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Aide médicale d’État (AME)
Médecins du Monde réclame l’annulation immédiate du projet de circulaire concernant le contrôle des conditions d’admission à l’Aide Médicale Etat.
19 mai 2003 (Médecins du Monde)
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En décembre 2002, le gouvernement et les parlementaires avaient voulu supprimer la gratuité des soins pour les bénéficiaires de l’AME. Devant la mobilisation des associations et des professionnels de santé, le gouvernement avait accepté de ne pas appliquer ces mesures en suspendant le décret d’application. Il avait annoncé cette décision dans notre centre d’accueil, de soins et d’orientation parisien.
Mais aujourd’hui la santé des plus pauvres est une nouvelle fois la cible du gouvernement qui leur rend impossible de fait l’accès aux soins en multipliant les obstacles et les délais.
La circulaire des ministères de la santé et des affaires sociales prévoit entre autres :
la suppression de l’ouverture des droits par la CPAM à l’AME dans les hôpitaux comme dans les associations alors même que ce dispositif avait été mis en place parce que c’est là que les plus précaires se rendent lorsqu’ils sont malades,
la suppression de l’admission immédiate à l’AME même en cas d’urgence médicale ou sociale,
un contrôle irréaliste et inquisiteur des ressources financières des étrangers en situation irrégulière (justificatifs en France comme dans leur pays d’origine) dans lequel rentrent même en compte la valorisation des repas ou de l’hébergement fournis par des amis ou des associations. Cette valorisation crée artificiellement des ressources financières dépassant le seuil d’obtention de l’AME (562 euros). C’est ainsi qu’on met en concurrence des droits fondamentaux : le droit à la santé, le droit à l’alimentation, le droit au logement …
La création d’un fichier national de toutes les demandes acceptées ou rejetées d’Aide Médicale Etat utilisant ainsi la maladie des plus précaires pour faire un fichier des sans papiers
Une fois de plus le gouvernement s’attaque aux plus pauvres et non pas à la pauvreté.
Une fois de plus la dérive obsessionnelle de la fraude des pauvres conduit à des mesures contraires aux principes élémentaires de santé publique.