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Bernard Lama en Uganda avec l’UNICEF pour lutter contre le sida
28 juin 2001 (AFP)
PARIS, 28 juin 2001 (AFP)
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Le gardien de but guyanais Bernard Lama, champion du monde avec l’équipe de France de football en 1998, a relaté devant la presse sa mission d’ambassadeur de l’UNICEF en Ouganda du 19 au 22 juin, où l’organisation mène un programme de lutte contre le VIH/SIDA (1,9 million de morts en Ouganda).
Q - Pourquoi vous êtes vous engagé pour l’UNICEF dans la lutte contre le SIDA en Ouganda ?
R - "Quand on est citoyen du monde, on a des devoirs. Dans le cadre de cette mission, mon devoir, c’est de témoigner de la situation et d’être observateur. C’est aussi pour moi une tribune, puisque je me sens doublement concerné : d’une part par le futur des jeunes, et d’autre part parce que la Guyane est le département français le plus atteint par le SIDA.
J’avais envie et besoin de me rendre compte visuellement de ce qui se passe sur le continent africain par rapport à cette maladie, car ici, on vit à côté de ce fléau, tandis que là-bas, on vit avec. (...) Depuis des années, j’ai également un engagement très fort en faveur des actions sociales, et notamment en Afrique, parce que c’est un continent que j’aime".
Q - L’Ouganda est le seul pays à avoir fait reculer la pandémie, le taux de prévalence de l’infection chez les adultes étant passé de 14 % dans les années 90 à 8 % en 2000 : qu’avez-vous pu constater sur le terrain ?
R - "J’ai pu rencontrer des associations gouvernementales et des ONG, visiter des hôpitaux, avoir des contacts avec les mères qui sont infectées par le virus, avec des enfants orphelins. J’ai constaté qu’il y a une grosse volonté politique au niveau local d’agir contre ce fléau (...) c’est assez rare en Afrique pour le souligner, quand on voit qu’en Egypte ou en Afrique du Sud, il est pratiquement interdit d’en parler. Il y a eu un pas de géant accompli par l’Ouganda dans la prise de conscience. Ce qui me fait plaisir, et contrairement à d’autres pays africains, c’est que les Ougandais ne sont pas des gens qui se contentent de tendre la main, ce sont des gens actifs sur le terrain. C’est un des premiers pays à avoir lutté contre la maladie, a avoir crée des associations, des fonds spéciaux et une commission au sein du cabinet du président de la République".
Q - Quelles sont les principales impressions que vous ont laissé cette mission ?
R - "D’abord, ça a été un choc pour quelqu’un qui est issu d’un milieu plus ou moins aisé, quand on arrive dans un pays qui compte 1,7 million d’orphelins du SIDA, et qui font souvent preuve d’une maturité exceptionnelle. J’ai rencontré un chef de famille de 14 ans, orphelin de père et qui subvenait aux besoins de sa mère, séropositive et fragile psychologiquement, en vendant du charbon. Et puis je n’ai jamais vu quelqu’un se plaindre. Et on se doit d’aider des gens qui essaient de s’en sortir par eux-mêmes. Pourtant le monde occidental va vers le SIDA à reculons".