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La Courneuve-Cité des 4000 : une association naît contre les tabous du sida

16 juin 2003 (Le Parisien)

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LA COURNEUVE, 16 juin 2003 (Le parisien) — ILS SONT MORTS DU SIDA, victimes de seringues collectives. Une pratique courante chez les toxicomanes maghrébins dans les années quatre-vingt. D’autres ont contracté la maladie par des rapports sexuels non protégés. Aujourd’hui, les survivants et leurs familles brisent peu à peu leur isolement.

Le Comité des familles maghrébines et africaines pour survivre au sida vient de naître à La Courneuve, pour mobiliser les proches des malades et combattre la pandémie.

« Les immigrés sont actuellement les plus touchés, estime Reda Sadki, président du comité. Il y a urgence à communiquer sur la maladie : le premier spot de prévention mettant en scène des Africains ne date que de 2002. »

Le poids des interdits reste également fort au sein de familles musulmanes où la drogue et le sexe sont des thèmes tabous. « Il est temps pour les malades de sortir de l’ombre, d’arrêter de subir et de relever la tête », estime un membre du comité.

A l’origine de l’association, une émission de radio de Fréquence Paris Plurielle, née il y a huit ans. Des actions de solidarité ont déjà été menées durant le ramadan auprès des malades de l’hôpital Avicenne. « 60 % des sidéens sont des étrangers, pour beaucoup musulmans, explique Reda Sadkli. On leur a offert la chorba (NDLR : soupe traditionnelle) en signe de solidarité. »

Aux 4000, le travail d’écoute s’annonce délicat. « Le mot sida fait encore peur, et les malades se cachent », estime Mimouna Hadjam, présidente de l’association Africa, qui soutient le comité. Elle se souvient des premiers morts dans les années 80, « des grands-mères qui ont élevé leurs petits-enfants orphelins », ou du drame des « épouses infectées par leur mari ». Au total, une trentaine de familles de la cité seraient directement concernées par la maladie.

Victor Dixmier

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Cité des 4000 à la Courneuve

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Photo de groupe du Diwane des familles pour survivre au sida

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