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Visite. La Courneuve à Paris
14 janvier 2004 (AFRICA)
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La visite n’a pas été vraiment préparée, parce qu’à vouloir trop planifier, on recule et on se trouve des excuses. Deux jours avant, la décision a été prise : après tout on est à 10 minutes de Paris et puis nous avons réglé la garde des enfants.
Pour le groupe de stagiaires du PDI les sorties font partie du programme « découverte de l’environnement ». Mais il faut souvent discuter pour convaincre car les femmes, majoritaires dans les groupes, ont toujours l’impression à travers ces sorties de se prendre un plaisir égoïste pour elles sans les enfants, voire même de négliger l’apprentissage de la langue française. Le jour de la sortie on se retrouve 16 femmes et 2 hommes, et la majorité n’a jamais visité Paris. Amira vit en France depuis 26 ans « je venais à Tati avec mon mari qui me déposait pour les courses, mais voir Paris de l’intérieur non jamais je n’y suis venue ». Pour quelques unes, c’est un vrai baptême, comme Luisa : « je suis arrivée en février 2003, c’est pour ça que je tenais à emmener mon bébé. Je ferai des photos que j’enverrai à ma mère à Bejaia Fatima est l’une des rares à être fière « moi mes enfants m’ont emmenée plusieurs fois à Paris et même au restaurant ».
La visite commence aux Champs Elysées. Puis, on se dirige vers le Trocadéro. Hadda et Khaddouma sentent l’étonnement des touristes classiques devant les touristes pas très classiques qu’elles sont : « ça nous appartient pas Paris ça se voit ». Les plus jeunes ne se démobilisent pas et Karima propose de s’approcher pour toucher la Tour Eiffel, tandis que Ryan le bébé de Luisa devient la coqueluche des touristes japonais.
A la fin de la ballade on va dans un café assez chic. Il y a eu beaucoup de résistances car beaucoup de femmes n’osaient pas entrer dans un tel lieu. Là le racisme ambiant se fait sentir face à Maty ou carrément deux personnes se lèvent du café ; ça fait rire et prendre conscience que le chemin de l’anti racisme est long et fait dire à Fatima « on ne leur a pas tué leur père ou leur mère, pourtant ».
L’odeur des cappuccinos nous réconcilie avec Paris et tout le monde se promet de revenir un soir à Paris.
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