Accueil du site > Revue de presse > Revue de presse (1995-2002) > 2001 > 12 >
Nous ferons reculer le sida que par l’égalité des droits
1er décembre 2001 (interassociatif)
PARIS, 1er décembre 2001 (interassociatif)
Réagir à cet article | Recommander cet article | Votez pour cet article
Le Samedi 1er décembre est la Journée Mondiale contre le Sida. Cela fait plus de vingt ans que la pandémie dure et ce sont encore et toujours les pays sous développés et surtout les pays africains qui payent le plus lourd tribut à cette maladie. 90 % des malades du sida se trouvent aujourd’hui dans le continent noir qui ne cesse de sombrer dans l’indifférence quasi totale des pays riches. Il est vrai qu’il y a eu récemment des évolutions médicales qui ont fait reculer la maladie, mais qui en profite réellement ?
Leur prix exorbitant et l’interdiction faite aux pays du sud d’utiliser ou de fabriquer les médicaments génériques sont la cause principale de l’expansion de la maladie dans ces pays.
Un génocide froid est en train de faire disparaître des populations entières, alors que les firmes pharmaceutiques ne pensent qu’à leurs intérêts et qu’à la sauvegarde des lois du marché et de la mondialisation.
Quid de la maladie du sida en France ?
Les derniers chiffres sont alarmants et ne cessent d’augmenter pour les immigrés ou ceux que l’on nomme sobrement les résidents étrangers non communautaires.
Alors que les chiffres se stabilisent voir même reculent pour les autres, les immigrés qui ne représentent que 6 % de la population, voient leurs chiffres passer de 14 % en 1996 à 27 % en mars 2001. Pourquoi ?
Certains esprits mal intentionnés avancent des raisons culturelles (ces immigrés qui na savent pas comment utiliser les médicaments), d’autres plus ouvertement xénophobes disent que se sont les immigrés qui apportent eux-mêmes la maladie.
Ces idées dangereuses sont à combattre car elles essaient de cacher les raisons véritables de cette hécatombe qui frappe de plein fouet les immigrés.
La maladie ne connaît pas les frontières. Elle frappe en premier ceux qui sont discriminés, exclus de la République, victime du racisme et de l’islamophobie. Elle tue en premier ceux qui sont exclus des droits politiques, du droit à la santé, à un logement décent, à un emploi et à une vie stables. Les sans papiers sont les premiers victimes de cette discrimination.
Nous ne pouvons pas également nous taire sur la dernière « Loi de Sécurité Quotidienne » qui au nom de la lutte légitime contre le terrorisme fait des immigrés et de ceux issus de l’immigration les premières cibles de cette loi honteuse, voire même dangereuse.
Est-ce réellement lutter contre le terrorisme lorsque cette loi condamne à la prison ceux qui ont pris le train ou le métro à dix reprises sans payer leur transport ? Est-ce lutter contre le terrorisme lorsque cette loi condamne les jeunes qui traînent dans les escaliers et les halls des immeubles ?
Cette loi va aggraver les conditions des immigrés et les jeter encore davantage dans la précarité et les marges de la République.
- Nous appelons tous les démocrates à condamner toutes ces formes de discrimination dont sont victimes les immigrés,
- Nous appelons tous les pouvoirs publics à assumer leurs responsabilités et à mettre en [oe]uvre tous les moyens humains et financiers suffisants pour éviter que les immigrés ne payent le plus lourd tribut à la maladie du sida,
- Nous appelons le gouvernement à régulariser tous les sans papiers et à interdire définitivement la double peine
- Nous disons que seule l’égalité des droits fera reculer le sida
Paris le 28 novembre 2001
Associations issues de l’immigration Signataires :
AMF (Association des Marocains en France), APCV (Agence de Promotion des Cultures et du Voyage), ASIC (Association Femmes Inter-cultures), ATAMS (Association des Travailleurs Arabes du Mans et de la Sarthe), ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins en France), ATTF (Association des Travailleurs de Turquie en France), ComParents (Coordination des Parents d’Afrique Subsaharienne), Décembre 18 (Belgique), Femmes du Mali, FTCR (Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives), GAF-FMUE (Groupe d’Appui France du Forum des Migrants de l’Union Européenne), MCS (Migrants Contre le Sida), UTIT (Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens)