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Hôpital Avicennes : « Je veux recentrer l’hôpital sur ses priorités »
5 juillet 2001 (Le Parisien)
BOBIGNY, 5 juillet 2001 (Le Parisien)
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En visite à l’hôpital Avicenne qui dépend de l’AP-HP, Alain Lhostis (à gauche), adjoint en charge de la santé à l’Hôtel de Ville, a indiqué sa volonté d’« offrir à tous les Parisiens la possibilité de se soigner corre (LP/BENOIT TESSIER.)
AVEC LUI, foin des protocoles, serrages de main gênés et langue de bois. Alain Lhostis, le nouvel adjoint de Bertrand Delanoë chargé de la santé, ne s’encombre d’aucune des manières d’ordinaire usitées. Cette semaine, il a frappé sans prévenir à la porte de l’hôpital Avicenne, à Bobigny (93), un des établissements de l’AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris). A la stupeur de l’équipe de direction peu habituée à ce genre de visite surprise. « Tant mieux, lançait Alain Lhostis au nez du directeur de l’hôpital, vous êtes mieux utilisé à organiser la maison (NDLR : l’hôpital) et au service du patient qu’à préparer des polycopiés ! » L’administration n’a plus qu’à bien se tenir. Car, désormais, à l’Hôtel de Ville, le secteur de la santé et celui des relations avec l’AP-HP sont dans les mains du même adjoint au maire. Bertrand Delanoë l’a voulu ainsi et Alain Lhostis s’en félicite. « L’AP, cette grosse maison, a tendance à fonctionner sur elle-même, analyse Alain Lhostis, qui est, de fait, le président suppléant du conseil d’administration de l’AP. Je pense que ses relations avec son environnement devraient pouvoir être plus déliées, plus partenariales. L’offre de santé est énorme à Paris, mais elle fonctionne sans liant. C’est à nous, à la Ville, de nous s’occuper de l’extérieur. D’ouvrir l’hôpital aux Parisiens. A elle, de se recentrer sur ce qui doit être sa priorité, la santé. » Et pour cela, le maire adjoint a bien l’intention d’utiliser le poids qu’il pèse au sein du conseil administration de l’AP avec les dix représentants du département de Paris qui y siègent. Toujours dans la même idée d’ouverture, Alain Lhostis veut mettre en place un réseau entre tous les intervenants de la santé à Paris pour traiter les problèmes de santé publique dans la proximité. « Je veux offrir la possibilité à tous les Parisiens de se soigner correctement et, pour cela, il faut rétablir de l’égalité. Par exemple, d’ici à la fin de l’année, nous allons lancer un programme de dépistage du cancer du sein, collectivement avec l’AP et la CPAM Paris. Nous allons faire bouger tout le réseau associatif, agir sur tous les relais pour faire accéder les femmes les moins informées, donc les moins protégées. » Alain Lhostis souhaite aussi « réactiver les centres de santé », un moyen pour lui de soulager le vrai drame qui se joue dans les services d’urgence des hôpitaux. Le nouvel adjoint est là encore iconoclaste en lançant : « Pourquoi pas rouvrir des services d’urgence qui ont été fermés dans certains hôpitaux ? On nous a fait des grands plans, genre "c’est plus logique comme ça". Or, ça ne marche pas. Donc, rouvrons. » Autre projet qui risque de faire des vagues : créer de nouveaux centres d’accueil et de soins pour toxicomanes, du type de celui implanté rue Beaurepaire, dans le X e .
Laure Pelé