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2004 : l’année de la grande régression sociale
Après les retraites, c’est la Sécu
14 février 2004 (survivreausida.net)
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Après la réforme des retraites, c’est maintenant au tour de la Sécu. Le 13 octobre dernier, J.-P. Raffarin annonçait la couleur en déclarant « vouloir trouver le juste équilibre entre solidarité collective et responsabilité individuelle ».
Arguant du déficit de l’assurance maladie, s’élevant à plus de 10 milliards d’euros en 2003, le gouvernement se prépare à réformer la sécu par voie d’ordonnances dans une perspective de large privatisation.
Ainsi le Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie cherche des voies pour limiter les dépenses de santé telles que « la création de panier de soins », la mise en concurrence des assureurs et des offreurs de soins. Le premier panier de soins pourrait concerner l’AMO, (assurance maladie obligatoire) et l’AMCB (assurance maladie complémentaire de base privée). La santé deviendrait un marché, sans aucune frontière entre mutuelle et assurance privée. Le système mutualiste français a déjà un pied dans le privé, même si sa base lutte pour rester dans une logique de solidarité.
Une logique libérale
Le MEDEF y va de sa petite proposition et souhaite pour les salariés un assureur privé, une mutuelle, une assurance maladie locale regroupée dans ce qu’il appelle « opérateur de soins », lequel, opérateur privé, deviendrait gestionnaire d’une mission de service public.
Alain Madelin ne peut que se réjouir de ces mesures quand il dit « il faut introduire la concurrence dans le système public… en finir avec une économie de type soviétique qu’il faut réformer en profondeur ». Jean François Mattéi n’est pas en reste et dans le cadre du « plan hôpital 2007 » : il préconise la suppression de la carte sanitaire et la tarification à l’activité.
On le voit bien, le gouvernement s’apprête à nous culpabiliser sur le déficit.
Justement à propos de ce déficit catastrophique, la Commission des comptes de la Sécurité Sociale estimait en septembre 2003 que la stagnation de la production expliquait les deux tiers de ce déficit.
Voilà ce qui a fait couler l’assurance maladie. Et puis moins de travailleurs et plus de chômeurs cela fait moins de cotisations.
Un cadeau aux patrons
L’état a contribué à appauvrir la Sécu, en exonérant les entreprises de leurs cotisations sociales ; exonérations qui ont été multipliées par six de 1993 à 2002. Cela coûte à l’assurance maladie 20 milliards d’euros par an.
Si on examine un bulletin de salaire d’aujourd’hui, la part des cotisations patronales s’élève à
43 % contre 54 % en 1989, ce qui fait 10 % de gains supplémentaires pour les patrons.
De plus est-il normal que l’assurance maladie finance la construction des hôpitaux, comme elle finance la formation continue des médecins, les écoles d’infirmières. C’est à l’état que cela revient de le faire comme il le fait pour la construction des écoles et des casernes, tout comme il revient à l’éducation nationale de former les professionnels de la santé.
De même qu’il n’est pas normal que des fonds divers budgétés dans le cadre de l’assurance maladie, financent ou ont financé la retraite anticipée des médecins, l’amélioration de la qualité et la coordination des soins dispensés en ville.
Les cliniques privées, en parasitant le secteur public, ont participé au déficit de l’assurance maladie. Le secteur privé, avec 20 % des capacités d’hospitalisation, pratique 60 % d’interventions chirurgicales, 50 % des traitements anticancéreux, 40 % des accouchements et 90 % de l’ambulatoire. En revanche les actes qui coûtent cher et rapportent peu sont dirigés vers l’hôpital. H
Mimouna Hadjam