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Burkina Faso : présentation de l’Union sacrée pour le traitement gratuit des malades du sida
1er décembre 2003 (Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME) Burkina Faso)
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Définition
L’« Union sacrée pour le traitement gratuit des malades du SIDA » est le nom de la campagne que le Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME) a lancé pour réclamer des ARV gratuits pour les malades du SIDA et une décentralisation de la dispensation des ARV. Elle doit être également la matérialisation de la volonté des différents acteurs nationaux et internationaux pour l’éradication de la pandémie du siècle. Les acteurs sollicités pour participer à cette union sacrée sont essentiellement : les associations de la société civile quelque soit leur domaine d’intervention, les communautés coutumières et religieuses, les autorités nationales (exécutif, législatif, judiciaire), les sociétés et entreprises, les artistes, les hommes de presse, les ONG et institutions internationales.
Justification
Avec ces 663 613 personnes infectées par le virus du SIDA dont 15% sont des malades nécessitant une prise en charge ARV soit environ 100 000 personnes, le RAME pense que le SIDA est devenu une véritable menace pour la nation burkinabé. Un des faits aggravant est celui qu’il n’a pas de victimes spécifiques. Bien que les voies de transmission et les moyens de prévention de l’infection à VIH soient connues et maîtrisées, toutes les couches sociales, professionnelles, confessionnelles et idéologiques sont menacées : les femmes, les jeunes, les agents de santé, les enseignants, les journalistes, les commerçants, les militaires, les religieux, les non croyants, les gouvernants, les législatifs, les socialistes, les libéraux,∑∑..
En outre, selon les spécialistes des questions de santé publique, un pays qui possède un taux d’infection d’une pathologie supérieure à 5%, se trouve dans un état d’épidémie généralisée. Ce qui signifie que depuis 1997 (taux de prévalence 7,17%) et malgré la baisse du taux de prévalence en 2002 (6,5%), le Burkina Faso est dans un état d’épidémie généralisée de l’ infection à VIH/SIDA.
Le peuple burkinabé et ses gouvernants en collaboration avec leurs partenaires doivent alors se considérer en « Etat d’urgence sanitaire », la Nation est en péril. Aucun engagement, aucune volonté, aucune opportunité, aucun ressource ne doit être épargné, sous estimé, économisé pour parer à l’ agression de l’ennemie qui est déjà parmi nous et en 6.5% d’entre nous. A travers le concept de l’« Union sacrée pour le traitement gratuit des malades du SIDA », nous faisons appel à la solidarité légendaire des burkinabé qui ont pu, à chaque fois dépasser leurs différents pour l’intérêt supérieur de leur Patrie. Le SIDA ne doit pas bénéficier d’une exception à cette légende du « Pays des hommes intègres », il ne mérite aucun traitement de faveur.
Processus de mise en place
La mise en place de l’US-SIDA va se faire essentiellement en deux (2) phases. Le RAME a entamé la première phase du processus avec l’obtention de l’adhésion à ce concept par des associations présentes aux panels sur l’ accès aux médicaments contre le SIDA au Burkina Faso. Ces associations sont principalement : Association Lafi La Viim (ALAVI), Association Responsabilité Espoir Vies Solidarité (REVS+), Vie Positive, Association African Solidarité (AAS), Association Zeems Taaba (AZT), Association des Elèves et Etudiants Musulmans (AEEMB), Union des Routiers Burkinabé de Lutte contre le SIDA (URBLS), l’Association des Elèves et Etudiants Burkinabé contre le SIDA (AEEBS), SOS/SIDA, Association Yerêlon, Association Ned Laato, Association Yamwékré. Deux (2) comités ont ensuite été mis en place à Ouagadougou à Bobo et Koudougou pour pilotés les activités actuellement en cours et travailler à une mobilisation plus grande, intégrant tous les acteurs. Un autre comité est en gestation à Koudougou et devra voir le jour d’ici deux (2) semaines.
La deuxième phase de l’US-SIDA va être marquée par une plus grande adhésion de tous les acteurs : société civile, autorités nationales, les autorités coutumières et religieuses, les organes de presse, les artistes, les partenaires au développement. L’action de cette deuxième phase sera essentiellement, la mobilisation des ressources nationales et internationales existants ou à chercher, l’exploitation de toutes les opportunités et législations sur les mécanismes d’approvisionnement, la mise en place de la contribution de tous les acteurs pour une prise en charge efficiente des PVVIH. Le point de départ de cette deuxième phase se fera le 1er décembre 2003, lors d’une cérémonie officielle d’adhésion des différents acteurs à la charte de l’US-SIDA.
Activités
Les activités actuelles de l’US-SIDA sont celles de la première phase de son processus de mise en place. Il s’agit de la pétition « Une signature pour des milliers de vies », la remise de la pétition, l’organisation de la marche du 1er Décembre et la préparation de la deuxième phase de l’US-SIDA.
