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L’association comme groupe de pression
29 juin 2001 (Le Figaro)
PARIS, 29 juin 2001 (Le Figaro)
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L’action à but non lucratif : activité purement altruiste ou formation de réseaux de pouvoir ? Depuis leur création avec la Loi de 1901, les associations, à l’image des premiers syndicats professionnels, luttent pour des intérêts. Et depuis une trentaine d’années, aucun secteur du militantisme n’échappe au milieu associatif.
Lobbying : ce terme, si familier au monde anglo-saxon, n’a pas bonne presse en France. Qui dit lobbying dit absence de transparence et défense d’intérêts très particuliers. Pourtant, si le mot rebute, l’activité qu’il prétend nommer existe bel et bien. Et le cadre légal de 1901 lui va comme un gant. Nombre d’associations françaises sont en fait des groupes de pression, des réseaux de pouvoir. Cette loi centenaire n’a-t-elle pas été votée pour faciliter la création du premier grand parti politique français, le Parti républicain radical et radicalsocialiste ?
Promotion des idées, défense d’intérêts sociaux aussi. Les syndicats professionnels (ouvriers, enseignants, cadres, agriculteurs, etc.) se sont développés au XX e siècle sur les bases associatives. Et que font-ils ? Ils luttent pour des intérêts. La loi du 1 er juillet 1901 sert à toutes les causes : humanitaires, écologistes, médicales... Depuis une trentaine d’années, aucun secteur du militantisme ne lui échappe. Pour l’exemple, Le Figaro a choisi, dans le cinquième volet qu’il consacre à cette législation centenaire, de présenter l’action de France Nature Environnement. Fondée en 1968, cette organisation regroupe plus de mille associations sur le territoire, qui bataillent dur pour la préservation de nos paysages. Elles empêchent parfois les élus et les représentants de l’administration de dormir et obtiennent souvent gain de cause en justice.
Les antimondialistes, au coeur de la contestation actuellement, sont également des associatifs. Moins visible, le lobbying de certains clubs où se réunissent hommes politiques, chefs d’entreprise et intellectuels - souvent toutes tendances confondues - n’en est pas moins très efficace. C’est souvent dans ces cercles, prisés et fermés, que se dessinent les contours d’une future loi ou d’un courant de pensée. La fameuse « fracture sociale » de Jacques Chirac, en 1995, est née dans ce creuset.