besoins de la population, et aux problèmes d’éloignement. Le Pr Dif assure toutefois qu’en Algérie il n’y a plus de problème d’accès aux soins nécessaires pour ces malades : « Toutes les personnes qui se présentent aux sept centres ont accès au traitement nécessaire » contrairement à ce qui est constaté dans d’autres pays à travers le monde. En effet, « seuls 10 à 12% des personnes vivant avec le virus du sida ont accès aux antirétroviraux dans le monde. Elles ne sont que de 5% dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (MENA) », indique un représentant de l’organisme chargé de la mise en œuvre et du suivi du programme de lutte contre le sida dans la région MENA (ONUSIDA). Le problème dans notre pays se pose beaucoup plus en termes de prévention : « Les associations des victimes ne peuvent pas faire grand-chose si elles ne sont pas soutenues par les pouvoirs publics et aussi par les représentants de la société civile. Nous devons tous contribuer, chacun selon ses moyens, à prévenir les risques d’infection en sensibilisant davantage les jeunes et moins jeunes », confie un membre de l’association « El Hayat », la première association algérienne des personnes vivant avec le virus du sida. Force est de reconnaître que les campagnes de sensibilisation et de prévention contre cette maladie ne reviennent qu’occasionnellement. Des campagnes sporadiques qui donnent très peu de résultats sur le terrain.
L’autre problème concerne l’insertion sociale des victimes, souvent mal vues par la société. Lutter contre la discrimination s’avère donc la meilleure façon d’aider ces personnes à retrouver leur place dans la société. L’initiative prise récemment par le ministre de l’Emploi et de la Solidarité nationale, M. Djamel Ould Abbes, et qui consiste à faciliter aux personnes vivant avec le virus du sida, l’accès aux postes d’emploi et aux micro-crédits pour la création de petites entreprises, mérite dans ce sens d’être encouragée. On apprend à ce propos que les trois agences de l’emploi, dépendantes de ce ministère, à savoir l’Agence du développement social (ADS), l’Agence nationale de soutien à l’emploi de jeunes (ANSEJ) et l’Agence nationale de gestion du micro-crédit (ANGEM) ont reçu la directive de faciliter la tâche aux postulants. Reste cependant la vérification de cette directive sur le terrain. Rappelons qu’un atelier régional pour l’habilitation et l’appui des personnes vivant avec le VIH/sida en Afrique du Nord et au Moyen-Orient a été organisé au Centre international de presse (CIP) de dimanche dernier à hier. Entre autres objectifs assignés à cette rencontre, créer un espace de libre expression et d’échange entre les PVVIH, identifier leurs besoins prioritaires, mobiliser les partenaires au niveau national et régional…
K. M.