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Un essai concernant la recherche sur le sida suscite une controverse éthique
7 mai 2001 (Le Monde)
PARIS, 7 mai 2001 (Le Monde)
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L’EXPÉRIENCE suscite la division. Le Conseil national du sida (CNS) a demandé, le 10 avril, au ministre délégué à la santé, Bernard Kouchner, d’ordonner "dans les meilleurs délais" la suspension d’un essai consistant à effectuer - sous anesthésie générale - des prélèvements de tissus sur des patients volontaires, entrepris à Nice depuis le mois de novembre 2000. Le CNS affirme que ce test, destiné à mieux comprendre la physiopathologie des troubles graves qui affectent de nombreux malades du sida soignés par des thérapies antirétrovirales, fait courir un "risque médical sérieux" à la centaine de participants - qui perçoivent une indemnité. Cette prise de position, qui semble avoir conduit le concepteur de l’expérience à en modifier le protocole, traduit l’existence d’une controverse éthique.
Mise au point par le professeur Pierre Dellamonica, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital de l’Archet (Nice), l’expérience contestée vise à faire progresser la lutte contre les lipodystrophies (ou lipoatrophies) cutanées qui constituent l’un des principaux effets secondaires des multithérapies antirétrovirales. Il s’agit de l’apparition de modifications importantes, parfois spectaculaires, de la répartition des masses graisseuses dans l’organisme des malades, qui s’accompagne de troubles dans les concentrations des lipides sanguins et peut provoquer, à terme, des accidents cardiovasculaires. "Les mécanismes à l’origine de ces fréquents effets secondaires sont encore pour une large part inconnus", explique le professeur Michel Kazatchkine, directeur de l’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS). "Ce phénomène est assez souvent à l’origine de l’abandon de leur traitement par les malades", ajoute-t-il pour justifier les recherches sur ce thème, dont il juge la nécessité "indiscutable".
"SANS BÉNÉFICE INDIVIDUEL"
La question posée porte sur la méthodologie adoptée pour l’expérience. "Bénéficiant de la collaboration de plusieurs multinationales pharmaceutiques et pouvant engager des travaux avec des unités voisines de l’Inserm et du CNRS dont les chercheurs sont spécialisés dans l’étude des adipocytes, cellules directement impliquées dans ce phénomène, j’ai décidé de bâtir un programme expérimental original", souligne le professeur Dellamonica, dont la qualité des travaux sur la thérapeutique du sida est reconnue au sein du corps médical spécialisé. Celui-ci avait reçu, au début de l’année 2000, un avis favorable du comité consultatif de protection des personnes dans la recherche biomédicale (CCPPRB) d’Aix-en-Provence - décision entérinée par le ministère de la santé. Mais les associations défendant les intérêts des malades du sida ont dénoncé le projet expérimental niçois dès qu’elles en ont connu les conditions.
Après un communiqué de presse publié le 26 janvier, les associations françaises de lutte contre le sida, rassemblées au sein du groupe TRT-5, ont détaillé les raisons de leur "indignation" dans une lettre adressée à la direction générale de la santé que dirige, au ministère de la santé, le professeur Lucien Abenhaïm. "Cet essai, intitulé Änomalies de la répartition des dépôts adipeux chez les patients infectés par le VIH" (ARDA), présente, selon nous, des risques pour les personnes qui y participent, écrivaient-ils. C’est un essai sans bénéfice individuel direct, comme peut l’autoriser la loi, qui n’autorise cependant pas des essais susceptibles de nuire à la santé des personnes incluses."
Parmi les points "contestables", le TRT-5 mentionne une "inégalité de traitement" entre les patients séropositifs (une centaine) et les patients séronégatifs du groupe témoin (une vingtaine). "Cet essai requiert une anesthésie générale pour les patients séropositifs, alors que les patients séronégatifs seront inclus seulement s’ils doivent subir une anesthésie générale pour un motif médical indépendant de l’étude, soulignaient-ils. Cet essai étant sans bénéfice direct, un dédommagement sera accordé : 4 000 francs pour les volontaires sains et 3 000 francs pour les séropositifs. Non seulement ce dédommagement est nettement insuffisant en fonction du risque encouru, mais il est nettement en défaveur des patients séropositifs. L’anesthésie générale met d’autre part en danger la vie des patients séropositifs, déjà affectés par une affection de longue durée. Nous demandons l’arrêt complet de cet essai." Les associations de malades annonçaient par ailleurs qu’elles allaient saisir le CNS, présidé par le professeur Jean-Albert Gastaut (CHU de Marseille), qui étudie les questions éthiques relatives au sida.
Saisissant de la question les membres de sa commission "aspects médicaux", le CNS a, dans un premier temps, demandé à la direction générale de la santé de lui transmettre les informations sur l’essai en cours à Nice, où une quinzaine de volontaires avaient déjà participé aux travaux expérimentaux. "Compte tenu des impératifs de secret imposés aux fonctionnaires par la loi de protection des personnes qui se prêtent à des recherches biomédicales, les services du ministère n’ont pas transmis les documents nécessaires à l’appréciation du bien-fondé de la démarche de la recherche, explique le professeur Gastaut. Néanmoins, les membres du CNS ont estimé en l’espèce que le recours à une anesthésie générale entraînait un risque prévisible sérieux et que de telles interventions ne devraient pas être pratiquées à des seules fins de recherche."
MODIFICATION DU PROTOCOLE
Tout en reconnaissant sur le fond l’intérêt de la démarche scientifique de l’équipe niçoise, l’entourage du ministre délégué à la santé dit ne pas pouvoir ignorer les arguments développés par les responsables du TRT-5 et du CNS. Face à cette opposition, le professeur Dellamonica a accepté de revoir quelques aspects de son projet. "Pour que les prélèvements de tissus soient de qualité, une anesthésie générale s’imposait, explique-t-il. On me demande, pour des raisons éthiques selon moi fort discutables, d’abandonner cette procédure. J’ai donc dû modifier le protocole expérimental initial." Le nouveau projet - qui concerne 80 malades et 10" témoins" - prévoit des prélèvements pratiqués soit sous anesthésie locale, soit sous péridurale. Le dossier sera examiné dans quelques jours par le CCPPRB de Marseille - celui d’Aix-en-Provence, qui avait donné le feu vert initial, a depuis été dissous faute, semble-t-il, d’une activité suffisante pour justifier son existence.
Jean-Yves Nau
Forum de discussion: 3 Messages de forum
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Un essai concernant la recherche sur le sida suscite une controverse éthique
bonjours a tous je fait appel à la recherche
je viens d’être infecter et je me propose comme cobaye à tous professeur en médecine pour tout intervention contre cette maladie
je n"ai plus rien à perdre
voici mon email aelig@neuf.fr
j’attends vos propositions a bientôt
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Un essai concernant la recherche sur le sida suscite une controverse éthique
jaimeraia savoir ,,comment de temps pour vivre quand tu as le sida ? environ ?
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Un essai concernant la recherche sur le sida suscite une controverse éthique
Je veux une recherche sur les Verus et le SIDA
MERCI