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Médicaments génériques | Philippe Douste-Blazy
Paris coopère à la production de génériques par les pays du Sud
8 octobre 2004 (Le Monde)
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"Il ne faut pas que les génériques produits au Sud puissent revenir au Nord par des marchés parallèles qui viendraient tuer notre industrie pharmaceutique", précise néanmoins le ministre de la santé, Philippe Douste-Blazy.
Le ministre de la santé, M. Philippe Douste-Blazy, a annoncé, mercredi 6 octobre, à Brasilia, l’intention de la France d’accélérer la transposition en droit français de l’accord qui avait été signé le 30 août 2003 par tous les pays de l’OMC, destiné à aider les pays en voie de développement à produire leurs propres génériques.
M. Douste-Blazy a fait cette annonce lors d’une rencontre avec le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva. "La transposition dans le droit français se fera dès le premier semestre 2005", sans attendre la décison de Bruxelles, a-t-il précisé.
Parmi les pays riches, seuls le Canada et la Norvège ont déjà transposé cet accord dans leur droit, a affirmé M. Douste-Blazy, ajoutant que la France devenait ainsi le premier pays de l’Union européenne à "montrer l’exemple".
L’accord de l’OMC autorise un pays qui a besoin d’un médicament et qui n’en dispose pas à demander une licence obligatoire au pays détenteur du produit, et à utiliser cette licence pour produire lui-même le médicament ou le faire produire, dans un pays tiers après appel d’offre.
"EN FINIR AVEC LA CHARITÉ"
Autrement dit, "aujourd’hui, pour faire des médicaments, il faut acheter des brevets. Grâce à l’accord une fois transposé dans notre droit, les brevets français de certains médicaments indispensables seront gratuits. Les génériques seront donc beaucoup moins chers à produire", a expliqué M. Douste-Blazy à la presse.
Par exemple, les antirétroviraux, contre le sida, coûtent entre 10 000 et 12 000 dollars par an et par personne (soit 8 100 à 9 800 euros). Leurs génériques reviennent entre 200 et 300 dollars par an et par personne (soit 160 à 240 euros).
A l’issue de l’entretien qu’il a eu avec M. Douste-Blazy, le président brésilien a affirmé à la presse que "tous les accords possibles doivent être établis pour aider les pays les plus pauvres". Ces accords sont, pour lui, "un moyen concret de changer de méthodes dans l’aide internationale aux pays pauvres, et en finir avec la charité".
Pour M. Douste-Blazy, la décision française sur ces brevets permettra au Brésil de répondre à de graves problèmes de santé publique (on compte notamment dans le pays environ 600 000 séropositifs), et en même temps lui permettre de décoller économiquement en développant son industrie.
Lors d’un autre entretien, mercredi en fin d’après-midi, avec le ministre de la santé brésilien, Humberto Costa, M. Douste-Blazy a expliqué que "l’industrie pharmaceutique française est totalement prête à jouer le jeu pour aider les pays en voie de développement via le Brésil".
"Mais il ne faut pas que les génériques produits au Sud puissent revenir au Nord par des marchés parallèles qui viendraient tuer notre industrie pharmaceutique. On ne peut pas, d’une part, laisser les pays du Sud sans médicaments et d’autre part, obliger les industries du Nord à se saborder", a-t-il dit, plaidant pour une stricte traçabilité des génériques produits par les pays du Sud.
Avec AFP et Reuters