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Aide-mémoire ONUSIDA : Moyen-Orient et Afrique du Nord 2002
1er décembre 2002 (ONUSIDA)
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Malgré l’apparition récente du VIH/SIDA au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la tendance semble indiquer une hausse des taux d’infection à VIH dans plusieurs endroits, même s’ils restent encore extrêmement bas dans la plupart des pays. La dénégation qui persiste parmi les responsables sociaux et politiques de certains pays offre à l’épidémie un terrain idéal pour poursuivre sa propagation.
Les données disponibles suggèrent une augmentation des taux d’infection à VIH et on estime que 83 000 personnes ont contracté le virus en 2002. Ce chiffre porte à 550 000 le nombre estimatif des personnes vivant avec le VIH/SIDA. L’épidémie a tué quelque 37 000 personnes en 2002.
Pourtant, les services de surveillance systématique demeurent insuffisants, ce qui rend particulièrement difficile la définition de tendances précises. Il est possible que des épidémies cachées se propagent dans la région. Une amélioration des systèmes de surveillance (tels que ceux qui ont été introduits en Iran, Jordanie, Liban et Syrie) permettra à un plus grand nombre de pays de suivre avec précision l’évolution de l’épidémie et de mettre en place des ripostes efficaces.
Des flambées importantes d’infection à VIH parmi les consommateurs de drogues injectables se sont produites dans la moitié environ des pays de la région, notamment en Afrique du Nord et en République islamique d’Iran.
En Iran, la majeure partie de la transmission du VIH se produit parmi les quelque 200 000 à 300 000 consommateurs de drogues injectables du pays, dont on pense qu’un pour cent environ vivent avec le VIH. Les comportements à haut risque sont répandus dans cette population en majorité masculine ; la moitié environ des consommateurs utilisent leur matériel d’injection en commun et un nombre équivalent d’entre eux auraient des relations sexuelles extraconjugales. Selon certaines estimations, un pourcentage important d’entre eux (plus de 30%) sont mariés. Pourtant l’utilisation du préservatif est très rare.
De plus, on pense que 10% environ des détenus s’injectent des drogues et plus de 95% d’entre eux utilisent leurs seringues en commun. La prévalence du VIH parmi les consommateurs de drogues injectables détenus était de 12% en 2001.
Si les pays n’introduisent pas rapidement des programmes de réduction des risques et d’autres services de prévention à l’intention des consommateurs de drogues injectables, l’épidémie pourrait augmenter considérablement et se répandre dans la population générale.
Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ainsi que les professionnel(le)s du sexe et leurs clients figurent parmi les autres groupes infectés. Au Maroc, le Programme national de lutte contre le SIDA a noté une prévalence relativement élevée des autres infections sexuellement transmissibles, signe que les rapports sexuels non protégés sont plus courants qu’on ne l’imaginait.
Dans l’ensemble, la nécessité d’accroître, d’intensifier et d’élargir les activités de prévention est maintenant mieux reconnue dans la région. Certains pays élaborent des ripostes potentiellement vigoureuses, par exemple, la mobilisation des organisations non gouvernementales autour des programmes de prévention au Liban et des activités pour un moindre mal parmi les consommateurs de drogues injectables en République islamique d’Iran.
Une tendance à exagérer les effets protecteurs du conservatisme social et culturel continue à entraver une riposte adéquate. En l’absence d’une plus grande ouverture, d’un engagement politique et d’une amélioration des programmes de prévention, un accroissement de la propagation du VIH/SIDA est prévisible.
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| Aide-mémoire ONUSIDA : Moyen-Orient et Afrique du Nord 2002 (PDF, 68.2 ko) |