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Hausse du forfait hospitalier : ne pénalisons pas encore une fois les pauvres !
24 septembre 2003 (Médecins du Monde)
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PARIS, 18 septembre 2003 (Médecins du Monde) — Le gouvernement et le Parlement ont depuis un an fait plusieurs tentatives pour réduire l’accès aux soins des plus précaires, tentatives qui pour l’instant ont échoué grâce à la forte mobilisation du monde associatif et des soignants.
Aujourd’hui, le gouvernement propose de faire des économies en augmentant le forfait hospitalier. Pour rappel le forfait hospitalier est le montant par jour d’hospitalisation (10,67 euros) qui reste à la charge des personnes qui ne bénéficient pas d’une couverture maladie à 100%.
Cette proposition, discutée le 17 septembre en conseil des Ministres, est une fois de plus un non-sens budgétaire ; les personnes qui sont juste au-dessus du seuil de la CMU (566.5 euros) c’est-à-dire entre autres les bénéficiaires du minimum vieillesse et de l’allocation adulte handicapé seront les premiers pénalisés. Ils devront donc pour des raisons financières retarder leur hospitalisation ou sortir trop tôt de l’hôpital. Nous les retrouverons plus tard, encore plus malades, hospitalisés plus longuement avec un coût humain et financier encore plus grand.
C’est aussi un non sens en matière de santé publique : attendre que les pathologies s’aggravent au lieu de prévenir. Toutes les études du Credes comme du Ministère des Affaires sociales ou des chercheurs ont démontré depuis bien longtemps que le recours à l’hôpital était beaucoup plus fréquent chez les personnes à faibles revenus. De même on sait que les hospitalisations sont d’autant plus longues que la pathologie aura été prise en compte tardivement.
Encore une fois c’est un renoncement aux valeurs républicaines d’égalité et au principe fondamental de la sécurité sociale de notre pays : "chacun paye selon ses ressources et reçoit selon ses besoins de santé".
Rappelons qu’il y a en France 12 millions de personnes en-dessous du seuil de pauvreté (748 euros). Il y a seulement 4.8 millions de bénéficiaires des dispositifs CMU-AME (donc exonérés du forfait hospitalier). C’est donc plus de 7 millions de pauvres, qui ne peuvent se payer une mutuelle, qui vont être pénalisés.
Si le forfait hospitalier doit être relevé, qu’il le soit en tenant compte des ressources de chacun Cette proposition telle qu’elle nous est présentée, doit être abandonnée.