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Les Africains de Londres contre le rationnement de la trithérapie
1er octobre 1997 (région parisienne)
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« Danser dans les rues » ou être à la rue avec la trithérapie ?
En Europe et en Amérique du Nord, où vivent les quelque 10 % de personnes séropositives de la planète qui ont une chance d’accéder aux molécules antisida des multinationales pharmaceutiques, ces médicaments ne sont pas pour autant disponibles pour tout le monde. Certains gouvernements européens — notamment la Belgique, l’Italie, l’Espagne, et l’Angleterre — refusent d’assumer les coûts imposés de ces traitements. Le Groupe européen de traitement sida a d’ailleurs récemment fait un calcul qui fait froid dans le dos : 11 830 morts pourraient être évités si ces quatre pays assumaient leur engagement d’une « santé pour tous ».
Lors d’une conférence sur la trithérapie à Birmingham, notre correspondant Keefa Kiwanuka a écouté l’éminent médecin Charles Farthing, un chercheur californien, déclarer que les malades du sida allaient pouvoir « danser de joie dans les rues ». Farthing parlait de l’arrivée d’une nouvelle catégorie de médicaments, les antiprotéases, et l’utilisation de plusieurs médicaments à la fois, la plupart du temps trois avalé en même temps (d’où le nom de trithérapie).
Pour Kiwanuka il était clair que les nouvelles découvertes des scientifiques constituent un « moment critique » dans l’histoire de la pandémie du sida. Mais, s’est-il demandé, tout le monde a-t-il accès à ces médicaments ? En Angleterre, une personne séropositive sur sept est africaine, tout comme en France, sur huit personnes malades du sida, une est immigrée. La trithérapie pourrait-elle mettre fin à ce que Kiwanuka décrit comme « une véritable vague de mort » qui frappe la communauté africaine en Angleterre ?
L’optimisme ambiant autour de ces médicaments est-il justifié pour les communautés immigrées de l’Europe forteresse ? L’expulsion n’est que la méthode la plus visible et la plus extrême de la condamnation à mort qui vise tout immigré gravement malade en Europe. L’idéologie du racisme, même si elle peut être irrationnelle ou bizarre, n’est pas abstraite. Les immigrés sont perçus comme porteurs de microbes — peut-être sont-ils eux-mêmes des microbes ? -, et ceci a toujours fonctionné historiquement comme prétexte pour accroître la répression des communautés immigrées. Les fantasmes racistes des scientifiques quand à une origine africaine du virus du sida n’en est qu’un des exemples les plus flagrants.
Kiwanuka travaille au sein de la Africa Advocacy Foundation, une association à Londres engagée dans la lutte des immigrés contre le sida. Dans les quartiers africains de la capitale anglaise, la Fondation organise des séances d’information publique sur le sida, des groupes d’auto-support pour les personnes séropositives, traque la discrimination dans les hôpitaux, et se bat pour que les finançeurs et les institutions prennent en compte les revendications des associations de séropos africains.
Pour Migrants contre le sida, Kiwanuka a enquêté sur la réalité du sida dans les hôpitaux de Londres.
À l’hôpital de North Middlesex se trouve un des centres de soins les plus avancés pour les personnes vivant avec le VIH. Quelque 120 personnes africaines fréquentent Middlesex. Ils sont à peu près 60 à recevoir une trithérapie. 20 autres reçoivent une monothérapie, c’est-à-dire un seul médicament. Car en fait, les trithérapies ne sont utilisées que pour les gens gravement malades, dont la plupart sont arrivés par les urgences. D’après le médecin Jonathan Ainsworth, trop nombreuses sont les personnes qui se présentent, selon lui, « trop tard pour un traitement ». Pourtant, les trithérapies se sont montrées particulièrement efficaces pour lutter contre la présence du virus même pour ceux et celles qui sont gravement malades.
Le taux de CD4 mesure la force du système immunitaire d’une personne, qui est la première ligne de défense du corps contre le virus du sida. Un taux en dessous de 300 est considéré par certain suffisant pour déclarer qu’une personne séropositive est « malade ». « La plupart des patients que nous voyons, dit-il, arrivent en urgence. 80 % ont des taux de CD4 en dessous de 300, et ont déjà une maladie liée au sida. » Le docteur Ainsworth déclare voir, chaque semaine, une ou deux personnes qui ont un taux de CD4 en dessous de 10.
Le rationnement des soins du système de santé anglais fait saliver la droite dure française, qui considère tous ses fantasmes réalisables depuis le lancement de la réforme des hôpitaux. Les conséquences mortelles d’un tel système, pour la communauté africaine de Londres comme pour toutes les communautés visées par le sida, sont bien réelles.
À l’hôpital de Newham, un quartier où 15 % de la population est africaine ou afro-antillaise, c’est bel et bien les technocrates et l’austérité qu’ils ont imposée qui tue.