La pétition « Une signature pour des milliers de vies »
La pétition a été choisit comme un moyen privilégié pouvant permettre à la population d’exprimer d’une manière républicaine sa volonté par apport à l’ évolution du VIH/SIDA au Burkina Faso. Elle est légitimée par la Constitution Burkinabé qui donne en son article 98 une initiative de loi au Peuple, sur la base de l’adhésion d’au moins quinze mille burkinabé en age de voter à cette initiative. C’est cette disposition qui justifie également l’adresse à l’Assemblée Nationale comme institution votant les lois, garanti par notre constitution.
En outre, le RAME considère que parmi les différents pouvoirs de la République, l’Assemblée Nationale est la plus représentative des populations à même de mieux appréhender leurs aspirations. Elle est par conséquent leur meilleur porte-parole et leur principal défenseur.
Le RAME a en outre préféré le caractère législatif de sa revendication compte tenu du fait que, au niveau de l’exécutif, la politique sanitaire nationale est basée sur la tarification des soins, où alors la notion de gratuité est proscrite. Nous pensons alors que des dispositions législatives exceptionnelles doivent êtres prises pour permettre au gouvernement de donner une réponse exceptionnelle à l’infection à VIH, qui est aujourd’hui au stade d’épidémie généralisée.
Les marches à l’occasion du premier décembre 2003
Le 1er décembre de chaque année est, célébrée la journée internationale de lutte contre le SIDA dans le monde. Il n’y a alors pas de jour plus indiqué pour la remise à notre représentation nationale, la volonté des nombreux burkinabé de voir tous les malades nécessitant un traitement en ARV, recevoir gratuitement leurs médicaments. Une marche sera organisée également à Bobo Dioulasso (2e ville) et Koudougou (3e ville), pour exprimer la nécessité du traitement gratuit des malades du Sida par les ARV. Nous compter user également d’autres moyens d’expression adéquate et républicaine pour marquer cette journée du 1er décembre 2003 pour lesquels nous souhaitons votre participation.
La cérémonie officielle d’adhésion à la charte de l’US-SACREE
Pour matérialiser l’adhésion des différents acteurs au concept l’US-SIDA, une cérémonie officielle d’adhésion à la charte de l’union sera organisée le 1er décembre 2003. Cette cérémonie sera placer sous le parrainage d’ institution (s) ou de personnalité (s) pouvant assurer les différents acteurs sur la crédibilité et l’importance de l’Union. La charte sera soumise aux différents acteurs avant la date de la cérémonie pour amendement.
Objectif de l’U.S-SIDA
Le principal objectif de l’US-SIDA est surtout stratégique. L’US-SIDA cherche à obtenir des autorités nationales, à travers l’Assemblée Nationale, l’expression de leur ferme volonté de sauver ses milliers de vies menacées par le SIDA par la mise à leur disposition des ARV gratuitement. Dès que cette volonté sera exprimée, l’US-SIDA dans la deuxième phase de ces activités appuiera le gouvernement en collaboration avec certains partenaires au développement comme Médecins Sans Frontières dans le plaidoyer national et international de mobilisation des ressources financiers, techniques et humains nécessaires.
La gratuité des ARV et examens y afférents
Justification. Comme les chiffres l’ont montré plus haut, l’infection à VIH a atteint un niveau crucial au Burkina Faso. Le Burkina serait le deuxième pays le plus touché par la pandémie en Afrique de l’Ouest. Malgré alors la nécessité de développer les campagnes de prévention, il est devenu impératif de nos jours qu’une réponse thérapeutique, à la mesure du degré d’infection des populations soit mise en place.
Le principal obstacle à l’application d’une telle réponse est le coût élevé des ARV et des examens biologiques liés à leur prescription. Malgré les différentes baisses des prix annoncés, le constat est fait que les nouveaux prix sont toujours au déçu des moyens des burkinabé, dont 44% vit en dessous du seuil de pauvreté (avec moins de 72 600 francs CFA par an). Considérant le lien prouvé entre pauvreté et propagation de l’infection à VIH qui fait alors de ces 44%, la population la plus touchée, aucune réponse efficace ne peut être réalisable sur la base d’une contribution financière de cette même population.
Nous ne devons surtout pas perdre de vue que notre Constitution garantit le droit à la santé à tous les burkinabé, quelque soit leur niveau socio-économique. L’adoption des politiques de santé et leur mise en place doivent alors tenir toujours compte de cette disposition constitutionnelle pour que le Peuple puisse dire à l’unisson « Nous sommes tous égaux devant la loi et devant nos dirigeants ».
Faisabilité. La gratuité des ARV et des examens biologiques liés à leur prescription n’ est pas une aspiration utopique, mais s’inscrivent d’abord dans la volonté collective des burkinabé de parvenir à un meilleur niveau de santé pour réussir le développement de la Nation. La revendication de la gratuité s’appuie ensuite sur une disposition favorable de la communauté internationale et sur l’existence de mécanismes d ’approvisionnement réalisables qui peuvent induire une baisse considérable des coûts des ARV.
