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Émission du 2-3-4 décembre 2003 (n° 199) | Tribune libre
1er décembre des séropos : Salim prend la parole
3 décembre 2003 (survivreausida.net)
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Écouter: 1er décembre des séropos : Salim prend la parole (MP3, 1.7 Mo)
À l’occasion du 1er décembre, Journée mondiale de lutte contre le sida, on a vu et entendu tout le monde parler du sida, sauf... les premiers concernés.
Depuis 1995, l’émission informe et donne la parole aux séropositifs issus de l’immigration et de la banlieue. C’est pourquoi nous présentons aujourd’hui le premier volet d’une série d’entretiens avec des personnes concernées.
Remerciements à Salim, Nordine et Youssef qui ont accepté notre invitation pour donner leur point de vue sur ces festivités du 1er décembre 2003.
Extraits de la discussion avec Salim
Bonjour, eh bien moi, je m’appelle Salim, j’ai 30 ans, je suis concerné par le VIH depuis maintenant 3 ans et demi. Je suis d’origine algérienne. J’ai eu le VIH par une injection, en fait, en 2000, c’était la seule injection que j’avais faite dans l’année et, donc, j’y ai pas coupé, quoi !
Le 1er décembre, je n’ai rien fait de spécial sincèrement. J’ai une petite chambre universitaire à Toulouse en ce moment, je suis resté là-bas, je suis allé voir un ami, j’ai joué un peu de guitare, fumé mon petit pétard, je sais pas si j’ai le droit de le dire, ça, et j’ai rien fait, j’ai regardé un peu la télé mais sans plus, quoi, j’ai vu les informations, mais en plus, il y avait même pas le son. Avant je regardai, il est clair que l’année dernière, j’étais resté devant Arte, devant toutes les chaînes, pour saisir n’importe quelle émission sur le sujet, sur le sida, et c’est vrai que maintenant, c’est moins le cas, quoi. Peut-être ce soir, j’avais vu quelque chose sur Arte et là je vais peut-être regarder, oui. Mais hier, non, j’ai pas trop fait attention à ce qui se passait, je sais que c’est la Journée Nationale contre le Sida, mais bon voilà quoi…
Un jeune séropositif, un jeune qui vient d’avoir la nouvelle, qu’est-ce que tu lui dirais ?
Je lui dirai de ne pas dramatiser, en fait, et de relativiser la vie. Et que ce n’est pas le VIH qui doit l’empêcher de vivre et qui doit l’abattre. Et qu’il doit toujours garder ses envies de vies, ses envies d’enfants, puisque maintenant je sais qu’on peut avoir des enfants, qu’on peut se maintenir plus ou moins par rapport aux trithérapies… Que ce n’est pas suffisant, qu’on n’éradique pas le virus mais que ce n’est pas la fin du monde, c’est ça que j’aimerai lui dire, qu’il ne soit pas désespéré, qu’il ait toujours envie de vivre…
On dit que chez les Arabes, cette maladie, elle est très mal acceptée, très mal vue, et on dit aussi que les familles ne sont pas solidaires et que les gens, quand ils apprennent que quelqu’un a cette maladie, ils le laissent tomber.
Je ne pense pas que ce soit que chez les Arabes. Je pense que chez tous les gens qui sont ignorants. Je ne pense pas que ce soit seulement pour les Arabes, l’ignorance, elle est partout l’ignorance… Au contraire, normalement, les gens qui sont atteints, on devrait au contraire être plus attentionnés vis-à-vis d’eux, au lieu de les fuir comme des pestiférés. Ca ne s’attrape pas en serrant la main ou en embrassant quelqu’un. Normalement, les gens devraient être informés de ça, quoi. Moi, ça me fait du mal, mais bon, l’ignorance, elle est partout C’est pas seulement une question de VIH, les gens qui sont cons, c’est pour plein de choses qu’ils sont cons, c’est pas seulement pour ça…
Salim, une dernière question pour toi, entre le 1er décembre 2002 et le 1er décembre 2003, il y a eu dans les pays du Maghreb, dans les pays arabes, 100 000 contaminations, 100 000 séropositifs en plus…
Alors là, je serai un peu plus désemparé, parce que je ne sais pas s’ils ont vraiment accès au traitement. Tout à l’heure, tu me posais la question par rapport à un jeune, en France quoi. Bon, parce qu’il serait un peu dans le même cas que moi, on a accès au traitement, on a accès à des soins, on a des possibilités vraiment de vie… Alors que là-bas, je ne sais pas vraiment, je ne connais pas la situation, je ne sais pas s’ils ont vraiment tous accès au traitement et les mentalités là-bas aussi sont différentes, donc je ne saurai pas quoi lui dire… Je parlerai sûrement de ma souffrance et de ma douleur par rapport à ce vécu-là, pour lui montrer qu’on est un peu dans le même bateau, ce qui n’est pas vraiment le cas, parce que bon, moi, je suis quand même dans un pays industrialisé, assez protégé par rapport aux soins et, non, je saurai pas quoi dire !
J’ai pas normalement à culpabiliser, moi, d’avoir un traitement et de pouvoir être en vie. Mais j’avais quand même, au fond de moi, un peu ce sentiment d’injustice, de me dire, c’est pas juste, moi, je peux me soigner, et encore, même moi, des fois, je rate le traitement et des fois je ne le prends pas, quand je suis en dépression et quand ça va pas. Et eux, il n’y ont pas droit, c’est vrai que j’avais ce pincement au cœur de cette injustice flagrante qu’ils n’aient pas accès aux soins comme moi, comme tous les gens qui vivent en France.
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1er décembre des séropos : Salim prend la parole
salim,bonjour,voila je viens d’écouter ton petit discours et puis crois moi ,je suis vraiment sous le charme de ton courage et patience ,je ne sais pas si vraiment tu liras mon message mais j’éspére vraiment avoir une réponse inchallah voila je te laisse en te souhaitons bcp de courage et de joix comme tu l’as si bien dis !. amicalement sarah