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Prévention du sida : le gouvernement sud-africain devant la justice
25 novembre 2001 (AFP)
JOHANNESBURG, 25 novembre 2001 (AFP)
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L’ONG d’aide aux malades du sida, Treatment Action Campaign (TAC), attaque à partir de lundi devant un tribunal de Pretoria le gouvernement sud-africain pour le contraindre à fournir aux services publics de santé un traitement limitant la transmission du virus VIH de la mère à l’enfant.
En avril dernier, la TAC était aux côtés du même gouvernement pour célébrer la victoire au retentissement mondial obtenue en commun contre 39 groupes pharmaceutiques, contraints de retirer leur plainte qui bloquait une loi sud-africaine favorisant les médicaments génériques bon marché.
Mais immédiatement après, la ministre sud-africaine de la Santé avait réaffirmé son refus de fournir des médicaments anti-rétroviraux, jugés à la fois inefficaces et toxiques. Le président sud-africain Thabo Mbeki a récemment jugé, devant le Parlement, que ces médicaments étaient "aussi dangereux pour la santé que la maladie qu’ils sont censés traiter".
La TAC cherche à obtenir deux décisions de la Haute Cour de Pretoria par son action qui vise nominativement la ministre sud-africaine de la Santé, Manto Thsabalala-Msimang, ainsi que les neuf ministres provinciaux de la Santé.
La première action vise à rendre la Névirapine, médicament approuvé par le Conseil de contrôle des médicaments (MCC) et d’un coût abordable, immédiatement disponible dans tous les établissements publics de santé, de manière à ce que les médecins puissent le prescrire quand c’est nécessaire.
La seconde consiste à contraindre le gouvernement à mettre en place une "politique claire de prévention du virus VIH de la mère à l’enfant".
L’Afrique du Sud est le pays le plus touché au monde par l’épidémie du sida avec une estimation officielle de 4,7 millions de séropositifs recensés fin 2000.
Chaque année, 70.000 bébés naissent séropositifs. Selon une étude officielle menée en 2000, 24,5% des femmes enceintes sont séropositives en Afrique du Sud.
Selon la TAC, le coût de la mise en place nationale du traitement, estimé à 160 millions de rands, serait largement compensé à terme par les économies générées par la baisse des traitements destinés aux enfants nés séropositifs.
La TAC, soutenu dans son action par la puissante centrale syndicale COSATU et environ 150 organisations religieuses, médicales, de défense des Droits de l’Homme et d’universitaires, a annoncé son intention de mobiliser l’opinion publique autour du procès. Dès dimanche soir, veille du procès, a lieu une veille nocturne à Pretoria.
Le gouvernement défend sa politique en soulignant qu’il a mis en place des centres pilotes de recherche et de formation autour des traitements.
Dans son rapport au tribunal, le directeur du ministère de la Santé, Ayanda Ntsaluba, souligne que l’action du gouvernement est basées sur une "approche plus prudente, avec une forte composante de contrôle des questions de sûreté et d’efficacité".
Le médecin d’un hôpital rural, dans un rapport écrit au tribunal, estime toutefois que la non distribution de Névirapine aux femmes enceintes est "moralement condamnable" et il souligne que les médecins de l’hôpital "ont acheté de la Névirapine avec leur propre argent pour l’administrer".