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Algérie
Sur un total de 630 cas depuis 1985, 40 nouveaux cas de sida enregistrés par an en Algérie
26 juillet 2004 (La Tribune (Alger))
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par Karima Mokrani
64 enfants sont contaminés par le virus du sida en Algérie depuis l’apparition du premier cas en 1985.
Et ce, sur un total de 630 cas de sida et 1 591 séropositifs à travers tout le pays depuis la même année. Le Pr Dif de l’hôpital El Kettar à Alger note dans une conférence de presse tenue hier au siège du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière que « nombre de ces enfants ont développé la maladie du sida et sont déjà morts ». Le conférencier indiquera que 72% des femmes contaminées par ce virus sont victimes de leurs conjoints qui ont caché leur maladie. A ce propos, rappelle le Pr Dif, « il y a une grande différence entre le malade de sida et le séropositif. Le premier porte le virus et manifeste tous les symptômes de la maladie du fait qu’il perd toutes ses capacités de défense. Le second porte le virus mais ne manifeste aucun symptôme. Bien au contraire, il a tout l’air d’un homme ou d’une femme en bonne santé. Le séropositif est toutefois contagieux ». Pour éviter qu’il y ait plus de victimes parmi les futurs conjoints et aussi parmi les futurs enfants, un bilan biologique prénuptial semble être indispensable avant de s’engager dans le mariage, estiment les proches du domaine. Et pourquoi pas, estiment d’autres, instaurer une loi qui oblige les deux conjoints à se soumettre aux analyses nécessaires.
Les services du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière rapportent que ce sont 40 nouveaux cas qui sont enregistrés annuellement en Algérie, alors que les séropositifs sont au nombre de 120. Il est à préciser que le second chiffre ne représente que la partie visible de l’iceberg car seuls ceux qui font le dépistage sont identifiés. « On ne peut pas obliger les gens à faire le dépistage. Le dépistage se fait de façon anonyme », note une représentante du ministère. Il est à rappeler aussi que seuls six centres de dépistage et de prise en charge des malades de sida existent à travers le territoire national. Ils se trouvent dans les wilayas d’Alger, Oran, Annaba, Sétif, Constantine et Tamanrasset. Par ailleurs, rassure le Pr Dif, « les malades de sida finissaient tous par mourir avant 1998. Mais grâce à l’introduction de nouveaux médicaments dans le traitement de cette maladie, seuls 17% de ces malades sont décédés depuis, et ce en raison du fait que leur maladie a déjà atteint un stade avancé au moment où ils sont arrivés au centre ».
Aussi, apprend-on, « le traitement d’un seul malade s’élevait à un million de dinars en 1998. Aujourd’hui, et grâce à l’utilisation des génériques, le coût de prise en charge du malade est réduit à 40% ». Le conférencier insiste sur l’utilisation obligatoire d’un préservatif de bonne qualité pour prévenir tout risque de contamination. Tout comme il met en garde contre les relations libres et les partenaires multiples. Il est à noter enfin que des négociations sont en cours entre les premiers responsables du ministère de la Santé et ceux du Fonds mondial « the Found Global » pour bénéficier d’une aide de 6 millions de dollars, qui sera attribuée en deux tranches aux associations qui se battent pour faire face à la propagation du VIH/sida en Algérie.