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Agenda | Luttes de l’immigration et contre le racisme
Marche pour l’Égalité, 20 ans après : Meeting du MIB samedi 6 décembre 2003
4 décembre 2003 (MIB)
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Le lundi 1er décembre 2003- 20 ANS APRES, LA MARCHE POUR L’EGALITE ET CONTRE LE RACISME CONTINUE. 6 Décembre - attention changement de lieu : Salle Légion d’Honneur face à la Mairie de St Denis (93)
Il y a 20 ans, la Marche pour l’égalité et contre le racisme a vu l’émergence sur la scène publique des jeunes issus de l’immigration et des cités populaires. Le 3 décembre 1983, nous étions des dizaines de milliers de banlieusards à être sorti pour exprimer une volonté collective que cessent les crimes (racistes et sécuritaires) et les dénis de justice dans nos quartiers. 100 000 personnes ont alors repris notre mot d’ordre : égalité des droits, justice pour tous !
Partie de Marseille à l’initiative de jeunes des Minguettes (à la suite de confrontations violentes et répétées avec la police) dans l’indifférence quasi-générale, la Marche a progressivement suscité l’énorme espoir que la France entende notre détermination à changer notre environnement et que cesse la relégation de populations entières dans des no man’s land urbains. Un peu partout, des groupes et des associations se sont constitués dans une dynamique de mouvement, indépendant et diversifié, à vocation nationale.
Cependant, très vite, la gauche alors au gouvernement a favorisé un antiracisme abstrait dont l’objectif était de créer un "front républicain" consensuel sous prétexte de lutte contre le Front national. Cela a surtout servi à masquer la question sociale, aggravée par le tournant néo-libéral pris dès 1983 par le président Mitterrand ! Cette politique économique a été illustrée trois semaines après l’arrivée spectaculaire de la Marche, par les affrontements raciaux à l’usine Talbot - Poissy, en grève contre les licenciements massifs dans l’industrie automobile. Les non-grévistes ont alors attaqué les travailleurs immigrés aux cris de "les Arabes, au four, à la Seine !". Le premier ministre, Pierre Mauroy, avait quelque temps auparavant déclaré que les grévistes immigrés "ne faisaient pas partie des réalités françaises" ! En clair, on adoubait les "beurs et les beurettes" tout en s’attaquant à leurs parents.
On transformait ainsi cette révolte en une expression folklorique (united colors of Benetton, World Music et petites mains jaunes) en l’amputant de son enracinement dans l’histoire des combats contre la répression policière et judiciaire, des combats ouvriers, des luttes des immigrés et des luttes anticoloniales, la vidant de ses consistances sociales, politiques et culturelles. Ce faisant, il s’agissait de la dépouiller de sa vocation subversive et antagoniste de combat pour l’égalité, la justice et la liberté...
La droite de retour aux affaires jouera de la même politique de division en favorisant la promotion d’une élite beur à son service tout en précarisant le statut des immigrés, provoquant le retour des luttes des sans-papiers sur la scène publique.
Vingt ans après, la gauche et la droite toujours hostiles à l’apparition de nouveaux acteurs et actrices politiques autonomes ont tout fait pour lessiver notre aspiration à l’émancipation, cherchant à la réduire à un problème identitaire ou communautaire, à une question de frustration ou de "mal-vivre"... L’exigence d’égalité politique a été limitée à la mise en avant médiatique de quelques "Beurs" et de "Blacks" gentils et assimilés aujourd’hui censés représenter nos "communautés". L’histoire de nos mobilisations est réécrite pour laisser entendre, par exemple, que la Marche a été organisée par SOS racisme, une association qui n’existait pas en 1983 ! Aujourd’hui, des néophytes en politique, de gauche ou de droite, se cherchent une légitimité en se présentant comme des initiateurs ou des héritiers directs de la Marche. De nouveau, on cherche à nous déposséder de notre histoire et de notre patrimoine de luttes. Or nous aussi, nous avons écrit de belles pages de l’histoire sociale, politique et culturelle de ce pays, et nous les revendiquons, pour nous mêmes et pour tous.
Beaucoup trop de jeunes et d’habitants de nos quartiers ignorent l’histoire de la Marche, des marches (Convergence84, 3ème marche, etc.), ainsi que l’histoire des luttes petites ou grandes menées par nos parents, nos aînés. Ils se retrouvent déboussolés par les campagnes de stigmatisation ou de déstabilisation des expressions autonomes des quartiers. A nous-mêmes, la mémoire de nos propres luttes fait parfois défaut. Nous devons donc sortir de l’amnésie collective et de l’errance politique, pour nous réapproprier notre mémoire et notre histoire. Non pour les brandir comme des médailles ou pour asseoir une légitimité d’anciens combattants, mais pour nous appuyer sur des acquis historiques en vue d’aller au delà.
La promotion par les institutions politiques et médiatiques de représentants officiels basanés et dociles est aujourd’hui inséparable du renforcement de la gestion répressive et discriminatoire des quartiers populaires et d’une campagne d’une violence inouïe contre les populations immigrées ( amalgames islam / terrorisme / délinquance / banlieues / antisémitisme ...). Le brouillage de la mémoire et des savoirs collectifs est un des instruments de ces politiques.
C’est pourquoi nous vous invitons à venir faire ensemble le bilan de ces vingt dernières années, et pour réfléchir sur l’avenir de nos mouvements et regroupements.
Samedi 6 décembre 2003 à la salle de la Légion d’Honneur Face à la Mairie de St Denis - M°St Denis Basilique ligne 13
14h Diffusion du film Douce France, la saga du mouvement beur .
15h 30 - 18h 30 : Débat sur La Marche, 20 ans de luttes, avec des acteurs de la Marche pour l’égalité, avec Au Nom de la Mémoire / MIB / ANGI...
19h : meeting du MIB sur le thème Une organisation politique nationale issue des quartiers populaires et de l’immigration : Orientations et mises aux points
contact : Mouvement de l’immigration et des banlieues
45 rue d’aubervilliers 75018 Paris
tel : +33 1 40 38 06 53
email : mibmib@free.fr
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> Marche pour l’Égalité, 20 ans après : Meeting du MIB samedi 6 décembre 2003
Que dire, que penser de ces manifestations, ces colloques plus ou moins récupérateurs ?
Que penser quand un certain Diodonné traité d’antisémite joue, malgré lui le jeu de Sharon...
Que penser de cet "étalage" aux issues inconsidérées et qui nous échappent...
(Pour information lire la revue Marianne de cette semaine) du 1 au 7/12