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Amalgames dentaires : 100 tonnes de mercure dans la bouche des Français
11 avril 2001 (AFP)
PARIS, 11 avril 2001 (AFP)
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Le débat sur l’utilisation des amalgames dentaires (les "plombages") fait rage depuis des années avec un enjeux de taille : 15 tonnes de mercure sont déposés par le biais des amalgames chaque année dans la bouche des Français, soit un stock total de 100 tonnes de mercure, selon un rapport parlementaire.
L’amalgame dentaire, qui contient 50% de mercure métallique, est le seul alliage à base de mercure utilisé dans le corps humain. L’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques ne tranche pas formellement contre l’amalgame, mais estime qu’il devrait être "réservé aux cas qui ne peuvent être traités par des composites" (à base de résines).
L’Office demande que la pose d’un matériau soit systématiquement précédée d’un entretien avec le patient, évoquant les troubles rénaux, allergies ou tout signe de contre-indication à la pose d’amalgame.
La quasi-totalité des études scientifiques dénient le risque lié à une possible dissémination du mercure dans l’organisme, relève toutefois le rapport, qui écarte pour sa "faiblesse méthodologique" l’étude de Tubingen, fréquemment citée par les "anti-amalgame".
L’Office penche finalement pour l’usage de composites (faits à base de résine) à la place de l’amalgame pour trois raisons :
- Les nombreux témoignages de patients souffrant de symptômes, et soulagés après la dépose des amalgames, "doivent être pris en considération". "Il y a un courant d’opinion qui doit être pris en compte", a souligné le sénateur Gérard Miquel, rapporteur. Plusieurs pays européens —Autriche, Allemagne, Suède, Danemark— ont d’ailleurs limité l’usage des amalgames.
- Le polissage après la pose de l’amalgame, qui réduit considérablement le risque de rejets mercuriels dans l’organisme, est peu ou pas pratiqué par les dentistes, car il n’est pas remboursé par la sécurité sociale. Mais comme la sécurité sociale ignore également le temps de pose beaucoup plus long du composite, la plupart des dentistes français continuent d’utiliser l’amalgame, moins cher, plus solide et plus rapide à poser.
- Le mercure présent dans l’amalgame dentaire se retrouve ensuite dans la chaîne du déchet. En décharge, il pollue les sols. Incinéré, il est responsable d’émissions de mercure dans l’atmosphère. 10 tonnes de mercure sont rejetés par an, 20 tonnes seraient sédimentées dans les canalisations.
Les dentistes devraient théoriquement être tous équipés de séparateurs pour le mercure au 1er avril 2001, mais dans les faits, seulement 20% seraient équipés.
Forum de discussion: 1 Message
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Amalgames dentaires : 100 tonnes de mercure dans la bouche des Français
Bonjour,
Après avoir parcouru les pages du site sur les amalgames dentaires, je pense que vous devez être informés d’une chose.
Je tiens à signaler que je suis dentiste. Je pose des amalgames et des résines composites.
Certes, les amalgames dentaires relarguent du mercure, mais ce que vous semblez ignorer, comme la majorité (dentistes compris), c’est que les résines composites, relarguent elles-aussi des composés toxiques.
En effet, ces résines durcissent par réaction de polymérisation. Or, lorsqu’elles ne sont pas entièrement polymérisées (ce qui est le cas quand elles sont montées et collées directement en bouche en une seule étape, mais pas quand elles sont montées en laboratoire de prothèse puis collées en bouche), relarguent tout un tas de choses pas très clean. En voici une liste non exhaustive : Bis-GMA, TEGDMA, Bis-EMA, UDMA... Ce sont des molécules monomères qui sont allergisantes, cytotoxiques, cancérigènes, avec des effets sur les réactions immunitaires locales. De plus, quand elles vieillissent, les résines composites se dégradent et relarguent entre autres du bisphénol A (le fameux !) et du formol. J’aimerais que ces informations soient AUTANT MEDIATISEES que le fait que les amalgames dentaires relarguent du mercure, du cuivre, de l’étain, de l’argent et divers alliages issus du mélange de ces différents métaux. Cela forcerait la profession à une énorme remise en question sur la dangerosité des produits que nous mettons tous les jours dans la bouche des gens, question qui me taraude depuis que j’ai pris conscience en de la composition de ces produits. Cela donnerait aussi un grand coup de pied dans la fourmilière et permettrait d’empêcher le "lobby" des vendeurs de résines composites de dormir sur ses deux oreilles.
Par ailleurs, il faut savoir les résines composites sont très sensibles à l’humidité. Leur manipulation doit suivre un protocole très rigoureux (beaucoup plus rigoureux que celui des amalgames dentaires). En France, elles sont souvent mal utilisées car apparues assez récemment, beaucoup de dentistes n’ont jamais appris à les manipuler, si ce n’est par les commerciaux qui les leur vendent. Et comme nos confrères ne jugent souvent pas utile d’assister à des formations continues leur permettant de maîtriser les protocoles opératoires, ces résines mal utilisées relarguent donc d’autant plus de matériaux non polymérisés. Par ailleurs, quand elles sont mal utilisées, elles entraînent énormément de récidive de carie, simplement du fait qu’elles sont mal collées et donc non étanches. Alors que les amalgames dentaires eux, sont plutôt anti-bactériens et ont tendance à éviter les récidives de caries, même lorsqu’ils sont mal utilisés. Il n’y a donc pas qu’une question de santé générale, mais aussi une question de santé dentaire.
Cordialement,
Rameuse