Sans trop rentrer dans les détails ici, au terme de la disposition de la communauté internationale nous pouvons citer entre autres :
le Fond Global de lutte contre le SIDA, le paludisme et la tuberculose,
le Projet de la Banque Mondiale,
La reconnaissance par l’ONU de la nécessité de la campagne pour la gratuité des médicaments contre le VIH/SIDA en Afrique, exprimée par son envoyé spécial sur le SIDA en Afrique, Mr Stephen Lewis.
la décision du gouvernement canadien d’amender une loi pour permettre à ces compagnies pharmaceutiques de produire des médicaments pour les malades du Sud,
la nouvelle initiative de l’ancien président Bill Clinton de fournir, par des laboratoires brésiliens et indiens, des ARV à des pays africains et des Caraïbes.
Sur les possibilités de l’exploitation de certains mécanismes d’approvisionnement susceptibles de réduire considérablement le coût des ARV, nous pouvons citer en exemple :
le système des prix différenciés appuyé fortement par la Commission Européenne
le principe des licences obligatoires rendu possibles par les derniers accords de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et la mise en veilleuse des menaces des Accords de Bangui 1999.
le système des commandes groupées des pays de la sous-région qui peut être réalisé à travers l’Association Africaines des Centrales d’Achats de Médicaments Essentiels (ACAME) dont notre pays assure le secrétariat permanent.
la concurrence des génériques qui induisent souvent à elle seule, une réduction de près de 80% les coûts des médicaments.
A ces dispositions nous pouvons ajouter le potentiel de la solidarité nationale qui, si elle est soutenue par un mouvement patriotique, pourrait donner au Fond de Solidarité envers les Malades et orphelins du SIDA (FSMOS), des possibilités plus grandes pour le traitement des malades. Il est incontestable que le RAME, à elle seule ne peut proposer un mécanisme opérationnel exploitant toutes les opportunités pouvant permettre la gratuité des médicaments. Mais elle est convaincue qu’une réflexion des structures compétentes nationales et internationales, à laquelle elle est prête à prendre part, peut atteindre un tel résultat.
Conclusion
La concrétisation de l’US-SIDA aura à coup sûr un grand impact sur la lutte contre le SIDA au Burkina Faso. Cet impact peut se résumer à deux phases :
Plus de résultats dans des délais réduits avec les moyens financiers actuellement disponibles
Plus de moyens financiers avec encore plus de résultats dans des délais plus réduits
Nous espérons que comme dans certains pays tels que le Cameroun ou le Kenya, des partenaires au développement pourront participer activement à cette réaction légitime du Peuple burkinabé pour assurer sa survie. Comme au Brésil, nous demeurons convaincus, qu’elle est indispensable pour la mise en place d’un plan opérationnel de prise en charge reposant sur l’accès équitable de tous les malades du SIDA à des soins adéquats.
Nous comprenons en outre que le statut particulier de certaines de vos structures ne peut permettre leur pleine participation aux activités de l’ US-SIDA. Mais nous souhaitons que tous participeront à notre processus d’ édification de cette Union qui aboutira le 16 décembre 2003 à l’Assemblée Générale constitutive qui sera marquée par la signature officielle de la Charte de l’US-SIDA. Nous pensons que dans ce sens, certaines de vos organisations pourraient être des partenaires techniques, financier ou de soutien logistique.
En fin, nous espérons qu’à travers cette rencontre d’échange, vous aurez une compréhension juste de nos activités et de leurs objectifs. Nous l’avons souhaitée parce que nous voulons éviter des mauvaises interprétations qui pourraient êtres dues à de simples incompréhensions, certes, mais qui pourraient être également les objectifs de désinformations orchestrées. Nous espérons pouvoir compter sur l’adhésion de vos organisations et structures à ce vaste mouvement de survie.
Forum de discussion: 4 Messages de forum
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Burkina Faso : présentation de l’Union sacrée pour le traitement gratuit des malades du sida
Bonjour,
Je suis un medecin généraliste français. Dans le cadre de ma thèse de médecine, j’ai mené une étude épidémiologique sur le VIH en milieu rural en Afrique de L’Ouest. Un village du Burkina était concerné dans le cercle de DJIBASSO. Nous y avons trouvé un patient positif. Pourriez-vous m’indiquer les structures qui seraient succeptible de le prendre en charge pour le traitement ?
Salutations
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> Burkina Faso : présentation de l’Union sacrée pour le traitement gratuit des malades du sida
Bonjour J’espère que depuis vous avez reçu des réponses Pour la prise en charge médicale je vous conseille le CMA de Pissy, à Ouagadougou, où - même s’il existe des problèmes A Ouagadougou il existe de nombreuses (très...) associations de soutien et prise en charge de PVVIH, où les séroposisitfs peuvent avoir une prise en charge médicale et psychosociale. Par exemple La Bergerie, AAS, Vie Positive, etc. J’espère que votre "patient" peut se déplacer
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Burkina Faso : présentation de l’Union sacrée pour le traitement gratuit des malades du sida
bonjour Laurent decevre j’aimerai bien savoir si vous aviez déjà pratiquer la médecine à Tahiti ?
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