Sur 130 personnes Africaines vivant avec le VIH qui vont régulièrement à l’hôpital, pas un seul n’a jusqu’à présent obtenu le droit à une trithérapie. Comme en témoigne une personne qui, malgré l’affaiblissement de son état de santé — son taux de CD4 avait chuté brutalement de 150 à 30, elle avait perdu du poids, été frappé en même temps par plusieurs infections, et a fini par développer une pneumonie — est restée sous antibiotique et sous AZT. L’AZT est un médicament dont la mise sur le marché remonte à 1987 et qui fait pâle figure en terme d’efficacité à côté des traitements de l’après-Vancouver.
L’administration de l’hôpital de Newham cafouille, se plaint de son déficit budgétaire, jure avoir obtenu des promesses de l’État pour financer l’utilisation d’anti-protéase... en cas d’urgence, et pour l’année prochaine. Le docteur Anthony Wisdom s’exclame même que, de toute façon, « nous voyons de moins en moins de patients ». C’est peut-être vrai : les personnes malades comprennent vite qu’elles n’obtiendront rien à Newham, et changent rapidement d’hôpital.
Enfin, une visite à l’hôpital de Kings College soulève d’autres questions brûlantes. D’après le docteur Pozniak, les Africains qui ont appris volontairement leur séropositivité représentent un peu plus du quart des « cas » diagnostiqués par l’hôpital. Cela veut dire que presque trois-quarts des gens concernés ont appris qu’ils étaient porteurs du virus du sida sans l’avoir choisi.
Non, constate Keefa Kiwanuka, la lutte contre le sida ne se réglera pas à coup de nouvelles molécules, aussi puissantes soient-elles contre le virus du sida. Car il n’y a pas que le sida qui tue.
Pour la communauté africaine, les papiers, le logement, la violence raciste et sécuritaire, et le chômage resteront en tête des priorités, conclut Kiwanuka. Tant que les luttes collectives sur ce front n’avanceront pas, les communautés immigrées ne pourront se prémunir pour lutter pour soutenir les personnes touchées par le VIH, contre le sida.
un reportage de Keefa Kiwanuka
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Les Africains de Londres contre le rationnement de la trithérapie
Une personne de ma famille en Centrafrique a une ordonnance pour le médicament "Triflican" suite à une méningite avec présence de cryptocoques. J’ai de forts doute sur une infection par le VIH. Le "Triflican" est-il une trithérapie ou est-il associé à une autre maladie ? Merci de votre réponse.
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Triflucan, c’est quoi ?
Le Triflucan® est le nom de marque du fluconazole. Ce n’est pas un médicament qui agit contre le virus du sida, mais il est utilisé pour prévenir certaines maladies opportunistes très souvent liées au sida (stade avancé de l’infection à VIH).
Le laboratoire a fixé un prix exborbitant pour ce médicament.
Mais si votre proche ne vous a pas parlé de ses problèmes de santé, vous avez un devoir de respecter sa confidentialité. S’il a confiance et s’il se sent soutenu, il prendra de lui-même la décision de vous parler.
Vous n’êtes pas le seul à soutenir un proche malade qui vit au pays d’origine. Le Comité des familles pour survivre au sida tente de réunir des familles concernées pour s’organiser sur le plan pratique et pour faire entendre notre voix.
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> Triflucan, c’est quoi ?
Merci beaucoup pour votre réponse qui confirme notre fort doute. Nous faisons ces recherches pour mieux comprendre l’état de santé de la personne de notre famille qui est ignorante de la possibilité qu’il y ait un lien de sa méningite avec le virus du VIH. C’est elle qui nous demande d’acheter le Triflucan en France pour elle car en Centrafrique il semble que c’est très cher.Quel en est le prix ? Nous gardons la confidentialité de vos renseignements et continuons à la soutenir à notre façon. Nous ne manquons pas de prévenir les membres de notre famille en dehors de cela sur les risques de la maladie. Nous constatons que les prises de consience de la maladie sont faibles en Afrique. Merci de votre soutien et bravo pour ce site.
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Achat du triflucan pour un proche malade
Le Triflucan® coûte cher en France aussi. Notre conseil est de contacter un service de maladies infectieuses et d’essayer d’expliquer votre situation à un médecin ouvert au dialogue. Si un médecin d’ici peut prendre contact avec son confrère qui suit votre proche au pays d’origine c’est l’idéal.
En terme pratique, il faut demander à votre proche de vous faire parvenir l’ordonnance pour le Triflucan®. Un courrier de son médecin serait aussi utile, pour renforcer votre crédibilité face à vos interlocuteurs.
De telles démarches pour trouver une solution impliquent du temps et un engagement dans la durée.
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Achat du triflucan pour un proche malade
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> Triflucan, c’est quoi ?
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Triflucan, c’est quoi ?
