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Haïti | Vaccin préventif
Aventis Pasteur fournit un candidat-vaccin contre le VIH pour des expérimentations médicales sur la population des bidonvilles de Port-au-Prince (Haïti)
10 octobre 2001 (survivreausida.net)
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L’Union des médecins haïtiens et Migrants contre le sida protestent
Lire notre dossier complet : Haïti : essais de vaccins et néo-colonialisme
L’Union des médecins haïtiens (UMHA) et Migrants contre le sida (MCS) protestent les expérimentations médicales menées sur la population des bidonvilles de Port-au-Prince.
Officiellement, deux candidats vaccins préventifs sont actuellement testés depuis avril 2001, l’un français (Aventis Pasteur), l’autre américain (Vaxgen). Elysée Louissaint, président de l’Union des médecins haïtiens explique : « Nous soutenons les efforts de l’humanité en vue de trouver une solution au problème du SIDA, un fléau faisant des ravages dans nos pays dits sous-développés. Mais nous redoutons l’utilisation de notre population comme cobaye par les grandes firmes étrangères. Le projet déjà entrepris en Haïti montre des écarts considérables aux normes d’éthique... »
Selon l’UMHA, le groupe GHESKIO qui gère les essais de vaccins est à la fois juge et partie en ce qui concerne le respect des droits des personnes qui y participent. La population haïtienne n’est pas « objectivement informée » des risques liés aux essais de vaccins. Les pouvoirs publics ne garantissent pas le respect des principes éthiques. Enfin, « il n’est pas mentionné clairement que [les participants] auront accès aux antirétroviraux »... L’Union des médecins haïtiens exige la mise en place d’un véritable Comité national d’éthique mandaté pour trancher sur ces questions.
La Déclaration d’Helsinki exige pour tous les participants d’un essai l’accès aux meilleurs traitements (antirétroviraux) et aux méthodes de diagnostic (CD4, charge virale) ayant fait leurs preuves. Selon l’éthiciste Udo Schuklenk, les chercheurs doivent choisir : rendre leur protocole compatible avec la Déclaration d’Helsinki ou alors « accepter la responsabilité pour la mort des participants qui seront contaminés pendant l’essai... »
Migrants contre le sida dénonce la politique de deux poids, deux mesures des essais de vaccins contre le sida et proteste contre les essais en cours pour lesquels, comme le résume Elysée Louissaint, « il n’est pas vraiment nécessaire de pourvoir en médicaments des gens analphabètes appartenant à un pays du Sud »... Pour l’Union des médecins haïtiens, les essais de vaccin doivent continuer, « mais cependant il faut respecter les principes éthiques de toute expérimentation... L’État haïtien doit garantir les droits de la population ».
Pour Alain Sobel, ancien président du Conseil national du sida, « le problème est de savoir si la recherche clinique apporte un bénéfice aux patients. En l’occurrence, le bénéfice [l’accès aux antirétroviraux] était possible, il n’a pas été donné, et c’est là où les médecins haïtiens se sont insurgés. Je crois qu’ils ont globalement raison, et cette mobilisation de ces médecins est extrêmement importante... » Sobel cite en exemple la Thaïlande, qui a refusé la mise en place d’essais de vaccins de ce type sur la population, justement grâce à la mobilisation du corps médical. Alors que la recherche sur le cancer récolte le Prix Nobel, jusqu’où iront les chercheurs engagés dans la course pour mettre au point un vaccin préventif contre le sida ?
Paris, le 10 octobre 2001
Migrants contre le sida
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| Haïti : essais de vaccins et néo-colonialisme (PDF, 300.9 ko) |