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Crimes racistes et sécuritaires
Justice. Le policier Pascal Hiblot comparaît demain devant les assises de Versailles pour le meurtre du jeune Youssef Khaïf
26 septembre 2001 (L’Humanité)
PARIS, 23 septembre 2001 (L’Humanité)
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" Pas de justice, pas de paix. "
Après dix ans de procédures judiciaires, de luttes et de rebondissements, Mantes-la-Jolie attend que justice soit rendue à Youssef, abattu d’une balle dans la nuque le 9 juin 1991 dans le quartier du Val-Fourré.
Cela fait dix ans que Mantes-la-Jolie se bat pour que le policier Pascal Hiblot réponde enfin de ses actes. Dix ans de procédures, dix ans d’attente, dix ans de colère pour que la machine judiciaire se mette en branle. Dix ans que la famille de Youssef Khaïf et plus largement le Val-Fourré vivent une double injustice : dans la nuit du 9 juin 1991, ils ont perdu un fils, un frère, un ami et depuis assistent, impuissants, aux lenteurs de la justice. Surtout quand il faut juger un policier, qui, un soir de tumultes, a dégainé son arme pour tirer trois fois en direction de la voiture volée que conduisait Youssef. Il fera mouche : Youssef, " une grande gueule avec des dents de loup contre les injustices " (dixit un de ses amis), est fauché à l’âge de vingt-trois ans d’une balle dans la nuque. " Pas de justice, pas de paix ", dit le slogan à Mantes-la-Jolie.
Eté 1991 : Mantes est à cran après la mort, le 27 mai, au commissariat de Aïssa Ihich, emporté par une crise d’asthme et les coups reçus durant sa garde à vue. Youssef Khaïf, " une personnalité " du quartier, fondateur avec d’autres du Collectif jeune et membre actif de Résistances des banlieues (qui donnera naissance au Mouvement de l’Immigration et des banlieues), participe aux manifestations pour dénoncer ce meurtre. Les jours passent. Le calme avant la tempête.
Samedi 8 juin : au Val-Fourré, on " fait le mur ". Une soirée dansante a lieu au Cellophane, une boîte à quelques kilomètres de là. Alors, pour tromper l’ennui et se rendre à cette soirée, une bande de jeunes vole trois voitures. Youssef prend le volant d’une Jetta diesel. Pendant ce temps, à quelques immeubles de là, un autre groupe, auquel appartient Saïdi Lhadj, vole une R9. Alors que Youssef et ses amis sont au Cellophane, vers 2 heures du matin, la police repère la R9 et la prend en chasse. Saïdi, au volant, panique. Une seconde voiture de police lui barre la route au niveau de la rue Sainte-Anne et de la rue Gassicourt. Mais Saïdi décide de forcer le barrage. Hélas, alors que la R9 arrive, Marie-Christine Baillet, une policière, sort de son véhicule. Le choc est inévitable, elle est écrasée contre sa portière.
Pendant ce temps, Youssef rentre de boîte. Arrivé au Val-Fourré, il se rend compte qu’il doit faire le plein d’essence. Direction la station-service pour les trois véhicules, en passant par Gassicourt... Arrivés place Sainte-Anne, ils tombent sur les gyrophares. Les trois voitures tentent de s’esquiver. Trois policiers, à pied, les prennent en chasse. La Jetta de Youssef est en queue de file. Dans cette atmosphère électrique, alors que ses collègues laissent leur flingue dans le holster, Pascal Hiblot sort son calibre 38. Fait feu à trois reprises sur sa cible à une distance entre 30 et 70 mètres. La dernière balle transperce la lunette arrière. Youssef est mortellement atteint à la nuque.
Cette bavure est immédiatement couverte par le ministre de l’Intérieur, Philippe Marchand, qui parle de " légitime défense " et présente Youssef comme un " tueur de flics ". Idem pour le procureur de la République, Yves Colleu, qui explique sur Antenne 2 que le dossier est clos. La famille Khaïf, elle, porte plainte et se constitue partie civile. Une information judiciaire pour " coups mortels " est finalement ouverte par le juge Desmure. Les expertises balistiques et la reconstitution démontent totalement la version policière selon laquelle Pascal Hiblot aurait agi en état de légitime défense. Difficile de croire qu’il se sentait menacé alors que les jeunes cherchaient à fuir le lieu du drame. Surtout quand l’on sait que la balle mortelle est passée par la lunette arrière. D’ailleurs, ses collègues, eux, n’ont pas dégainé.
Mais le juge Desmure est promu à Nanterre. Changement de personnage, changement d’attitudes, Jean-Marie Charpier reprend le dossier et fait tout pour en retarder la clôture. Entre-temps, six ans après les faits, Saïdi Lhadj est condamné à dix ans de prison ferme en juillet 1997 pour la mort accidentelle de Marie-Christine Baillet. Alors que la Fédération professionnelle indépendante de la police réclame le droit pour les policiers de tirer après sommation, un an plus tard, en plein mois de juillet 1998, Charpier rend une ordonnance de non-lieu, invoquant " l’état de nécessité " et disculpant totalement le brigadier.
Selon lui, " Hiblot avait toutes les raisons de penser que les trois véhicules étaient occupés par des malfaiteurs dangereux ", oubliant ainsi l’expertise balistique et les témoignages. Un oubli parmi d’autres puisqu’aucune enquête de personnalité n’a été menée sur Pascal Hiblot, affecté depuis cette nuit de juin 1991 à des tâches administratives dans un commissariat d’xle-de-France.
Heureusement, le Parquet général a fait appel de la décision de non-lieu. Et en mars 2000, la chambre d’accusation du tribunal de Versailles reconnaît enfin le caractère illégitime des tirs et renvoie Pascal Hiblot devant la cour d’assises des Yvelines pour " violences avec armes ayant entraîné la mort sans intention de la donner ".
Depuis dix ans, la famille et le MIB ont tout fait pour que la mort de Youssef ne tombe pas dans l’oubli. Si la police fait corps pour défendre Pascal Hiblot, Mantes fait bloc pour que justice soit rendue. Enfin.
Sébastien Homer
Pour plus d’informations : http://mibmib.free.fr/
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Justice. Le policier Pascal Hiblot comparaît demain devant les assises de Versailles pour le meurtre du jeune Youssef Khaïf
A LA BASE khaif à volé une voiture foncer et blessé une policiere c lui le criminel PASCAL HIBLOT à éviter que l’individu tue d’autre personne et continu c délits qd on est sur le terrain ça va vite il fallait qu’il le laisse fuir et tuer d’autre gens et faut arrêter de mettre tout cela sur le dos du crime raciste allez faire 1tour à toulouse du coté de bagatelle ou mirail vous allez vous apercevoir si vous êtes intelligent qui est raciste